Le Parti national libéral (PNL), dirigé par Ilie Bolojan, et l’Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR), présidée par Kelemen Hunor, ont signé séparément des accords politiques avec le Premier ministre désigné Luca Niculescu. Les deux formations s’engagent à soutenir l’investiture de son gouvernement au Parlement, avec pour objectif de mettre fin à plusieurs mois d’intérim gouvernemental et de débloquer les décisions budgétaires urgentes.


Les accords prévoient notamment de permettre l’adoption d’une rectification budgétaire pour 2026 et du budget de l’État pour 2027, tout en assurant la stabilité des finances publiques.
Le PNL garantit cinq mois de soutien sous conditions
L’accord conclu entre le PNL et Luca Niculescu prévoit que les libéraux soutiendront le gouvernement pendant ses cinq premiers mois, jusqu’en mars 2027. Durant cette période, ils s’engagent à ne pas déposer de motion de censure ni à voter en faveur d’un tel texte, sauf si les principes et les engagements de l’accord, ou les règles de bonne gouvernance, ne sont pas respectés.
Le PNL conserve toutefois la possibilité de déposer des motions simples visant des ministres individuellement.
Le préambule de l’accord souligne les conséquences de la longue période d’intérim sur le fonctionnement des institutions, la gestion de la fin d’exercice budgétaire, le financement de la dette publique et la préparation du budget 2027.
Selon le document, la rectification budgétaire ne peut plus être repoussée sans entraîner de coûts administratifs et sociaux. Le maintien d’un gouvernement intérimaire compromet également la préparation d’un budget crédible pour l’année prochaine et la poursuite de la réduction des déséquilibres budgétaires.
Les signataires présentent donc la formation rapide d’un gouvernement de plein exercice comme une nécessité institutionnelle et économique.
Le PNL précise néanmoins que cet accord ne constitue pas un pacte de coalition formel. Il ne limite pas la liberté du parti de soutenir ou de rejeter au cas par cas les projets et les mesures de l’exécutif. Le soutien à l’investiture ne vaut donc pas approbation automatique de l’ensemble des décisions futures du gouvernement.
En contrepartie, Luca Niculescu s’engage à ramener le déficit budgétaire à 5,3 % du PIB en 2027, conformément aux objectifs associés au Plan national de relance et de résilience (PNRR).
L’UDMR conditionne son soutien aux droits des minorités et aux budgets locaux
L’UDMR a également signé un accord politique avec Luca Niculescu. Le parti votera en faveur du gouvernement sans participer directement à l’exécutif ni obtenir de portefeuilles ministériels.
Son président, Kelemen Hunor, a précisé que ce soutien reposait sur plusieurs engagements, notamment le respect des droits des minorités et le développement de l’enseignement en langue hongroise.
L’UDMR demande que les enfants puissent suivre leur scolarité dans leur langue maternelle, de la maternelle à l’université, avec des financements suffisants, des enseignants en nombre adéquat et des manuels en hongrois. Le parti réclame également un soutien public aux institutions culturelles des minorités.
Sur le plan économique, l’accord porte sur le soutien à la rectification budgétaire de cette année et l’adoption du budget 2027. Kelemen Hunor insiste sur la nécessité de garantir aux administrations locales les ressources indispensables à leur fonctionnement et de maintenir les investissements susceptibles de stimuler l’économie.
Le dirigeant de l’UDMR a indiqué que l’accord avait recueilli un soutien presque unanime au sein de son parti, avec une seule abstention et aucun vote contre.
Il a également mis en garde contre les conséquences d’un nouveau retard dans la formation du gouvernement, notamment pour le financement des services publics et la préparation de l’hiver. La hausse des prix de l’énergie, dans un contexte marqué par les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, rend selon lui indispensable la mise en place de mesures de protection pour les ménages les plus vulnérables.
Kelemen Hunor estime que la Roumanie ne peut se permettre de perdre davantage de temps et que le cabinet de Luca Niculescu doit pouvoir proposer une autre orientation que celle du gouvernement renversé en mai.
Les accords conclus avec le PNL et l’UDMR offrent ainsi au Premier ministre désigné un soutien parlementaire conditionnel. Leur portée dépendra toutefois du respect des engagements budgétaires, économiques et politiques négociés avec les deux formations.







