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A Siem Reap, un sommet des médias régionaux sans liberté de la presse

Par Pierre Motin | Publié le 13/06/2019 à 20:00 | Mis à jour le 13/06/2019 à 20:00
Photo : Ouverture de l'Asia Media Summit à Siem Reap. Crédits : AKP
asia medit summit cambodge

Forum destiné aux médias régionaux, l'Asia Media Summit a lieu du 10 au 14 juin à Siem Reap. Plusieurs ONG ont critiqué le fait que la liberté de la presse ne figure pas à l'agenda de la conférence.

L’Asia Media Summit est organisé du 10 au 14 juin à Siem Reap. Ce forum, destiné aux professionnels des médias en Asie, n’a pas inscrit à son ordre du jour la question de la liberté de la presse, ce qui a suscité de vives réactions parmi les organisations de défense de la liberté d’expression.

Le sommet a été organisé par l’Asia-Pacific Institute for Broadcasting Development, établi en partenariat avec l’UNESCO. « Il est absurde que cet événement lié à l’ONU se tienne au Cambodge alors que le gouvernement a fermé tous les journaux indépendants, interdit les radios critiques de diffuser, et contrôle toutes les chaînes de télévision », s’insurge Phil Robertson, directeur adjoint Asie pour l’ONG Human Rights Watch.

« Il est très regrettable que le sommet n’inclue pas la question de la liberté de la presse dans son ordre du jour, car il s’agit d’un des problèmes les plus importants auxquels les Cambodgiens - notamment les organisations de la société civile et les médias - font face », a déclaré Sophal Sek, du Centre cambodgien pour les médias indépendants. « Si le sommet n’aborde pas cette question, cela limitera sa sginification et les valeurs qu’il représente ».

Fake news

Un des sujets abordés par le forum est la lutte contre les fake news. Le premier ministre Hun Sen a fait plusieurs fois part de sa volonté de faire adopter une législation sur ce sujet. Pour Sophal Sek, du Centre cambodgien pour les médias indépendants, il est légitime de discuter des fake news « si et seulement si la discussion ne porte pas uniquement sur la rédaction de loi punissant ceux qui sont accusés de disséminer des fausses informations, car il existe beaucoup d’autres moyens de lutter contre la désinformation ».

D’autres pays de la région, comme Singapour, ont déjà adopté des lois sur les fake news, suscitant de nombreuses craintes de la part des médias et commentateurs. « Etant donné que la liberté de la presse est de plus en plus menacée dans la région, il est très préoccupant que la question des libertés d’expression et de la presse ne soient pas abordées dans le cadre de l’Asia Media Summit », s’inquiète Chak Sopheap, directrice exécutive du Centre cambodgien pour les droits de l’homme.

Rhona Smith, la rapporteure de l’ONU sur les droits de l’homme au Cambodge, a indiqué le 9 mai dernier qu’elle était préoccupée par « réticence générale à s’exprimer au Cambodge, de peur d’être surveillé ou arrêté ».

Dans le classement mondial de la liberté de la presse 2019 établi par Reporters sans frontières, le Cambodge se classe désormais en 143e position sur 180 pays. En 2017, il se classait en 132e position. Une dégringolade justifiée par la fermeture en septembre 2017 d’une trentaine de radios et du quotidien anglophone Cambodia Daily.

Seul signe positif de la part du gouvernement, le ministère de l’information a annoncé fin mai après une rencontre avec des représentants de l’ambassade des Etats-Unis qu’il donnait son accord de principe pour permettre à la radio Voice of America (VOA) de réouvrir un bureau de représentation au Cambodge.

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