Le leu roumain a subi une forte pression jeudi après-midi sur le marché interbancaire, passant sous le seuil de 5,33 lei pour un euro après le rejet, la veille, du gouvernement proposé par Siegfried Mureșan au Parlement. La nouvelle poussée d’incertitude politique a également fait grimper l’euro au-delà de 5,34 lei en cours de séance, avant un retour autour de 5,3343 lei.


Plus tôt dans la journée, avant que les effets de la réaction des marchés ne se fassent pleinement sentir, la Banque nationale de Roumanie (BNR) avait fixé le taux de référence à 5,2777 lei pour un euro, contre 5,2785 lei mercredi. Les échanges interbancaires se sont toutefois rapidement éloignés de ce niveau officiel, alors que les incertitudes politiques se renforçaient.
Le leu s’est également déprécié face au dollar américain. À 16h30, le billet vert s’échangeait autour de 4,73 lei sur le marché interbancaire, contre un taux de référence de 4,6765 lei fixé par la BNR à midi.
Une stabilité monétaire mise à l’épreuve
Cette baisse sur le marché interbancaire marque une rupture avec plusieurs années de relative stabilité du leu. La monnaie roumaine évoluait depuis près de trois ans autour de 4,97 à 4,98 lei pour un euro, dans le cadre de la politique de flottement administré menée par la BNR.
En 2024 et 2025, la banque centrale avait notamment utilisé ses réserves importantes en devises pour limiter les fluctuations de la monnaie et amortir les effets des déséquilibres budgétaires et extérieurs.
Les tensions se sont toutefois accentuées en 2026. L’augmentation des dépenses publiques, le poids du service de la dette et l’aggravation du déficit courant ont contribué à réduire les réserves de change de la banque centrale. Celles-ci ont diminué de 4,8 milliards d’euros au seul mois de septembre, pour atteindre 60,06 milliards d’euros.
Le mouvement observé jeudi illustre ainsi la pression exercée sur la monnaie roumaine par la combinaison des fragilités macroéconomiques et de l’impasse politique prolongée.







