Lundi 25 mars 2019
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

Mirage, l’éveil de l’art contemporain à Siem Reap

Par Victor Bernard | Publié le 24/12/2018 à 20:00 | Mis à jour le 26/12/2018 à 05:42
Photo : La galerie Mirage à Siem Reap. Crédits : Victor Bernard
mirage

Passé d’un café coopératif à un espace de coworking, toujours accompagné d’une galerie d’art, Mirage s’est au fil des années transformé pour devenir aujourd’hui un espace uniquement dédié à l’art contemporain, installé au cœur de la ville la plus touristique du Cambodge.

Mirage porte bien son nom. Se renouvelant en permanence, l’équipe dirigeante a déjà donné mille vies à cet espace, né il y a trois ans. Désormais installé dans le centre ville de Siem Reap, derrière la résidence royale, l'espace d'exposition s'est fixé pour objectif de participer à la naissance d'une scène artistique contemporaine, qui manque à la ville des temples d'Angkor.

Siem Reap, une scène artistique contemporaine à créer de toutes pièces

Bien qu’étant l’une des villes les plus peuplées du royaume, avec une proportion de touristes impressionnante, Siem Reap a longtemps manqué d’une scène culturelle et artistique d’envergure. Lorsque Serey Siv, photographe et fondateur de Mirage, émettait l’idée d’ouvrir un café artistique il y a quelques années, les réactions étaient unanimes : « On me traitait de fou, on insistait sur le fait que Siem Reap était uniquement peuplée de backpackers et de touristes, qui venaient avec un objectif simple, visiter les temples d’Angkor, à mille lieux de l’art contemporain que je voulais proposer », explique-t-il. 

Mais selon l’artiste, si l’on inverse la réflexion, l’omniprésence des touristes étrangers a un impact tout à fait bénéfique sur la naissance d’une vie artistique moderne. Il s’explique : « La plupart des visiteurs de l’espace sont étrangers, souvent familiers avec l’art en général, ils posent donc des questions pertinentes, sont véritablement intéressés par ce que nous présentons, à la différence d’autres villes du pays ». Les espaces d’art à Phnom Penh ou à Battambang sont effectivement souvent trustés par les mêmes artistes depuis des années, et le cercle d’initiés est beaucoup plus restreints. Les directeurs de galeries ne changent pas, ce qui limite grandement le renouvellement de la scène culturelle. 

Beaucoup d’artistes passés par la ville n’ont pas saisi les opportunités de développement de Siem Reap et ont cru qu’elle se cantonnerait à héberger les touristes d’Angkor. Mais en étant le centre touristique de toute la région d’Asie du Sud-Est, il est quasiment impossible pour l’agglomération de ne pas se renouveler. Une opportunité en or pour des créatifs comme Serey Siv. Depuis la création du collectif Mirage, le photographe a déjà observé un véritable renouveau, une augmentation du standard des spectateurs, et un intérêt grandissant de la population locale.

Confronté à l’hypothétique concurrence de Battambang, la grande ville artistique de l’ouest cambodgien, Serey Siv prône l’argument économique de Siem Reap : « Grâce à l’école Phare, Battambang restera toujours une ville productrice d’artistes, mais lorsqu’il s’agit de vendre des productions, l’afflux d’étrangers avec un pouvoir d’achat nécessaire est trop faible, pour créer un réel marché de l’art, ce qui n’est pas le cas pour Siem Reap ». De nombreux artistes partent d’ailleurs pour Phnom Penh et Siem Reap, afin d’échapper à la concurrence de tous les frais diplômés de Phare.

 

mirage
Crédits: Victor Bernard

 

La culture khmère au centre du projet

Les touristes présents à Siem Reap s’intéressent de plus en plus à la culture traditionnelle khmère, en complément de la visite des temples d’Angkor. De plus en plus d’activités telles que la danse traditionnelle khmère ou la dégustation de la gastronomie khmère se développent dans la région et par extension, l’intérêt pour les nouveaux talents artistiques khmers s’éveille. C’est la raison pour laquelle Mirage se fixe l’objectif de faire découvrir la culture cambodgienne moderne en complément du tourisme massif du parc archéologique voisin.

Une vision qui a un double objectif, celui d’attirer des spectateurs locaux lors des expositions. Si de nombreux espaces d’exposition au Cambodge sont fréquentés par une majorité d’occidentaux, d’expatriés, Mirage réussit peu à peu à atteindre une certaine égalité parmi les visiteurs de la galerie. 
Si les artistes exposés ne sont uniquement cambodgiens, le thème de la galerie tourne largement autour de la culture khmère et tend vers une compréhension, par le biais de l’art, de l’histoire et de la tradition du royaume.

Un collectif éclectique

Mirage a été créé par Serey Siv, photographe et directeur de projets, mais y travaillent actuellement cinq personnes à temps plein, dont certains sont spécialisés dans le conseil pour les artistes. Les autres membres de l'administration de Mirage sont Manuela Kind, directrice de la création, Kasia Sumislawska, chargée de la communication, Tom Whittaker, coordinateur de l'événementiel et Kyungmin Mun, administratrice. 

Mirage possède le statut d'organisation à but lucratif pour les domaines dans lesquels ils sont experts: l'exploitation de l'image des marques pour leurs clients, le management d'expositions et d'événements artistiques et le conseil artistique. Mais Mirage déclarera également bientôt une activité à but non lucratif qui englobera les activités de l'espace d'exposition, gratuit. Tous les collaborateurs travaillent par ailleurs volontairement afin de produire expositions et événements pour les artistes de Siem Reap. L'objectif sur le long terme est donc de collaborer avec les institutions locales et internationales afin de financer et promouvoir l'activité culturelle de la ville.

Plus d'informations sur la page Facebook de l'espace Mirage.

mirage
Crédits : Victor Bernard

 

Nous vous recommandons

0 Commentaire (s)Réagir

Expat Mag

Athènes Appercu
LITTERATURE

Raphaël Jérusalmy sauve Mozart

De passage à Athènes, Raphaël Jérusalmy a présenté son roman Sauver Mozart. L'occasion pour le Petit Journal d'écouter cet ancien agent des services secrets israéliens, aujourd'hui libraire à Tel-Aviv