Les négociations pour la formation du gouvernement sont dans l’impasse, contraignant la Roumanie à repousser la nomination d’un Premier ministre. Vendredi, le président Nicușor Dan a réuni au palais de Cotroceni les principaux dirigeants politiques, dont Sorin Grindeanu, Ilie Bolojan, Dominic Fritz, Kelemen Hunor et Varujan Pambuccian. Après une heure d’échanges, aucune entente n’a été trouvée, ni sur le nom du futur chef du gouvernement ni sur un éventuel système de rotation du pouvoir.


Le chef de l’État dispose désormais de deux options principales pour le poste de Premier ministre : le social-démocrate Sorin Grindeanu ou l’eurodéputé libéral Siegfried Mureșan, soutenu par le PNL, l’USR et l’UDMR.
Les divergences restent profondes. Le PSD revendique la direction du gouvernement, tandis que le PNL, l’USR et l’UDMR défendent une formule de rotation, dans laquelle leur alliance gouvernerait dans un premier temps avant de céder la place aux sociaux-démocrates en 2027. Aucun camp ne dispose toutefois d’une majorité parlementaire suffisante pour imposer sa solution.
À l’issue des consultations, Nicușor Dan a reconnu que les positions restaient figées. Il a évoqué le retour d’une impasse politique qu’il pensait surmontée quelques jours plus tôt, pointant notamment un revirement du PNL, qui avait initialement envisagé de soutenir un gouvernement minoritaire du PSD sous conditions.
Le président a appelé les partis à reprendre les négociations afin de dégager une majorité stable, insistant sur l’urgence de doter la Roumanie d’un exécutif pleinement opérationnel.
En amont de la réunion, le PNL, l’USR et l’UDMR avaient proposé la candidature de Siegfried Mureșan comme alternative à Sorin Grindeanu, tout en plaidant pour un accord de rotation gouvernementale. Mureșan a insisté sur la nécessité de privilégier l’intérêt public et les priorités du pays, notamment les réformes liées au plan de relance, la réduction du déficit et l’attraction de fond européens et d'investissements.
La crise s’est encore tendue après que le président a publiquement mis en cause le PNL, accusé d’avoir changé de position. Le parti libéral affirme de son côté n’avoir jamais accepté de soutenir un Premier ministre sans garanties claires sur le programme de gouvernement.
Dans ce contexte, le PSD durcit sa position. Sorin Grindeanu a annoncé que son parti ne proposerait plus de candidat au poste de Premier ministre et privilégiait désormais l’option d’élections anticipées. Selon lui, deux issues seulement sont possibles : la formation d’une majorité assumant le pouvoir ou des élections anticipées.
Le dirigeant social-démocrate accuse ses adversaires de prolonger artificiellement les négociations pour se maintenir au pouvoir et rejette toute nouvelle concession. Il affirme que le PSD est prêt à gouverner et dispose d’un programme clair, tout en estimant que la logique de rotation a déjà été entamée lors des précédents accords politiques.
Dans ce climat de blocage, George Simion, leader de l’AUR, a également réagi en réclamant l’entrée de son parti au gouvernement, allant jusqu’à menacer d’une suspension du président en cas de refus.







