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CRISE POLITIQUE : Luca Niculescu face aux exigences contradictoires des partis

Le Premier ministre désigné Luca Niculescu a entamé jeudi les négociations avec les différents partis politiques afin de tenter de réunir une majorité parlementaire. À neuf jours de l’échéance constitutionnelle pour présenter son équipe gouvernementale et son programme au Parlement, il doit obtenir 233 voix dans une Assemblée profondément fragmentée.

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Écrit par Lepetitjournal Bucarest
Publié le 7 octobre 2026, mis à jour le 8 octobre 2026

 

Les discussions interviennent alors que la Roumanie fait face à de fortes pressions économiques, à une inflation persistante et à la hausse saisonnière des coûts de l’énergie. Autant de facteurs qui renforcent la demande d’un gouvernement opérationnel, alors que l’incertitude politique se prolonge.

Avant le début des négociations officielles, Luca Niculescu a publié un long message sur les réseaux sociaux dans lequel il entend replacer les discussions autour des priorités du pays plutôt que des seuls rapports de force entre partis. Selon lui, les débats sur la composition du futur gouvernement et le calcul des voix nécessaires à son investiture ne doivent pas faire oublier les réponses à apporter aux difficultés économiques et sociales.

« Les gens veulent savoir que leur argent est dépensé correctement, qu’ils peuvent faire face à l’augmentation du coût de la vie et que l’État est à leurs côtés, notamment à l’approche de l’hiver, alors que les factures d’énergie ne peuvent pas attendre le calendrier politique », a-t-il déclaré.

Son programme met notamment l’accent sur la préservation du pouvoir d’achat, le soutien à l’activité privée et la mise en place de mesures ciblées pour limiter l’impact de la hausse des coûts du chauffage et de l’électricité. Niculescu souhaite également conserver certaines mesures jugées efficaces par les gouvernements précédents tout en réformant les dispositifs administratifs qu’il considère comme inefficaces. L’objectif est de rapprocher les priorités des différents partis autour d’un programme gouvernemental cohérent et réaliste.

Pour obtenir les 233 voix nécessaires à l’investiture, le Premier ministre désigné doit toutefois composer avec des exigences parfois incompatibles entre elles.

Après un échange téléphonique préparatoire avec le président du PSD, Sorin Grindeanu, les sociaux-démocrates ont accepté d’ouvrir des négociations formelles avant de consulter leur direction sur un éventuel soutien au futur gouvernement. Le PSD entend notamment présenter son programme économique en dix points, adopté lors de son récent sommet stratégique à Sinaia. Parmi ses principales revendications figurent une restructuration en profondeur du secteur énergétique et le lancement d’un programme national consacré à la maîtrise des compétences fondamentales.

Sorin Grindeanu a également laissé entendre que le soutien du PSD dépendrait de la volonté de Luca Niculescu de rompre avec certaines orientations économiques et budgétaires associées aux précédents gouvernements PNL-USR.

Le PNL, de son côté, exclut une participation directe au gouvernement. Son secrétaire général, Robert Sighiartău, a confirmé que les libéraux ne proposeraient aucun ministre. Le parti examinera le programme de gouvernement et la composition de l’équipe proposée par Niculescu avant de décider s’il accordera ou non son vote d’investiture. Robert Sighiartău a par ailleurs estimé qu’un gouvernement entièrement indépendant et technocratique pourrait constituer une solution permettant de rapprocher les positions des différents partis.

L’UDMR insiste pour sa part sur la nécessité de former rapidement un gouvernement pleinement opérationnel. Son président, Kelemen Hunor, estime que la patience de la population face à l’instabilité politique est arrivée à son terme. Le parti réclame notamment des garanties économiques permettant de préserver les emplois et d’en créer de nouveaux, un renforcement des aides aux catégories vulnérables, ainsi que l’indexation obligatoire des pensions sur l’inflation. La protection des droits des minorités figure également parmi ses priorités.

Kelemen Hunor a en revanche fixé une limite claire : l’UDMR ne participera pas à une majorité gouvernementale qui dépendrait des voix de l’AUR ou de SOS Romania, et ne la soutiendra pas.

L’USR pose également ses propres conditions. Son président, Dominic Fritz, a affirmé que son parti ne soutiendrait pas un gouvernement comprenant des ministres issus du PSD. Il s’est par ailleurs montré réservé à l’égard d’une équipe entièrement technocratique, estimant qu’un gouvernement sans soutien politique solide risquerait de ne pas pouvoir faire adopter les réformes législatives nécessaires face à un Parlement divisé.

À mesure que l’échéance constitutionnelle approche, Luca Niculescu doit donc trouver un compromis entre des positions qui se recoupent peu. Reste à déterminer si celui-ci prendra la forme d’un gouvernement politique élargi, d’une équipe technocratique ou d’une formule intermédiaire. L’enjeu immédiat demeure la constitution d’une majorité suffisamment solide pour permettre au prochain gouvernement de fonctionner dès l’approche de l’hiver.

lepetitjournal.com bucarest
Publié le 8 octobre 2026, mis à jour le 8 octobre 2026
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