5 inventions roumaines qui ont marqué l'histoire

Par Grégory Rateau | Publié le 28/02/2019 à 00:00 | Mis à jour le 28/02/2019 à 11:17
Photo : Unplash / Frank
5 inventions roumaines marqué l'histoire Roumanie

Une culture brille aussi et surtout par ceux et celles qui la font rayonner à travers le monde. Notre rédaction vous a déjà raconté l'histoire de nombreux artistes roumains, nous vous proposons donc aujourd'hui 5 inventions roumaines (parmi d'autres) qui ont marqué l'histoire de l'humanité. La suite au prochain numéro...
 

 
 
 
 
 
1) Gerovital – Ana Aslan

Spécialiste roumaine en gérontologie, académicienne depuis 1974 et directrice de l'Institut National de Gériatrie et Gérontologie, Ana Aslan a souligné l'importance de la procaïne pour le soulagement des troubles dystrophiques liés à l'âge, largement appliquée dans la clinique gériatrique sous le nom de Gerovital ou de vitamine H3. Le produit gériatrique a été préparé en 1952 et breveté dans plus de 30 pays. La même année, est mis en place l'Institut National de Gérontologie et de Gériatrie "Dr. Ana Aslan", le premier institut de gériatrie au monde, devenu un modèle pour les pays développés, grâce à une assistance clinique et à la recherche de pointe. "Ana Aslan" a des milliers de patients chaque année, dont certains très célèbres: Tito, de Gaulle, Pinochet, Chaplin, Claudia Cardinale, Kirk Douglas, Salvador Dali,... En 1980, elle a inventé, avec la pharmacienne Elena Polovrăgeanu, le produit gériatrique, Aslavital.
 
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Wikipedia



 

2) La chaise éjectable - Anastase Dragomir

A la fin de la seconde moitié du 19e siècle et au début du 20e siècle, de nombreux passionnés d’aviation étaient préoccupés par la construction et le pilotage d’avions. Un jeune homme, Anastase Dragomir, s’intéressait déjà à la sécurité des machines de vol et en particulier à celle des passagers qui étaient à bord. En France, il a travaillé dans plusieurs usines aéronautiques où il a perfectionné un système pour sauver le pilote et les passagers en cas d'accident. Le 3 novembre 1928, il dépose en France la demande de brevet intitulé: "Nouveau système de montage de parachutes dans les appareils de locomotion aérienne". Après plusieurs tentatives, Dragomir réussit à obtenir un financement et commence la construction de son "cockpit catapulté", invention testée le 28 août 1929 à l’aéroport de Paris-Orly (France), dont des journaux français ont par la suite célébré le succès. Rentré en Roumanie il répète l'expérience et obtient le Brevet roumain en 1950 pour sa "cellule parachutée", une première forme de siège éjectable, qui, depuis, a sauvé de nombreuses vies.

 

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wikipedia
 
 


3) Vaccin anti-choléra - Ioan Cantacuzino

Ioan Cantacuzino, académicien, médecin, microbiologiste et professeur roumain, a souvent été qualifié de « Pasteur roumain ». Il fonde à Bucarest en 1921 l'« Institut de sérums et vaccins », réalisé sur le modèle de l'Institut Pasteur de Paris, et qui porte depuis 1936 son nom. Il a mené une recherche approfondie sur le choléra et la vaccination anti-chloéra, l'immunisation active contre la dysenterie et la fièvre typhoïde, mais aussi sur l'étiologie et la pathologie de la scarlatine. Sur la base des recherches menées dans ce sens, le médecin a mis au point une méthode de vaccination anti-choléra, appelée "méthode Cantacuzino", utilisée aujourd'hui dans les pays où des cas de choléra sont encore signalés. Grâce à Ion Cantacuzino, la Roumanie est le deuxième pays au monde, après la France, qui a introduit en 1926 le BCG (le vaccin bilié de Calmette et Guérin), un vaccin contre la tuberculose. Il a organisé de nombreuses campagnes anti-épidémiques, notamment pour lutter contre le typhus et le choléra durant la première guerre mondiale, ce qui sauva plusieurs milliers de vies, et instaura des mesures pour lutter contre l'épidémie de choléra.
 
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Steemit

 




4) Cybernétique - Stefan Odobleja

 
Stefan Odobleja (1902-1978), scientifique, est considéré comme étant l'un des précurseurs de la cybernétique généralisée qu'il a lui-même nommée "psychologie consonantiste", sujet sur lequel il a publié pour la première fois en 1938 et 1939 à Paris. Mais l'entrée dans la Seconde Guerre Mondiale fait en sorte que ses travaux passent inaperçus. La reconnaissance européenne de sa contribution à poser les bases de la cybernétique vient en 1978 à Amsterdam, lors du quatrième congrès de "Cybernétique et systèmes" où son travail a été accueilli avec un grand succès. Ses ouvrages ont contribué à générer des grands thèmes de la cybernétique et de la pensée systémique neuf ans avant Norbert Wiener. Il a commencé par créer un modèle cybernétique à partir d'observations, d'intuition et de rationalité. Son travail dans ce domaine a attiré l'hostilité du régime communiste qui considérait la cybernétique comme une "science de nature capitaliste" et, vers la fin de sa vie, il était arrêté à son domicile et placé sous surveillance.
 
 
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Unplash / Frank

 

 


5) L'insuline - Nicolae Constantin Paulescu
 
 
Nicolae Constantin Paulescu (1869-1931) est un professeur roumain en médecine et en physiologie. Il a découvert l’insuline en 1922 mais son positionnement politique à l'extrême-droite et son antisémitisme lui ont valu d'être écarté du Prix Nobel en 1923 et l'ont empêché de faire reconnaître ses compétences scientifiques. Revenons donc en 1911, l'époque où il commença à entreprendre des recherches sur le diabète. Il parvint même à fabriquer un extrait pancréatique provenant du pancréas animal, et à démontrer que la substance, qu'il surnomme la « pancréine », contenue dans cet extrait, pouvait diminuer la glycémie et les cétones et augmenter le glycogène du foie. Il est donc le premier à avoir décrit la substance, qui s'appellera plus tard insuline. En 1971, Ian Murray, professeur de physiologie au Anderson College of Medicine de Glasgow (Écosse) et le fondateur de la Fédération internationale du diabète, a tenté de corriger «le tort historique» contre Nicolae Constantin Paulescu. Il a déclaré, dans un article du Journal d’histoire de la médecine et des sciences connexes, que Nicolae Constantin Paulescu avait reçu une reconnaissance insuffisante et qu'il aurait mérité le prix Nobel et cela indépendamment de ses engagements politiques.
 
 
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W. Commons / LV

 

 

 
grégory rateau

Grégory Rateau

Rédacteur en chef et directeur du média LePetitJournal.com/Bucarest, ancien chroniqueur à RRI et écrivain
3 Commentaire (s) Réagir
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neige ven 01/03/2019 - 17:34

je lis avec grand interêt ces courtes notices , merci.

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Dominique jeu 28/02/2019 - 11:21

Très bonne initiative, de mettre à l'honneur des chercheurs qui ont travaillé sans doute dans des conditions particulierement difficiles.

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Bianca Oneata jeu 28/02/2019 - 19:15

Vous avez raison. Souvent, on oublie que les plus grandes inventions sont nées dans les conditons les plus difficiles.

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