

Une des images de "12h08 à l'est de Bucarest"de Corneliu Porumbuiu, Caméra d'or à Cannes en 2006 (photo: allocine.fr).
"Je ne veux plus de films parlant de communisme" déclarait samedi à la presse Cristian Mungiu, très sollicité depuis sa Palme d'or pour "4 mois, 3 semaines, 2 jours". Pour son prochain projet cinématographique, il envisage un scénario plus ancré dans l'actualité : "Il y a trop de films sur la période communiste, non pas parce que les réalisateurs se sont inspirés les uns des autres, mais parce que cela fait partie de notre passé. Il existe cependant beaucoup de sujets d'actualité qui ne sont pas encore traités par le cinéma roumain". Après les succès de "Comment j'ai fêté la fin du monde"(Catalin Mitulescu), "Le papier sera bleu"(Radu Muntean), "12h08 à l'est de Bucarest"(Corneliu Porumbuiu) et "California Dreamin"(Cristian Nemescu), on peut en effet s'interroger sur l'avenir du cinéma roumain : comment sortir des thèmes rattachés à la période communiste ?
"Les choses vont changer"
Pour Benjamin Ribout, journaliste français spécialiste du cinéma roumain, "cette tendance va continuer pendant un moment, parce que ça marche en terme de distribution à l'étranger où les films remportent des prix, tout comme en Roumanie, et parce que cette génération de réalisateurs a un passé commun". Au risque que le public se lasse de voir encore un film sur le communisme. "Bientôt les choses vont changer et l'on traitera probablement de la réussite sociale et des changements profonds qui s'opèrent en ce moment en Roumanie. Il y a déjà des courts métrages intéressants, une nouvelle vague de réalisateurs qui arrive, comme Radu Jude", ajoute-t-il.
Restituer le visage du régime de Ceausescu
Interrogé par Lepetitjournal, Cristi Puiu, réalisateur récompensé plusieurs fois pour "La mort de Dante Lazarescu"pose un regard optimiste sur le futur du cinéma roumain : "L'inertie de la période communiste influence aujourd'hui nos gestes et notre façon de penser. Il est normal que beaucoup de films traitent du sujet, de manière indirecte cependant puisque les histoires racontées se passent au temps présent. Mais je ne crois pas que le cinéma roumain soit coincé dans des histoires sur l'époque de Ceaucescu. Il y a seulement un besoin réel de restituer le visage du régime." Alors à quand les comédies ?... "Même si l'on a le sens de l'humour, il y a peu de place pour les comédies, la situation politique et générale du pays n'est pas assez stable", regrette Cristi Puiu.
Marianne Rigaux. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) mercredi 6 mai 2007







