Le président roumain Nicușor Dan essuie des critiques croissantes sur sa manière de gérer les négociations destinées à dégager une majorité parlementaire stable. Plusieurs responsables politiques, y compris parmi les partis pro-européens, lui reprochent soit sa passivité, soit ses choix tactiques dans la crise gouvernementale.


La charge la plus récente est venue de Csoma Botond, porte-parole de l’Uniunea Democrată Maghiară din România, qui estime que le chef de l’État s’est progressivement effacé du processus. Selon lui, Nicușor Dan devrait jouer un rôle plus actif en contactant directement les dirigeants politiques, en suivant l’avancée des discussions et en utilisant les canaux informels pour rapprocher les positions et favoriser la constitution d’une nouvelle majorité.
Csoma Botond reconnaît que le président a peut-être renoncé à nommer un nouveau Premier ministre faute de garanties suffisantes sur l’existence d’un soutien parlementaire, mais il considère malgré tout qu’il s’est montré bien plus discret qu’au début de la crise. Il lui reproche même d’avoir, dans un premier temps, endossé un rôle trop interventionniste en procédant à deux nominations successives, avant de basculer aujourd’hui dans une forme de retrait politique.
Le porte-parole de l’UDMR estime néanmoins que l’enjeu principal reste la mise en place d’un gouvernement pleinement opérationnel, capable d’exercer ses prérogatives sans les limitations d’un exécutif intérimaire. Il espère qu’un accord pourra être trouvé d’ici septembre et appelle les responsables politiques à calmer le ton, notamment sur les réseaux sociaux.
Les critiques ne viennent pas uniquement de l’UDMR. Au sein même de l’Uniunea Salvați România, le sénateur Cristian Ghinea a livré une attaque particulièrement virulente contre le président, le qualifiant de personnage « tragique » et dénonçant sa manière de se placer au centre du jeu politique. Selon lui, Nicușor Dan aurait mené une stratégie cynique durant la campagne présidentielle, cherchant avant tout à apparaître comme le seul candidat pro-européen capable d’accéder au second tour.
À l’inverse, le président par intérim du Partidul Social Democrat, Sorin Grindeanu, a adopté un ton plus mesuré. Il a défendu l’attitude institutionnelle de Nicușor Dan, qu’il juge équilibrée vis-à-vis du PSD, tout en prenant soin de préciser qu’aucune alliance politique n’existait entre eux. Grindeanu a surtout réservé ses critiques au Premier ministre par intérim Ilie Bolojan, qu’il accuse d’agir comme si le PNL avait remporté seul les élections et de privilégier les effets d’annonce à des réformes de fond.
Ces prises de position reflètent la complexité croissante de la situation politique roumaine. D’un côté, certains réclament un président plus impliqué dans la recherche d’un compromis ; de l’autre, certains contestent sa lecture politique et sa méthode. Dans ce contexte, la pression s’accentue sur Nicușor Dan, désormais sommé de déterminer s’il doit redevenir un acteur central des négociations ou laisser les partis trouver seuls une issue à l’impasse.







