Édition internationale

STREET ART – L'artiste français Seth repeint les murs de Phnom Penh

Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Quelques peintures sur les murs commencent à apparaître dans les rues de Phnom Penh. Derrière l'hôtel Intercontinental, sur le mur de l'Ambassade de France, à la Metahouse, près du marché russe, on peut apprécier l'art de Seth, Julien Malland de son vrai nom. A l'occasion des 20 ans de l'Institut Français, ce street artist qui s'inspire de la culture traditionnelle khmère vient ajouter ses couleurs à celles de la capitale

Formé à l'Ecole Nationale des Arts Déco à Paris, Julien Malland a commencé à peindre sur les murs de Paris avant d'entreprendre un tour du monde, en passant entre autres par le Brésil, Chili, l'Argentine, Hong Kong, Tokyo. Dans chacune de ces villes, il peint et rencontre des artistes : une expérience qu'il décrit dans son livre Globe Painter, façon "Carnet de voyage". Canal + lui propose alors de faire partie de l'équipe de l'émission documentaire les "Nouveaux explorateurs", où il est chargé de faire découvrir un pays à travers son art urbain.

Le temps de sa virée au Cambodge, Seth est invité à peindre sur les murs de Phnom Penh, à l'occasion des 20 ans de l'Institut Français. Sa méthode ? Il fait des recherches au préalable, interroge les locaux, s'inspire de l'environnement, puis ensuite "improvise en fonction du mur". Au Royaume, le street art est encore très peu développé. Selon Nem, l'assistant khmer de Julien, ce n'est pas l'envie qui manque aux Cambodgiens mais surtout un manque de moyens. Les bombes sont difficiles à trouver : Julien a d'ailleurs utilisé celles qu'il avait ramené pour les ombres. Pour le reste, il achète de la peinture acrylique sur place.

En cette matinée où nous le retrouvons à l'ambassade de France, pour le voir à l'oeuvre, des Cambodgiens curieux s'arrêtent pour le regarder. Intrigués, certains admirent pendant plus d'une demi-heure l'évolution de son oeuvre. Très peu osent réellement demander ce qu'il se passe mais ils semblent apprécier le dessin et la couleur vive qui orne un pan des murs de leur ville.

Seth peint sur le mur se l'ambassade, des cambodgiens observent son travail (Crédit photo : Anaïs Chatellier)

Une vision du street art différente en fonction du pays
"Le problème de la France est qu'il y a peu de place pour s'exprimer ce qui entraine donc du graffiti vandale. A l'étranger, les gens respectent plus l'art de l'autre car ce côté rebelle du graffiti n'existe pas", explique Julien Seth. Mais cette vision que beaucoup de personnes entretiennent à propos du Street Art a tendance à évoluer dans le bon sens. "Les gens commencent à s'ouvrir", ajoute-t-il. Spécialiste des personnages, il insiste sur le fait que le tagueur est celui qui écrit son nom, ce qui ne l'intéresse pas spécialement.

A travers ses nombreux voyages, Seth a découvert les différences de l'art urbain entre chaque pays. En Amérique du Sud par exemple, "beaucoup de peintres peignent pour les gens", le street art est donc davantage intégré à la société. En Afrique, il est plutôt utilisé pour faire passer des messages, tels que "Pour réussir il faut travailler", explique Julien. En ce qui concerne l'Asie, cet art est moins développé et pour l'instant, "ils essaient de copier les Occidentaux". Quoiqu'il en soit, des personnes passionnées par l'art urbain voyage de plus en plus pour échanger et partager "cet amour d'un art presque gratuit". Seth en est l'exemple même : "Ce que je vivais de quartier en quartier à Paris, s'est étendu au monde entier", conclut-il.

Peinture derrière l'hôtel Intercontinental (Crédit Photo : Anaïs Chatellier)

L'institut Français fête ses 20 ans, à partir du 5 avril

- Exposition 20x1 : Une exposition regroupant vingt artistes reconnus cambodgiens dont le thème sera le chiffre «20».

- Exposition de Séra : scénariste, dessinateur, coloriste et artiste Franco-cambodgien.

- Le styliste Lim Kéo organisera un défilé de mode sur le thème des 20 ans dans le jardin de l'Institut.

Anaïs Chatellier (www.lepetitjournal.com/cambodge) Mercredi 4 avril 2012

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Publié le 3 avril 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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