Édition internationale

CINÉMA - Poppy Goes To Hollywood, un film décalé pour un sujet sérieux

Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 21 mars 2017

En ce dernier jour du Festival du Film International du Cambodge, il est temps de revenir sur un film qui a marqué cette édition 2017. 
Poppy Goes To Hollywood est la dernière réalisation de Sok Visal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mony est un jeune looser endetté auprès des voyous de son quartier. Afin de rembourser ses créances, il est obligé de travailler pour le club tenu par son frère transsexuel. Un beau jour, il est témoin d'un meurtre. Contraint de fuir, il se déguise en femme et s'exile à la campagne avec un groupe de transsexuel.
Le scénario est rocambolesque. Fracture classique entre les « gentils » persécutés et les « méchants » qui les traquent dans tout le pays, Poppy Goes To Hollywood n'a pas la prétention d'être un film moralisateur. Il n'en demeure pas moins touchant.

Ce qui marque avant tout Poppy Goes To Hollywood, c'est sa légèreté. En se projetant dans les coulisses on imagine les acteurs s'amusant à tourner la scène où l'ancien voyou apprend à défiler en talons aiguille et robes moulantes en pleine campagne cambodgienne.
Le film est un clin d?oeil au snobisme et à l'insouciance de surface des transsexuels de Phnom Penh, qui s'assument et aiment se montrer. Mais à la campagne où la retenue est de mise, ils ne sont pas bien accueillis, discriminés par les hommes influents du village. Ainsi, sous des airs de comédie « classique », mêlant farces bon enfant et comique de répétition, le film de Sok Visal touche à des points sensibles. Là où l'anonymat n'est pas possible pour ces transsexuels citadins, les défis de l'intégration sont difficiles à relever. Mais la troupe finira par s'illustrer par sa générosité auprès des gens du village.

Et c'est là que le film marque des points, notamment aux yeux du public.

« Les personnages sont très attachants » me confie Sok Victoria, une jeune cambodgienne, à la sortie de la séance du mercredi 8 mars.
Lienghuy, un peu plus âgée, a aussi aimé le film. Elle souligne : « c'est important de défendre la cause des transsexuels, car il y en a beaucoup au Cambodge, et c'est difficile pour eux quand ils ne se font pas respecter. Ce qui est bien, c'est que ce n'est pas un film dramatique. Le réalisateur a choisi de sensibiliser mais avec un film drôle, ce qui marque d'autant plus les esprits. ». 
La responsable du stand du Festival du Film International me confie qu'elle ne s'attendait pas à voir autant d'entrées aujourd'hui. « Le bouche-à-oreille a fonctionné, nous n'avions plus d'entrées gratuites mais les gens voulaient quand même payer pour aller le voir. La salle était complète aujourd'hui (mercredi 8 mars). Les tickets se sont vendus en nombre croissant depuis la première à Koh Pich. »
Cette première, Leptitjournal.com s'en souvient. Le vendredi 3 mars, lors de la soirée de pré-ouverture du Festival du Film International du Cambodge à Koh Pich, le film était retranscrit sur un grand écran extérieur. En terme d'image, le souvenir retenu est la nuée de cambodgiens posés sur leurs scooters de part et d'autres de l'installation, tous les yeux rivés sur l'écran.
Pour ce qui est du son, ce sont les éclats de rire, notamment ceux de la classe d'adolescents cambodgiens probablement en sortie scolaire, qui restent gravés. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Romain Van Bloeme (http://www.lepetitjournal.com/cambodge) - Vendredi 10 mars 2017 

SyzMrqo__400x400
Publié le 9 mars 2017, mis à jour le 21 mars 2017
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos