Vendredi 23 juillet 2021

Découverte des saveurs roumaines en France grâce à Pierre Abou Anoma

Par Grégory Rateau | Publié le 17/05/2021 à 00:00 | Mis à jour le 17/05/2021 à 14:19
Central Transylvania gastronomie roumaine france Pierre Abou Anoma

Cette semaine notre rédaction est allée à la rencontre de Pierre Abou Anoma, un Français amoureux de la Roumanie et qui a eu la bonne idée de se lancer dans l'importation et la distribution de produits culinaires roumains en France, via le portail internet "Central Transylvania".

 

 

Grégory RATEAU : Pourquoi avoir choisi de vous lancer dans la distribution de produits culinaires roumains en France?

Pierre ABOU ANOMA : En premier lieu, je cherchais ces produits moi-même et j’avais beaucoup de mal à les trouver. Mon épouse me faisait faire parfois 4 heures de route aller-retour jusqu’à la frontière allemande toute proche, pour chercher des produit roumains, plus facile à trouver là-bas qu’en France.

Je me suis dit qu’on ne devait pas être les seuls à les chercher, en particulier dans les villes où il n’y pas d’épicerie roumaine. Par ailleurs, les proposer en ligne était pour moi une évidence, car il n’y avait pas d’offre en ligne à l’époque.

Enfin, je recherchais des produits vraiment particuliers, plus haut de gamme, plus artisanaux et ça c’est difficile à trouver!

 


D'où vous vient cette passion pour la Roumanie?

Je pense pouvoir dire que mon séjour en Roumanie a marqué ma vie de façon très positive et de façon durable. J’ai eu l’opportunité d’y travailler au début de ma carrière en 2008. J’ai une formation d’ingénieur et j’ai travaillé dans une entreprise de travaux publics pendant 2 ans en Roumanie. Quand je suis arrivé je ne parlais pas un mot de Roumain, mais je me suis tout de suite senti à l’aise. J’ai appris le Roumain très vite, cela m’a permis d’échanger de façon très étroite avec mes collègues et toutes les personnes que j’ai rencontré dans le pays. Toutes les semaines, mes collègues me ramenaient un petit truc de chez eux à goûter: du "soric", une zacusca, une palinca… ou ils m’emmenaient au restaurant et m’expliquaient les plats. Ce sont eux qui m’ont initié à la gastronomie traditionnelle « à la Roumaine ». J’ai tout de suite trouvé que les Roumains sont très attachés à leur pays et à leurs traditions. Ça m’a intrigué, et poussé à en apprendre plus. J’ai alors découvert la Roumanie, du point de vue de la gastronomie, et vu que je suis aussi un sacré gourmand…

Je trouve qu’il y a un lien profond entre la nature et la façon de s’alimenter dans la campagne roumaine. On suit le rythme des saisons, on essaie d’éviter le gaspillage, on réutilise tout ou presque, et je trouve cela passionnant! Le fait de faire des provisions l’été et l’automne quand abondent les fruits et légumes sur les étals, et en faire des conserves que l’on va manger tout l’hiver, m’a paru génial (en plus d’être bon).

 


Pensez-vous que beaucoup de Roumains en France sont nostalgiques de leur pays, de leur gastronomie?

C’était pour moi une évidence, car j’ai moi-même ressenti ce besoin de manger des plats de chez moi quand j’ai vécu à l’étranger. Très régulièrement j’ai des clients qui me contactent pour me remercier de leur avoir livré des produits qui leur rappellent leur pays, ou pour me demander tel ou tel autre produit qui leur manque terriblement. Ce sont donc eux qui me le confirment régulièrement. Je trouve que tous les Roumains sont très attachés à leur pays, et ceux installés en France ne font pas exception !
C’est d’autant plus fort qu’il n’existe pas une très grande communauté de Roumains en France (à l’inverse d’autres pays comme l’Italie et l’Espagne). Il y a donc automatiquement moins d’épiceries roumaines, moins de restaurants. On en trouve dans les grandes villes (Lyon, Paris…), mais quand on vit en Province, c’est dur de retrouver l’ambiance du pays à la maison.

 

Vous répondez donc à un besoin?

Oui. Ma clientèle souhaite être livrée à domicile, elle recherche en ligne des produits roumains. L’achat de produits alimentaires en ligne se développe de plus en plus, et cela devient un réflexe quand on ne trouve pas quelque chose à côté de chez soi.

 

Quel plat préférez-vous?

Le pastrama d’agneau avec des épinards et de la polenta. Et si on a en plus un peu de fromage de Burduf de Sibiu et un petit verre de Feteasca Neagra, le bonheur est parfait!

 

Un souvenir, des saveurs ou un endroit en Roumanie que vous aimeriez nous décrire?

Il y a un lieu en Roumanie qui est celui où je me rends dès que l’on arrive dans le pays, et qui est pour moi l’un des plus beaux: c’est le marché de la Piata Cibin à Sibiu. Il est ouvert tous les jours, par tous les temps, et on y trouve une diversité de couleurs, de saveurs, et des produits locaux extraordinaires dont je ne me lasse jamais ! Le contact avec les petits producteurs, le goût des fruits et légumes roumains de saison... je recommande à tout le monde d’y aller !
 

Votre activité est entièrement en ligne. La pandémie a-t-elle eu un impact dessus?

Malheureusement oui, la pandémie à eu un impact sur mon activité. En premier lieu, le premier confinement est arrivé 4 mois après mon début d’activité. Cela m’a empêché de participer à toutes les foires et évènements sur lesquels je comptais pour faire connaître les produits roumains. En second lieu, le comportement des acheteurs est souvent influencé par les annonces de restrictions ou autres mesures, et cela rend les choses plus imprévisibles. Globalement, cela à eu un impact négatif sur ma visibilité au démarrage, mais cela va se compenser dans le temps.

 

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grégory rateau

Grégory Rateau

Rédacteur en chef et directeur du média LePetitJournal.com/Bucarest, chroniqueur à Radio Roumanie Internationale et écrivain
2 Commentaire (s) Réagir
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vivadest lun 17/05/2021 - 07:33

Donner le nom de son entreprise, c'est le minimum non?

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Octavian mar 18/05/2021 - 16:44

Prendre le temps de lire également: c'est indiqué dans le premier paragraphe, non? ***via le portail internet "Central Transylvania".***

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