Édition internationale

Le PSD propose de renouer avec le PNL, qui refuse toute coalition

Le président du Parti social-démocrate (PSD), Sorin Grindeanu, a déclaré vendredi que sa formation était prête à participer à la reconstitution d’une majorité gouvernementale stable avec le Parti national libéral (PNL) et l’Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR). Il affirme que le PSD est disposé à assumer ses responsabilités au sein de l’exécutif.

Un homme politique en costume regarde à l'horizon.Un homme politique en costume regarde à l'horizon.
Wikipedia
Écrit par Lepetitjournal Bucarest
Publié le 11 octobre 2026, mis à jour le 12 octobre 2026

 

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Grindeanu a dénoncé le blocage politique qui paralyse les décisions gouvernementales. Selon lui, les calculs électoraux ont pris le pas sur la stabilité économique du pays.

 

« La Roumanie aurait déjà pu disposer d’un gouvernement de plein exercice, capable de redresser sa trajectoire économique, si la priorité avait été donnée à la reconstitution d’une majorité stable plutôt qu’aux stratégies politiques et électorales », a-t-il écrit.

 

Après cinq mois d’impasse, il estime que le pays se retrouve face au même choix : privilégier les citoyens, l’économie et les intérêts nationaux, ou continuer à rechercher des formules politiques uniquement destinées à réunir les voix nécessaires à l’investiture.

 

Pour le chef du PSD, tout nouvel accord de coalition doit reposer sur un programme concret visant à relancer la croissance, à préserver le pouvoir d’achat et à stimuler les investissements créateurs d’emplois.

 

Sorin Grindeanu a également souligné que la formation d’un gouvernement ne pouvait se résumer au nombre de voix nécessaires pour obtenir la confiance du Parlement. Il a appelé les partis à s’entendre sur leur capacité à prendre des décisions difficiles et à les appliquer.

 

Il a notamment rappelé que près de 90 % des Roumains estimaient que le pays allait dans la mauvaise direction, selon le chiffre qu’il avance.

 

 

Jeudi soir, sur Antena 3, le dirigeant social-démocrate avait écarté l’hypothèse d’un gouvernement PSD minoritaire, qu’il juge trop fragile. Il avait proposé en revanche que son parti apporte ses voix à un gouvernement minoritaire formé par le PNL et l’UDMR, en appelant à dépasser les calculs politiques face aux difficultés économiques.

 

Le PNL accuse le PSD de prolonger la crise

Le Parti national libéral a vivement rejeté cette proposition. Son porte-parole, Ionel Bogdan, accuse le PSD de contribuer à prolonger la crise politique en avançant des solutions qui, selon lui, ne permettent pas de sortir de l’impasse.

 

 

« Les Roumains attendent une fin rapide à cette crise, pas de nouvelles querelles politiques », a-t-il écrit sur Facebook, qualifiant la démarche social-démocrate d’ « acte d’irresponsabilité ».

 

Il estime que ces propositions entretiennent la situation provisoire dans laquelle se trouve le pays.

 

Le PNL maintient son refus de participer à une coalition avec le PSD, mais se dit prêt à voter en faveur du gouvernement proposé par le Premier ministre désigné, Luca Niculescu, après présentation de son programme et de la composition de son équipe.

 

Ionel Bogdan accuse par ailleurs les sociaux-démocrates de freiner la modernisation du pays et de chercher à transférer leurs responsabilités à d’autres formations.

 

Oana Gheorghiu dénonce une contradiction du PSD

La vice-Première ministre Oana Gheorghiu a, elle aussi, critiqué la proposition de Sorin Grindeanu. Elle a dénoncé ce qu’elle qualifie de « dissonance cognitive », reprochant au PSD de vouloir désormais gouverner avec le PNL alors qu’il a contribué à faire tomber, cinq mois plus tôt, le gouvernement auquel les deux partis participaient.

 

Selon elle, les sociaux-démocrates espéraient revenir rapidement au pouvoir après le départ d’Ilie Bolojan, mais le scénario ne s’est pas déroulé comme prévu. Oana Gheorghiu estime que le PNL, sous la direction de l’ancien Premier ministre, a cessé d’être un partenaire disposé à accepter les conditions du PSD.

 

Elle a également mis en doute la volonté réelle de Sorin Grindeanu d’assumer la direction du gouvernement, lui reprochant de réclamer davantage de responsabilité politique tout en excluant un exécutif social-démocrate minoritaire sans le soutien du PNL et de l’UDMR.

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