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Yike et Jikey, la combinaison gagnante de Cambodian Living Arts

Par Victor Bernard | Publié le 23/08/2018 à 20:00 | Mis à jour le 24/08/2018 à 05:05
Photo : Représentation de Yike. Crédits : Cambodian Living Arts
Représentation de Yike. Crédits : Cambodian Living Arts

Cambodian Living Arts présente ce samedi deux représentations de danse traditionnelle correspondant au thème de leur saison culturelle : « Explorer les identités culturelles ». Elles consistent en deux performances de danses traditionnelles, l’une provenant de l’héritage khmer, le Yike et l’autre trouvant ses origines dans la mythologie malaise, le Jikey.

Une forme ancestrale de spectacle vivant cambodgien

Né au début du 9ème siècle, l’opéra Yike est l’une des vingt différentes formes de théâtre du patrimoine khmer recensées. Elle est aussi l’une des plus atypiques, puisqu’elle impose aux artistes de danser et chanter en même temps sur scène. Si le Yike possède une influence indéniable de la culture cham (un peuple présent principalement au centre du Vietnam et au Cambodge) et malaisienne, elle représente tout de même toutes les caractéristiques de la culture khmère actuelle. Les pièces de Yike sont aujourd’hui écrites et scénarisées, mais dans le passé, les artistes n’avaient pas de script et le spectacle reposait donc entièrement sur l’improvisation.

Pour cette représentation, Uy Latavann, metteuse en scène du spectacle, confiait que l’entièreté de la pièce avait été écrite et pensée pour ces représentations. Le scénario, les dialogues et les chansons ont donc été écrites et reflètent l’inspiration moderne des scénaristes.

Une inspiration définitivement féministe

Le cœur de la pièce tourne autour de la place de la femme dans la société cambodgienne et son rapport à la domination masculine. Agacée par le poids des codes traditionnels cambodgiens, Uy Latavann a voulu donner un nouveau souffle à la représentation des femmes dans l’art khmer : « Une femme ne peut pas tout accepter d’un homme sous le seul principe qu’elle soit une femme. Je veux que les spectateurs comprennent qu’une situation de violence conjugale ou d’adultère par exemple ne convient pas à la morale, peu importe le degré de tradition dans lequel nous vivons ».

Inspirés par une version indienne de cette histoire, les scénaristes ont décidé d’en bouleverser le déroulement pour y donner un dénouement plus encourageant, incitant les femmes à être fortes, à comprendre qu’elles ont toutes les capacités pour vivre par elles-mêmes et pour elles-mêmes.

La société actuelle se reflète complètement dans ces formes de danse ancestrale. Les costumes, les mouvements de danse et les instruments sont conservés comme héritage d’un passé glorieux, mais l’écriture et le scénario est bouleversé pour donner au spectacle un écho résolument moderne. Cette prise de position plaît définitivement au public cambodgien, notamment la jeune génération qui encourage à plein poumons l’héroïne à ne pas se soumettre aux diktats de la tradition khmère, qui aurait voulu la voir se soumettre à son mari pour conclure sur une morale définitivement en concordance avec le conservatisme ambiant dans le royaume.

Une nouvelle génération d’artistes

Dix-sept artistes se partagent la scène de cet opéra Yike. La plupart est issue d’une nouvelle génération d’acteurs et de chanteurs. Ils sont presque tous issus de l’école secondaire des beaux-arts et de l’université royale des beaux-arts, toutes deux situées à Phnom Penh. Certains des danseurs sont d’ailleurs des membres permanents du département des arts du spectacle de la capitale cambodgienne.
Pour la pièce malaisienne, des générations différentes forment la troupe invitée par Cambodian Living Arts.

Troupe_Yike_University of Cambodia

Des formes d’art très similaires

La légende veut que le souverain fondateur de l’empire d’Angkor, Jayavarman II, lorsqu’il résidait sur l’île de Java alors sous domination khmère, soit tombé sous le charme des danseurs locaux et qu’il ait ramené cette forme de combinaison entre théâtre, chant et danse au Cambodge à son retour. Cela expliquerait les similarités entre les deux formes de danse cambodgienne et malaisienne.

Chacune porte un intérêt tout particulier à la mise en scène et le minimalisme ne fait pas partie des choix des deux metteuses en scène. La musique, qui joue l’un des rôles principaux au cœur de ces pièces, s’associe à des costumes extrêmement travaillés de sorte que les personnages sont reconnaissables avant même le début de leurs dialogues. 

Si les scénarios sont écrits dans les moindres détails et que les acteurs s’y tiennent la majeure partie du temps, le ressenti de la troupe vis-à-vis du public présent reste essentiel et peut parfois conduire à quelques séances d’improvisation en fonction de la réaction des spectateurs. La troupe malaisienne, du fait de la barrière de la langue à laquelle elle est confrontée ici au Cambodge, profite des rires et surprises du public pour intégrer l’interaction avec les spectateurs au cœur de leur mise en scène, notamment entre les différents tableaux composant leur œuvre théâtrale finale.

La représentation aura lieu ce samedi à 16h au Musée National (Théâtre de Cambodian Living Arts). Le tickets d'entrée est à 5 dollars.

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