Les risques pesant sur la stabilité financière de la Roumanie restent élevés, sur fond de déséquilibres économiques internes, de tensions géopolitiques et d’incertitudes sur l’économie mondiale, selon le dernier rapport de la Banque nationale de Roumanie (BNR), publié lundi.


La banque centrale souligne que le système bancaire roumain demeure solide, bien capitalisé et liquide, mais qu’une dégradation de l’environnement intérieur ou international pourrait peser lourdement sur l’économie et le secteur financier.
La BNR identifie deux risques systémiques majeurs : les incertitudes géopolitiques et la détérioration des équilibres macroéconomiques du pays. Elle pointe notamment les répercussions du conflit au Moyen-Orient et des perturbations dans le détroit d’Ormuz, qui alimentent les tensions sur les prix de l’énergie, l’inflation et les perspectives de croissance.
Sur le plan intérieur, la banque centrale rappelle que la Roumanie conserve les déficits budgétaire et courant les plus élevés de l’Union européenne, malgré les efforts de consolidation. Le déficit public a atteint 7,9 % du PIB en 2025 et devrait reculer à 6,2 % en 2026, selon les prévisions de la Commission européenne. Pour la BNR, la poursuite de la consolidation budgétaire est indispensable pour contenir les coûts de financement, préserver la confiance des investisseurs et stabiliser la dette publique.
L’économie roumaine a continué de ralentir, avec une croissance limitée à 0,7 % en 2025, après 0,9 % l’année précédente. Dans ce contexte, l’absorption des fonds européens, notamment via le PNRR, apparaît comme un levier essentiel pour soutenir l’investissement. Mais la banque centrale souligne que les retards accumulés et le temps limité pour mettre en œuvre les projets menacent l’utilisation complète des fonds disponibles.
Du côté des ménages, la situation reste relativement solide grâce à un endettement modéré et à un niveau d’épargne élevé. Les entreprises apparaissent en revanche plus fragiles, avec une hausse du taux de prêts non performants à 5,6 % en mars 2026. Les PME, les sociétés soutenues par des prêts garantis par l’État et les acteurs de l’immobilier commercial sont les plus exposés.
Malgré ces tensions, le secteur bancaire reste robuste, avec un ratio de capital de 23,7 % et un taux de prêts non performants limité à 2,8 %. La BNR met toutefois en garde contre la forte exposition des banques à la dette publique : les titres d’État représentent 27,6 % de leurs actifs, soit près de trois fois la moyenne européenne.
Le rapport rappelle enfin plusieurs fragilités structurelles de l’économie roumaine : un faible niveau d’intermédiation financière, le vieillissement de la population, les pénuries de main-d’œuvre, un taux élevé de jeunes sans emploi ni formation, ainsi qu’une forte vulnérabilité aux sécheresses et aux inondations.







