Dimanche 24 octobre 2021
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INTERVIEW - Les acteurs de la French Tech se réunissent à Bucarest

Par Grégory Rateau | Publié le 22/09/2021 à 00:00 | Mis à jour le 22/09/2021 à 11:53
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Suite à une rencontre à l'Ambassade de France en Roumanie qui avait eu lieu au début du mois, autour des différents acteurs de la French tech, notre rédaction est allée à la rencontre de Mylena Pierremont, Présidente de la French Tech Amsterdam, et Grégoire Vigroux, Président de la French Tech Bucarest. Ils nous parlent ensemble des différents enjeux de la French Tech et de leur rôle dans le développement des startups.

 

Pourquoi avoir un relais French Tech en Roumanie? 

Grégoire Vigroux: Avec plus de 5 milliards d’euros d’investissement chaque année, la France est un des principaux investisseurs étrangers en Roumanie. La majeure partie des entreprises du CAC 40 sont implantées localement. À ce jour, le capital de plus de 2 500 sociétés roumaines est détenu majoritairement par des sociétés françaises.

En raison de sa proximité historique, linguistique et culturelle avec la France, la Roumanie est perçue, à juste titre, comme un pays d’implantation facile et naturel pour les entreprises françaises. Le pays constitue souvent une base avancée, une sorte de premier bastion pour les sociétés françaises désireuses de s’étendre, ensuite, dans d’autres pays de la région.

Bien que la présence des entreprises françaises moyennes et grandes soit forte en Roumanie, peu de startups françaises y sont pour l’instant implantées. Parallèlement, peu de startups roumaines se développent en France.

La mission de la French Tech en Roumanie, c’est précisément de servir de pont, de connecteur, d’accélérateur collaboratif entre les deux écosystèmes tech. Pour ce faire, nous accompagnons bénévolement les startups françaises dans leur développement en Roumanie et vice-versa, en les conseillant; et en les mettant en contact avec des fournisseurs, partenaires et clients potentiels.

 

Quels étaient les enjeux de ce rendez-vous pour vous et les membres de la French Tech ?

Grégoire Vigroux: L’évènement French Tech - Romanian Touch que nous avons organisé à l’ambassade de France à Bucarest le 9 septembre, puis à Commons Romana, a réuni 200 personnes. Douze startups françaises avaient fait le déplacement pour que nous leur présentions les opportunités de marché ainsi que les acteurs de l’écosystème local: entrepreneurs roumains à succès, investisseurs, CEOs de grands groupes, journalistes et officiels.

J’ajoute que notre évènement du 9 septembre est le résultat d’un travail d’équipe. La French Tech a pu compter, une fois de plus, sur le soutien exemplaire de Madame l’ambassadrice, qui nous aide, depuis son arrivée en Roumanie, avec la plus grande conviction. La Mission Économique, Business France, les CCEF et l’Institut français, que je remercie, nous accompagnent également pour nous permettre d’être plus efficaces dans le rapprochement des écosystèmes français et roumains de la tech.

En affaires, je crois beaucoup dans l’adage: « Plus vous serrez des mains et collaborez, plus vous réussirez ».

 

Quels sont les enjeux de la tech en Europe et dans le monde ?

Grégoire Vigroux: Les guerres du futur ne seront ni militaires, ni économiques. Le vrai pouvoir, c’est la data! La data permet d’influencer les populations, jusqu’à infléchir le résultat des élections.

Et cette data est, actuellement, entre les mains des géants mondiaux de la technologie, qui sont majoritairement américains. Les 10 géants américains de la tech ont une valorisation capitalistique 10 fois plus importante que les 10 leaders européens!

L’Europe réagit. L'initiative Scale-Up Europe a été lancée le 4 mars 2021 à l’initiative du Président Emmanuel Macron, par Cédric O, secrétaire d'État chargé de la Transition numérique, pour élaborer une série de recommandations pour les entreprises avec une stratégie d'accélération de leur croissance.

L'initiative se concentre sur quatre thématiques stratégiques afin de favoriser l’émergence de scale-up en Europe :

  • L’attraction et la formation des talents.
  • L’accès au financement.
  • La collaboration entre les startups et les grands groupes.
  • Le développement de technologies de rupture.

Cette initiative, à laquelle j’ai l’honneur de participer, va permettre d'accélérer l’émergence de champions technologiques européens dans le domaine du numérique.

 

Existe-t-il une véritable solidarité, une entraide au sein de la French Tech? Comment se matérialise-t-elle concrètement ?
Mylena Pierremont: Il existe une véritable solidarité et entraide au sein du réseau la French Tech. Les individus membres de cette organisation ont un pouvoir informel qui leur donne un accès privilégié aux acteurs de l'écosystème tech, à des sources d'information et à des ressources partagées. La mission French Tech orchestre ce réseau informel et nourrit ses membres à l'aide d'une information précise, riche en exemple, créatrice de valeur pour chaque membre.
A titre d'exemple, le Secrétaire d'Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, Cedric O, est accessible à de nombreuses startups, scaleups et fondateurs de sociétés tech. Cela ne serait aucunement possible sans le badge French Tech. 
Sur le sujet des talents, les présidents et membres actifs de communautés French Tech, très connectées entre elles, reçoivent régulièrement des demandes de partage d'offre ou de recherche d'emploi, d'information sur un écosystème, ou d'accompagnement au lancement. La solidarité du réseau French Tech facilite ces initiatives avec succès. 
Le Community Fund et l'implication de Marie Villon pour animer ce réseau permettent à cette communauté internationale de construire des liens et à cet écosystème en grande croissance d'accompagner de plus en plus de talents qui seront ceux que nous retrouverons dans les licornes européennes de demain.
 
Avez-vous des exemples de startups françaises ayant bénéficié du soutien de la French Tech en Roumanie ?

Grégoire Vigroux: La French Tech en Roumanie accompagne, bénévolement, de nombreuses startups technologiques françaises souhaitant s’implanter localement.

La dernière startup française ayant sollicité nos services est AriadNext. L’entreprise bretonne, qui conçoit des solutions d’identité numérique, de contrôle d’identité, de sécurisation de documents et de signature électronique, recrute actuellement une centaine de collaborateurs dans la ville de Iasi. Notre équipe a mis AriadNext en contact avec des fournisseurs, partenaires et clients locaux, comme elle le fait de manière systématique et gratuite pour toute startup tricolore sollicitant ses services.

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Grégory Rateau

Rédacteur en chef et directeur du média LePetitJournal.com/Bucarest, chroniqueur à Radio Roumanie Internationale et écrivain
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