

La minériade de juin 1990 sur la place de l'université à Bucarest (photo: antena3.ro).
Bucarest, 13 juin 1990. Sur la place de l'université, des manifestants réclament la reconnaissance officielle de la proclamation de Timisoara, qui stipule que les communistes doivent être empêchés d'exercer des fonctions officielles. Problème: les membres du gouvernement et le président de la Roumanie, Ion Iliescu, sont des anciens communistes. Le 14, le président appelle alors les mineurs de la vallée du Jiu à mettre un terme aux émeutes qui ont éclaté et "sauver le régime démocratique assiégé". Les affrontements entre les mineurs et les manifestants firent, selon les statistiques, 7 morts et plus d'un millier de blessés. Mais d'autres sources font état de 40 à 100 morts.
Une empreinte indélébile
Le 17e anniversaire de ces événements tragiques a été fêté mercredi dernier. Une marche, organisée notamment par l'Association du 21 décembre 1989, a mené 200 personnes de la place de l'université au quartier Primaverii devant la maison de Ion Iliescu, considéré comme le principal responsable des massacres de 1990. "Cette première minériade (13-15 juin 1990) a mis l'empreinte la plus forte sur la mentalité collective roumaine et l'opinion publique internationale. Elle a secoué à la base la confiance du peuple roumain en lui-même, regagnée après presque cinq décennies de régime dictatorial, ainsi que la confiance du monde civilisé à l'égard de la Roumanie", explique le professeur d'Histoire Ionut Isac.
Une violence toujours d'actualité
"Si les minériades de la rue ont disparu, la violence directe s'est transformée en violence indirecte, notamment par l'intermédiaire des médias et d'Internet. Les violences anti-gay lors du festival de la diversité (la semaine dernière à Bucarest, ndlr) étaient une sorte de minériade", constate de son côté le sociologue Marius Kivu, cité par le journal Adevarul qui titrait "La minériade continue"dans son édition de mercredi dernier. Il soutient que les violences persistent dans la société roumaine, même si elles sont devenues plus indirectes que physiques. Les mentalités de beaucoup de Roumains n'auraient, selon lui, pas vraiment changé. Marianne Rigaux. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) lundi 18 juin 2007







