INTERVIEW - Partenariat entre l'appli anti-gaspillage Bonapp.eco et Yves Rocher

Par La French Tech Bucarest | Publié le 02/05/2022 à 00:00 | Mis à jour le 02/05/2022 à 00:00
Andreea Ivan Yves Rocher et Grégoire Vigroux bonapp.eco

La start-up roumaine bonapp.eco et la marque française Yves Rocher, ont uni leurs forces pour lutter contre le gaspillage généré par les produits de beauté et cosmétiques produits en surplus. L'application permet aux consommateurs de trouver près de chez eux des produits Yves Rocher dont la date d'expiration est proche, tout en leur permettant de bénéficier d'une réduction. Moins de gâchis, plus des économies : que demander de plus? Notre rédaction est donc allée à la rencontre de Grégoire Vigroux, co-fondateur de bonapp.eco et d'Andreea Ivan, directrice générale chez Yves Rocher pour en savoir plus sur leurs différents objectifs.

 

 

Je pense que le succès, en affaires, doit toujours s’accompagner du sens des responsabilités. Les profits, d’une quête de sens. La croissance, de la recherche de progrès. Et la prospérité, d’une quête incessante de philanthropie.

Grégory Rateau: Vous vous lancez aujourd'hui dans un nouveau challenge. Après le gaspillage alimentaire, pourquoi vous attaquer au secteur des produits cosmétiques?

Grégoire Vigroux: En effet, la startup roumaine bonapp.eco, que nous avons lancée en novembre dernier, ne s’attaquait, initialement, qu’au gaspillage alimentaire. Depuis le premier jour, nous affichons ainsi une ambition simple: celle de lutter efficacement contre le gaspillage alimentaire, en connectant les consommateurs et les commerçants pour sauver de la nourriture approchant de la date d’expiration. Pour ce faire, nous utilisons l’application mobile bonapp.eco, disponible sur iOS et Android.

Depuis cinq mois, via notre application, des milliers de consommateurs roumains ont économisé entre 40% et 80% sur leurs achats alimentaires, en fonction du point de vente. À ce jour, nous avons conclu des partenariats avec plus de 250 points de vente à Bucarest et à Cluj: notamment des supermarchés, commerces de proximité, restaurants, cafés, boulangeries et hôtels. Nous prévoyons d’affilier plus de 5 000 partenaires et sauver plus de 30 millions de repas d’ici à 2023.

Grâce à notre nouveau partenariat avec Yves Rocher, une entreprise qui possède 44 magasins en Roumanie, nous étendons désormais notre lutte contre le gaspillage à une nouvelle catégorie de produits, en plus de la nourriture: celle des produits de beauté et des cosmétiques. Nous sommes fiers d’accompagner Yves Rocher Roumanie dans ce beau projet.

Avec ce nouveau partenariat, notre communauté de clients, qui est en croissance constante, a la possibilité d’acheter des produits Yves Rocher dont la date d’expiration approche. Que nous combattions le gaspillage alimentaire ou celui des produits de beauté, notre mission reste inchangée: nous sommes résolus à transformer les défis suscités par le gaspillage en une opportunité au profit de tous. Plus que jamais, notre application bénéficie à la fois aux consommateurs, aux commerçants et à la planète.

 

Concernant votre partenariat avec la marque française Yves Rocher, quel est votre objectif d'ici la fin de l'année 2022?

Pour l’entrepreneur que je suis et pour la jeune startup que je représente, c’est une chance et un honneur de travailler avec Yves Rocher. Cette marque, qui est bien connue des Français comme des Roumains, est à la fois réputée pour la qualité de ses produits et pour les valeurs qu’elle porte, depuis de nombreuses années, à l’écologie et au développement durable. Ensemble, avec Yves Rocher, nous avons l’ambition de vendre 10 000 paniers cette année.

 

A ce jour, combien de magasins ont rejoint le réseau?

Six magasins Yves Rocher font d’ores et déjà partie du réseau d’affiliés de bonapp.eco en Roumanie. Via l’application, les paniers Yves Rocher sont vendus avec une réduction d’au moins 60%.

 

En quoi l’action de bonapp.eco contribue, concrètement, au grand défi environnemental qui nous attend?

Selon WWF, 40% de la nourriture produite dans le monde est jetée. Le gaspillage alimentaire représente à lui seul 10% des émissions de CO2. En plus d’avoir un impact négatif sur l’environnement, le gaspillage alimentaire est responsable de pertes financières colossales pour les commerçants. En Roumanie, près de 5 millions de tonnes de nourriture finissent à la poubelle chaque année, alors que l’alimentaire constitue à lui seul 40% du budget des ménages roumains! Bonapp.eco transforme ces défis sociaux, économiques et environnementaux en une opportunité au profit de tous. En étendant notre action aux produits non-alimentaires, notre ambition est d’augmenter notre impact positif.

En tant qu’entrepreneurs, mes associés et moi-même pensons avoir un rôle important à jouer pour tenter d’améliorer le monde dans lequel nous vivons. Je pense que le succès, en affaires, doit toujours s’accompagner du sens des responsabilités. Les profits, d’une quête de sens. La croissance, de la recherche de progrès. Et la prospérité, d’une quête incessante de philanthropie.

 

 

les compagnies responsables comme les nôtres, ont le devoir de continuer à contribuer à l’éducation écologique via les projets qu’on développe et via la qualité et l’intensité des communications qu’on fait à ce sujet. 

Avez-vous des chiffres quant à la quantité de cosmétiques jetés chaque jour ?

Andreea Ivan: Plus les prévisions des ventes sont précises, moins il y a de produits en surplus. Nous avons beaucoup de chance chez Yves Rocher d’avoir une équipe commerciale et logistique très experte et qui anticipe correctement les besoins en quantité des produits destinés à la vente. Néanmoins, quand on vend jusqu’à 4 millions de produits/an, en plus dans un contexte économique très fluctuant, 100% de précision n’existe pas. Généralement on parle de 5% à 6% des produits qui restent en surplus, et entre 1% et 2% des produits qui sont voués à la destruction ou bien, quand cela est possible, ils font partie de différents partenariats à but associatif. 

 

Qu'attendez-vous de cette collaboration ?

La collaboration avec bonapp.eco représente pour nous une autre action importante et concrète que l'on met en place pour limiter l’impact de notre activité sur l’environnement. Ainsi, les produits proches de la date limite d’expiration et qui sont normalement sortis du processus standard de vente, ont, via cette application, encore une chance de faire plaisir à nos client(e)s et ainsi d'éviter la destruction. Nos attentes sont évidemment de sauver le plus de produits en surplus possibles via bonapp.eco.

 

Pensez-vous qu’il y a une réticence de la part de vos consommateurs à acheter des produits cosmétiques dont la date d'expiration est proche (2-3 mois)?

Notre collaboration avec bonapp.eco est toute récente, c’est donc un peu prématuré de décrire le comportement de nos consommatrices face à ce nouveau service. Néanmoins, je peux vous confirmer que les commandes continuent à augmenter et jusqu’à présent nous n’avons aucun avis négatif ou signe de réticence.

 

Trouvez-vous que les consommateurs roumains sont assez concernés par la question écologique ?

Oui, absolument. Il y a de nombreuses études qui montrent que les consommateurs en Roumanie recherchent non seulement la qualité des produits mais ils souhaitent également des produits naturels, green et eco-friendly. Je trouve que nous ne sommes pas encore au même niveau de maturité et de connaissance qu’en France, mais la dynamique est bonne. Les millennials sont clairement le segment le plus actif. De plus, les compagnies responsables comme les nôtres, ont le devoir de continuer à contribuer à l’éducation écologique via les projets qu’on développe et via la qualité et l’intensité des communications qu’on fait à ce sujet.

 

Grégoire Vigroux est serial entrepreneur et président de la French Tech en Roumanie. Suivez-le sur https://www.linkedin.com/in/gregoire-vigroux/ et retrouvez bonapp.eco sur https://bonapp.eco/

 

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Grégory Rateau

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