Le ministre des Investissements et des Projets européens, Dragoș Pîslaru, a annoncé vendredi que la Roumanie perdrait près de 459 millions d’euros dans le cadre de la troisième demande de paiement du plan de relance, en raison de réformes jugées tardives, incomplètes ou mal mises en œuvre ces dernières années.


Selon lui, l’évaluation transmise par la Commission européenne confirme que le pays a réussi à récupérer une partie des fonds initialement suspendus — environ 350 millions d’euros — mais qu’une somme importante reste définitivement perdue faute de progrès suffisants sur plusieurs engagements clés.
La demande avait été déposée fin 2023, à un moment où les réformes concernées auraient déjà dû être finalisées. Or, dès 2025, Bruxelles avait décidé de geler partiellement certains montants, estimant que plusieurs objectifs n’avaient pas été atteints de manière satisfaisante. Malgré un délai supplémentaire accordé pour corriger la situation et fournir des explications, quatre jalons essentiels n’ont pas été validés.
Le ministre a notamment pointé le dossier sensible des retraites spéciales, retardé à plusieurs reprises, ce qui a contribué à dépasser largement les échéances convenues. Sur ce volet, une partie importante des fonds a toutefois pu être récupérée.
En revanche, les résultats sont plus contrastés dans d’autres secteurs. Des progrès ont été enregistrés concernant la gouvernance de certaines entreprises publiques, permettant de débloquer une partie des financements. Mais dans l’énergie et les transports, les pertes restent significatives, en raison de réformes jugées insuffisantes ou trop tardives.
Dragoș Pîslaru a insisté sur un constat : lorsque la volonté politique existe, les fonds peuvent être sécurisés ; en revanche, les retards accumulés, notamment dans la réforme des entreprises d’État, se traduisent par des pertes financières importantes.
Il a également dénoncé des pratiques persistantes, critiquant la nomination de proches politiques à la tête d’entreprises publiques et le manque de transparence dans les processus de sélection. Selon lui, ces dérives nuisent à la crédibilité du pays auprès des institutions européennes.
Le ministre a attribué la responsabilité de ces pertes à une partie de la classe politique, accusée d’avoir freiné les réformes pour préserver ses intérêts. Il a évoqué des comportements opportunistes et un usage détourné des ressources publiques, estimant que ces choix auront des conséquences directes pour les citoyens.
En conclusion, il a averti que l’ensemble de la population devra supporter le coût de ces manquements, appelant implicitement à une prise de conscience face aux enjeux liés à la gestion des fonds européens et aux réformes structurelles.







