Dans le cadre de la campagne des élections consulaires 2026 qui auront lieu le 31 mai, nous donnons la parole aux têtes de liste pour la circonscription Roumanie-Moldavie qui ont accepté de répondre à nos questions. L’ordre est celui du dépôt de candidature. Nous continuons avec Christophe Chamboncel qui se présente pour la liste ASFE - Défendre et accompagner les Français de Roumanie et Moldavie.


En quoi votre parcours en Roumanie nourrit-il votre candidature et que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?
Je m'appelle Christophe Chamboncel et je dispose de plus de 25 ans d’expérience en direction exécutive dans les secteurs de l’hôtellerie et de l’immobilier, principalement à l’international.
Ayant réalisé l’essentiel de ma carrière hors de France, j’ai développé une solide connaissance des enjeux liés à l’expatriation, à la mobilité internationale et à la vie des communautés françaises à l’étranger.
Installé en Roumanie depuis plus de sept ans, j’y exerce des responsabilités exécutives durables et reste pleinement engagé dans la vie économique et professionnelle locale, au plus près des réalités rencontrées par les Français établis hors de France. Mon parcours m’a conduit à collaborer avec des institutions financières, des autorités locales ainsi que des partenaires publics et privés dans des environnements complexes et réglementés. J’ai également participé au développement de projets hôteliers majeurs à Bucarest et à l’international, et exercé des fonctions de direction régionale au sein d’un grand groupe hôtelier.
Aujourd’hui, je souhaite mettre mon expérience, mon réseau et ma connaissance du terrain au service des Français établis en Roumanie et en Moldavie, entouré d’une équipe engagée aux profils complémentaires :
- Maria Iacob Garibal, ancienne sportive de haut niveau et accompagnement stratégique
- Luka Zivkovic, entrepreneur engagé dans l’innovation et les écosystèmes locaux
- Laura Dumitru-Perrin, spécialiste en finance et conseil à l’international
- Guillaume Kadouche, entrepreneur expérimenté dans la mobilité et l’intégration
- Daniela Paun Huot, experte de l’éducation francophone et de l’accompagnement des familles
Ensemble, nous portons une approche concrète, indépendante et tournée vers l’action, au service de notre communauté.
Quelles mesures concrètes proposez-vous, quels sont les grands axes de votre programme ?
Notre programme se base sur quatre priorités concrètes au service des Français de Roumanie et de Moldavie : Informer et rapprocher les Français sur l’ensemble du territoire : Nous souhaitons développer des réseaux d'entraide franco-roumains et franco-moldaves pour favoriser l'intégration de tous, et organiser régulièrement des webinaires d'information sur des sujets essentiels comme les droits sociaux, la santé ou la retraite. S'engager pour un avenir durable et responsable : Chacune de nos initiatives locales doit désormais prendre en compte notre impact sur l'environnement. Nous vivons tous les effets du changement climatique, ici aussi. Mon objectif n’est pas de faire de grands discours, mais d'agir à notre échelle : par exemple, en s'assurant que nos événements ne produisent pas de déchets inutiles ou en aidant chacun à adopter des réflexes plus verts au quotidien. Je m'engage donc à ce que le sujet du développement durable soit au cœur de nos actions communautaires. Favoriser l'emploi et l'entrepreneuriat : Nous défendons la création d'un statut spécifique pour les entrepreneurs français de l'étranger afin de leur garantir des droits sociaux, et nous lancerons une bourse à l'emploi dédiée à nos compatriotes. Accompagner les enfants scolarisés hors du système français : Nous encouragerons la participation des parents dans les établissements locaux et porterons le projet d'une cellule de signalement pour mieux prévenir le harcèlement scolaire, qui touche parfois les enfants issus de couples binationaux.
Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?
La communauté française en Roumanie et en Moldavie évolue : une majorité de nos compatriotes s'y établit désormais durablement pour y bâtir un projet familial ou professionnel. Le plus grand défi concerne donc l'anticipation et les conditions d'un éventuel retour en France. Nous devons donc garantir, dans un premier temps, l'accès immédiat aux droits sociaux sans période de carence. Ensuite, nous devons assurer l'intégration des enfants dans le système éducatif français (notamment sur Parcoursup) après une scolarité dans le système local, et enfin, nous devons réexaminer la fiscalité du patrimoine en France qui est devenue défavorable pour les expatriés.
Comment envisagez-vous de promouvoir l’enseignement français et le bilinguisme, notamment pour les enfants de familles expatriées ou mixtes ?
Pour les établissements du réseau, comme le Lycée Français Anna de Noailles ou l’EFI, notre priorité est très concrète : faire en sorte que les familles puissent continuer à y accéder, malgré la hausse des frais de scolarité, tout en maintenant un haut niveau d’exigence pédagogique. On soutient aussi les écoles françaises de Bucarest dans leur volonté de conserver leur statut d’établissements conventionnés, qui est essentiel pour la qualité et la reconnaissance de l’enseignement. Mais il faut être lucide : le bilinguisme ne passe pas uniquement par le réseau AEFE (ndlr: Agence pour l'enseignement français à l'étranger) . Beaucoup d’enfants, notamment en régions ou en Moldavie, sont scolarisés hors du système français. Donc là, notre rôle, c’est d’être présents autrement. On veut soutenir davantage les initiatives associatives, comme les programmes FLAM (ndlr: Français Langue Maternelle) , et accompagner les familles binationales pour que le français reste une langue vivante à la maison, pas seulement une option. Aujourd’hui, il y a aussi un vrai problème de fond : le désengagement progressif de l’État dans le financement de l’AEFE. Une partie importante des charges a été transférée vers les établissements, et au final, ce sont les familles qui financent près de 80 % des coûts. Ça a des conséquences très concrètes : les frais augmentent, certaines familles renoncent, et les établissements les plus fragiles sont mis sous pression. Notre responsabilité est donc de défendre un modèle plus accessible. Ça passe aussi par un soutien aux petites écoles francophones, comme La Petite Maternelle ou La Maison Bleue, qui font un travail remarquable mais évoluent dans un environnement très concurrentiel face aux écoles anglophones ou locales. Si nous voulons vraiment atteindre l’objectif de doubler le nombre d’élèves francophones d’ici 2030, nous devons jouer sur tous les leviers : soutenir les grandes écoles, accompagner les petites structures, et aider les familles. C’est cet équilibre qui permettra de faire vivre durablement le bilinguisme.
Comment comptez-vous renforcer le lien entre la communauté française et les acteurs locaux (culturels, économiques, éducatifs) dans les deux pays ?
Vivre en Roumanie ou en Moldavie, ce n'est pas vivre en vase clos. Je veux qu'on soit de vrais partenaires pour les acteurs locaux. Mon rôle sera de créer des ponts pour que nos talents et nos entrepreneurs, mais pas que, se sentent chez eux et réussissent ici, tout en rendant à nos pays d'accueil ce qu'ils nous apportent. Il s'agira donc de travailler en étroite collaboration avec les institutions existantes (Institut Français, Alliances Françaises, CCIFER, CCI France Moldavie, UFE, French Tech, Bucarest Accueil, etc) pour repenser l'accueil des Français en Roumanie et Moldavie.
Comment comptez-vous améliorer l’accès des Français vivant en Roumanie et Moldavie aux services consulaires ?
La Roumanie et la Moldavie couvrent un très vaste territoire. Notre devoir est de rapprocher l'information de chaque compatriote, non seulement à Bucarest ou Chisinau, mais également sur les autres régions de ces deux pays. Nous encourageons la mise en place de tournées consulaires régulières en province et en Moldavie. De notre côté, nous mettrons à disposition des notes pratiques régulières et accessibles à tous (par exemple sur la conservation de la carte vitale à l'étranger) et organiserons des réunions virtuelles d'information pour faciliter les démarches administratives de chacun.
Comment renforcer la sécurité et l’information des Français résidant en Moldavie et Roumanie, notamment dans un contexte régional parfois instable ?
Face à la proximité du conflit en Ukraine, je comprends que certains Français de Roumanie et Moldavie s'inquiètent pour leur famille. Je m'assurerai personnellement que chaque Français sache exactement quoi faire et qui contacter en cas de besoin, pour que personne ne se sente isolé. Nous devons donc s'assurer que le dispositif de sécurité de l'Ambassade (les îlots de sécurité) est parfaitement à jour, transparent, et que les chefs d'îlot en Roumanie et en Moldavie sont bien formés et connus de la communauté. Nous insisterons fortement sur la nécessité pour chaque Français de s'inscrire au Registre consulaire et sur la plateforme Ariane. Enfin, en tant qu'élus, nous servirons de relais d'information fiable et réactif, en lien direct avec le Consulat, pour communiquer les directives officielles en temps réel et éviter toute désinformation.
Votre liste est-elle soutenue par un parti ou une organisation politique ? Si oui, lequel / laquelle ?
Notre liste est soutenue par l’ASFE (Alliance Solidaire des Français de l’Étranger), qui est aujourd’hui la première organisation indépendante représentant les Français établis hors de France. C'est une organisation transpartisane, financièrement autonome, qui ne dépend d’aucun parti politique. L'ASFE compte plus de 26 000 adhérents dans le monde, 80 élus locaux, et est représentée au Sénat par trois sénateurs aux sensibilités politiques diverses. Cette indépendance totale est notre force, nous ne rendons de comptes à personne, sauf aux citoyens Français établis hors de France. Ma seule priorité, c'est de régler les problèmes concrets que vous rencontrez.







