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Elections consulaires 2026 - Roumanie: candidat Christian Lemaître

Dans le cadre de la campagne des élections consulaires 2026 qui auront lieu le 31 mai, nous donnons la parole aux têtes de liste pour la circonscription Roumanie-Moldavie qui ont accepté de répondre à nos questions. L’ordre est celui du dépôt de candidature. Nous commençons avec Christian Lemaître qui se présente pour la liste ENSEMBLE ! L’Union au service des Français de Roumanie et de Moldavie.

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En quoi votre parcours en Roumanie nourrit-il votre candidature et que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l’étranger ?
Né en Touraine, j’ai étudié l’informatique en Bretagne, puis travaillé à Paris et passé trois ans à San Francisco. Je suis venu en Roumanie en 1996, en mission pour France Télécom à la demande du ministère du Commerce extérieur, lors de la vente des licences GSM par le gouvernement roumain.

Tombé amoureux de ce pays, et après avoir créé puis revendu plusieurs startups en France, j’ai saisi l’opportunité de m’installer en 2006 pour fonder la filiale d’Altran Technologies, leader mondial des services en ingénierie et R&D externalisées. J’ai rapidement pris des responsabilités associatives — vice-président de l’UFE — puis politiques comme adjoint et délégué de l’UMP en Roumanie. Cet engagement m’a conduit aux premières élections consulaires en 2014, où j’ai été élu conseiller consulaire. J’ai ensuite créé et revendu des startups à Paris et au Portugal dans la cybersécurité, et je travaille aujourd’hui dans une start-up dans l’intelligence artificielle. Je vis entre Bucarest et Paris.

Au fil des ans, j’ai vu la Roumanie se transformer grâce à son adhésion à l’Union européenne, sa modernisation et le dynamisme des investissements étrangers, notamment français. Membre de la CCIFER depuis mon arrivée, j’ai cofondé la French Tech avec Grégoire Vigroux, son président.

J’ai aussi observé l’évolution des besoins de nos compatriotes : arrivée massive de cadres expatriés, explosion du nombre d’étudiants français dans les universités roumaines, développement du Lycée français Anna de Noailles et création de l’École francophone internationale de Bucarest, installation de nombreux retraités. J’ai accompagné nos compatriotes durant les crises, notamment la pandémie – où notre rôle a été essentiel auprès des étudiants et retraités – et les crises économiques, en aidant de nombreux compatriotes à retrouver un emploi. Mon expérience entrepreneuriale m’a confronté aux réalités économiques concrètes, me permettant de mieux comprendre et d’aider nos compatriotes si nécessaire.

Pour moi, la mission d’un conseiller des Français de l’étranger dépasse les bourses scolaires, l’aide sociale et le soutien aux associations. Elle complète l’action consulaire dans des domaines comme les retraites, la fiscalité, la sécurité sociale, l’emploi, le logement, la création d’entreprise, ou les relations avec les autorités locales (police, justice, administration fiscale roumaine). Beaucoup de dossiers ont leur origine en France (CNAV, impôts, sécurité sociale, accès au droit) : notre rôle est alors d’orienter, débloquer et mobiliser les bons interlocuteurs.

Notre action est aussi nationale : il faut faire remonter les attentes de nos compatriotes à Paris. Élu à l’Assemblée des Français de l’étranger (à renouveler en juin), je porte les réformes attendues pour améliorer la vie quotidienne des expatriés. J’ai été nommé au Conseil national de l’aide juridictionnelle pour défendre le droit gratuit à une défense pour les Français de l’étranger, comme en métropole. À l’Assemblée, j’ai travaillé en commission des lois sur les violences sexistes et sexuelles, notamment intra-familiales, via un projet avec le Centre départemental d’aide aux victimes de Paris – un sujet complexe, aggravé à l’étranger et qui me tient à coeur.

En Moldavie, j’y ai travaillé en 2009 et y retourne pour accompagner des entrepreneurs locaux, avec l’objectif d’émerger une communauté French Tech.

 

Quelles mesures concrètes proposez-vous, quels sont les grands axes de votre programme ?
La liste ENSEMBLE !, que j’ai l’honneur de conduire, forme une équipe d’union pragmatique et expérimentée, soutenue par un large rassemblement du centre, de la droite et de mouvements écologistes responsables. Notre ambition est d’assurer une représentation efficace au service des Français de Roumanie et de Moldavie.

Notre programme repose sur une approche réaliste : agir concrètement via les réseaux et la coopération consulat–élus–associations–conseillers. C’est la méthode que j’applique depuis mes mandats — elle vaut mieux que des promesses irréalisables.

Nos priorités sont claires : défendre l’accès à l’enseignement français ; soutenir les entrepreneurs, notamment les EFE ; renforcer l’aide sociale ; adapter les bourses scolaires au coût de la vie locale par le biais d’un indice de pouvoir d’achat équitable ; préserver la qualité des services consulaires lors de leur dématérialisation sans sacrifier le contact humain ; et renforcer l’influence française ainsi que les liens franco‑roumains et franco‑moldaves.

Pour les retraités, faciliter la validation du certificat de vie via smartphone et garantir le financement pérenne de la CFE. Je porterai également le Pass Culture pour les jeunes Français de l’étranger, aligné sur les droits métropolitains.

 

Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?
Nos compatriotes sont confrontés à plusieurs préoccupations majeures : la perte de pouvoir d’achat liée à une inflation forte depuis trois ans, le contexte géopolitique régional particulièrement anxiogène, ainsi que l’accès à des soins de qualité en province.

Le changement climatique fait également partie des sujets de fond. Ses effets sont très visibles en Roumanie, où le climat a nettement évolué en vingt ans. Cela conforte chez moi des convictions écologistes anciennes, mais dans une approche concrète, pragmatique et non punitive.

Cela étant, le défi le plus sensible aujourd’hui est sans doute l’incertitude qui pèse sur l’avenir et le financement de notre enseignement français à l’étranger, y compris en Roumanie. Je soutiens les parents d’élèves, les enseignants, les directions des deux établissements et la Fondation dans leurs demandes de clarification et de transparence. L’objectif doit être clair : garantir un enseignement de qualité à un coût soutenable pour les familles.

C’est dans cet esprit que j’ai signé la motion d’urgence déposée à l’Assemblée des Français de l’étranger visant à annuler les décisions du dernier conseil d’administration de l’AEFE. Je soutiens aussi les travaux ministériels sur la réforme de l’Agence, ainsi que le rapport de la sénatrice Samantha Cazebonne attendu en juillet. Les élus y contribueront pour faire émerger un modèle de financement pérenne pour nos lycées

 

Comment envisagez-vous de promouvoir l’enseignement français et le bilinguisme, notamment pour les enfants de familles expatriées ou mixtes ?
Ces sujets sont au cœur de mon engagement : je siège à la fois au conseil des bourses scolaires et au conseil d’établissement du Lycée français Anna de Noailles. Le Lycée français est le vaisseau amiral de cet écosystème, avec plus d’un millier d’élèves français, roumains et internationaux. Les échanges avec les parents et les équipes éducatives sont constants ; les excellents résultats au baccalauréat témoignent de la qualité du travail accompli. La direction et la Fondation associent les élus aux réflexions concernant les familles.

L’École francophone internationale de Bucarest joue également un rôle important. Établissement récent et de grande qualité, homologué partenaire AEFE, elle poursuit son développement avec l’ouverture d’une classe de 6e à la rentrée. Là encore, le dialogue avec les élus est exemplaire.

Il existe naturellement une forte concentration des moyens à Bucarest, où vit près de la moitié de nos compatriotes, mais il ne faut pas oublier les familles en province. Les institutions françaises ont mis en place un plan École auquel les élus contribuent ponctuellement. La Roumanie dispose du plus grand réseau de filières bilingues francophones d’Europe, avec environ 25 parcours labellisés LabelFrancÉducation, qui valorise un enseignement renforcé du français et de disciplines non linguistiques en français.

L’Institut français de Roumanie, son réseau en province, les Alliances françaises et les associations FLAM font un travail remarquable pour la diffusion de la langue et de la culture françaises. Le Pass Culture pourrait être orienté vers le français et la francophonie pour les jeunes Français de l’étranger.

 

Comment comptez-vous renforcer le lien entre la communauté française et les acteurs locaux, culturels, économiques et éducatifs, dans les deux pays ?
En tant que secrétaire général de la French Tech locale, je constate chaque jour combien les passerelles entre la France et la Roumanie sont fertiles, notamment pour les entrepreneurs de la tech. Cette organisation, portée par une équipe très dynamique d’une quinzaine de membres, joue déjà un rôle moteur. Le succès de ses événements et la qualité de son réseau montrent l’utilité de ces liens. En Moldavie, nous rencontrons aussi les acteurs économiques locaux — notamment la chambre de commerce franco‑moldave — et accompagnons des entrepreneurs souhaitant lancer une communauté French Tech.

Je participe aux rencontres mensuelles de la CCIFER, qui créent des liens concrets entre acteurs locaux, PME et grands groupes français implantés en Roumanie. Je rencontre régulièrement les volontaires internationaux (VIE, VIA), qui contribuent fortement au lien franco‑roumain.

Les milliers d’étudiants français qui viennent étudier en Roumanie sont également un vecteur puissant de la relation entre nos deux pays. Je reste attentif à leurs besoins et à leurs sollicitations auxquels je réponds quasiment journalièrement ; leurs associations étudiantes sont très dynamiques.

Les consuls honoraires accomplissent un travail remarquable. Je continuerai à échanger et à les rencontrer régulièrement : ils représentent la France en province et sont essentiels pour nos compatriotes et pour les conseillers, notamment pour agir à distance. Je pense qu’ils devraient avoir plus de moyens et de délégations de services publics, j’essaierai de porter ce sujet à l’Assemblée des Français de l’étranger.

Je réfléchis aussi depuis longtemps à mieux relier les associations françaises de Roumanie et de Moldavie, sans logique hiérarchique. Et je proposerai l’organisation d’un conseil annuel réunissant ces associations et les institutions françaises.

Enfin, je crois au rôle du sport et de la culture dans le rapprochement des peuples. C’est pourquoi j’ai contribué au développement de la pétanque en Roumanie : ce sport populaire est fédérateur et véhicule des valeurs françaises. C’est pour moi un soft power de notre pays. Les excellents résultats obtenus participent à renforcer l’amitié franco‑roumaine. Nous organiserons prochainement un tournoi réunissant parents, élèves et associations françaises.

 

Comment comptez-vous améliorer l’accès des Français vivant en Roumanie et en Moldavie aux services consulaires ?
Les visites consulaires en province fonctionnent bien, et je soutiendrai toute initiative visant à améliorer l’accès aux services publics pour les Français éloignés des grandes villes.

La dématérialisation des services consulaires et le développement des démarches en ligne vont dans le bon sens — une évolution que je recommande depuis longtemps, sans doute parce que je suis ingénieur. Mais cette transition doit être accompagnée pédagogiquement, notamment pour les publics moins à l’aise avec les outils numériques. J’aide régulièrement nos concitoyens à comprendre et à utiliser ces dispositifs — qu’il s’agisse du vote électronique ou, demain, de l’identité numérique certifiée dont le déploiement est attendu pendant la prochaine mandature. Cette innovation facilitera le renouvellement des documents d’identité, la gestion des procurations, le vote et de nombreuses autres démarches administratives.

Cette modernisation doit permettre aux agents consulaires de consacrer davantage de temps à l’humain — à l’écoute et à l’accompagnement des usagers. Mais cela suppose de préserver les moyens du réseau consulaire. Nous devrons donc veiller à ce que les budgets de l’État restent à la hauteur, afin que les consulats conservent des agents au contact direct des Français. Je m’engage, ici comme à Paris si je suis réélu à l’Assemblée des Français de l’étranger, à défendre le maintien d’un niveau de service conforme aux attentes de nos compatriotes.

Je constate par ailleurs une baisse surprenante du nombre d’élèves boursiers. Une meilleure information des familles par les conseillers sur les dispositifs de bourses scolaires permettrait probablement d’améliorer l’accès aux droits des foyers modestes. Je m’y engage pleinement pour la prochaine mandature.

 

Comment renforcer la sécurité et l’information des Français résidant en Moldavie et en Roumanie, notamment dans un contexte régional parfois instable ?
L’ambassade et les membres de son conseil de sécurité, auquel j’assiste une fois par an, accomplissent un travail remarquable. En Roumanie, les îlotiers, ces bénévoles choisis parmi nos compatriotes, disposent d’une connaissance fine du terrain et joueront un rôle précieux en cas de crise.

La Roumanie demeure, à mes yeux, un pays sûr, sans risques majeurs autres que certains risques sismiques ou routiers, par rapport à bien d’autres pays européens. L’information diffusée par les autorités roumaines en matière d’alerte est d’ailleurs particulièrement efficace : chacun reçoit rapidement les messages utiles sur son téléphone mobile.

Mais la sécurité suppose aussi une bonne compréhension de l’environnement régional. C’est pourquoi je suis co-animateur d’un groupe de réflexion géostratégique francophone consacré aux enjeux de la mer Noire, et fondateur du Forum franco-roumain, qui réunit des élus roumains et français membres du Parti populaire européen. Cette implication me permet d’obtenir des informations utiles pour nos compatriotes et, le cas échéant, de les faire remonter à l’ambassade.

 

Votre liste est-elle soutenue par un parti ou une organisation politique ? Si oui, lequel ?
Ma liste est composée d’une équipe indépendante, au service exclusif de nos compatriotes en Roumanie et en Moldavie. En dehors de moi, un seul de mes colistiers est membre d’un mouvement politique.

Je revendique toutefois une démarche de rassemblement. Les soutiens que nous recevons témoignent, selon moi, de sérieux, de crédibilité et de capacité à agir dans l’intérêt général, y compris pour résoudre des dossiers complexes. ENSEMBLE ! incarne cette volonté d’union.

En seconde position figure Gabriela Buda, ingénieure et entrepreneuse franco‑roumaine, qui, après sa mission à Business France, s’est engagée à mes côtés pour partager son expérience en développement économique.

En troisième position, Marc Pascal Huot, chef d’entreprise et responsable de Renaissance en Roumanie, ami de longue date, engagé depuis trente ans dans le développement économique français en Roumanie, a joué un rôle essentiel dans la construction de cette union.

Notre liste rassemble des profils complémentaires : Andreea Popovici, franco‑roumaine bien connue de la communauté ; Vincent Briot, cadre financier présent en Roumanie depuis trente ans et très investi bénévolement ; ainsi qu’Anne‑Marie Tua, entrepreneuse engagée depuis plus de vingt ans dans le secteur des maisons à ossature bois.

Pour ma part, malgré des périodes parfois difficiles aujourd’hui dépassées, je suis resté fidèle à mes engagements politiques initiaux. J’avais rejoint Jacques Chirac en 1994 et je suis, depuis 2011, responsable des Républicains en Roumanie. Le logo de notre liste y fait d’ailleurs discrètement référence.

Les soutiens politiques de notre liste proviennent du centre et de la droite : Les Républicains, Renaissance, l’Alliance centriste, Nous France (Xavier Bertrand) et Nouvelle République. Des mouvements engagés pour l’environnement, la cause animale et le vivant nous soutiennent également : France Écologie, La France Naturellement, Les Universalistes et Le Trèfle.

J’aime le rassemblement, l’œcuménisme et le travail sur un dénominateur commun. Je crois à l’union pour l’action, pas à la division permanente. Dans la période que traverse notre pays, nous avons plus que jamais besoin d’unité, de sérieux et d’efficacité. Les affrontements quotidiens et les solutions simplistes abîment l’image de la politique. Pour moi, l’engagement public reste une véritable vocation. Il n’y a rien de plus important que d’être présent aux côtés de nos compatriotes, dans les moments difficiles comme dans les moments de réussite. C’est pour cela que je me représente.

Si je suis élu, je serai candidat en juin à l’Assemblée des Français de l’étranger. En revanche, j’ai choisi de rester à vos côtés : je ne serai pas candidat aux élections sénatoriales de septembre prochain.

En vous remerciant de nous avoir lu. Nous serons ravis de vous transmettre notre programme et de répondre à vos questions à l’adresse suivante : ensemble@conseillers-consulaires.org.

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