Le 8 avril, le président roumain Nicușor Dan a présenté une série de décisions majeures concernant la direction des principales institutions du parquet, tout en élargissant son intervention aux défis du système judiciaire et au contexte politique actuel.


Il a confirmé avoir signé les décrets de nomination de nouveaux responsables à la tête du parquet général, de la Direction nationale anticorruption et de la DIICOT, dont les mandats débuteront mi-avril.
D’autres postes de direction ont également été pourvus, avec des prises de fonction échelonnées jusqu’à la fin juin, tandis qu’une candidature a été écartée.
Le chef de l’État a insisté sur le fait que ces choix reposent avant tout sur des critères de compétence et d’engagement personnel. Il a appelé à un changement de rythme au sein du ministère public, estimant nécessaire de renouveler les pratiques pour améliorer l’efficacité des institutions. Selon lui, les premiers résultats devraient être perceptibles dans les mois à venir.
Répondant aux spéculations, Nicușor Dan a catégoriquement exclu toute influence politique dans ces nominations. Il a assuré que le processus était engagé depuis plusieurs mois, indépendamment des tensions actuelles entre les partis au pouvoir.
Dans le même temps, il a reconnu certaines limites du système judiciaire, évoquant notamment un manque de visibilité dans la lutte contre la grande corruption et des difficultés internes liées à l’organisation, aux ressources ou encore à la communication avec le public. Il a également souligné que de nombreux procureurs restent accaparés par des affaires de routine, au détriment des dossiers les plus importants.
Le président a pris la défense de la nouvelle procureure générale, dont il a salué l’expérience et les résultats, rejetant les critiques dont elle a fait l’objet. Il a dénoncé, à cette occasion, le manque de mécanismes permettant aux magistrats de répondre publiquement aux accusations dont ils peuvent être la cible.
Abordant d’autres sujets sensibles, il a appelé à une approche plus efficace dans la lutte contre le trafic de drogue, en ciblant davantage les réseaux organisés plutôt que les simples consommateurs. Il a aussi évoqué le dossier des vaccins, plaidant pour davantage de transparence et pour une clarification des responsabilités financières.
Le rôle du Service roumain de renseignement a également été précisé : l’institution collecte des informations relevant de la sécurité nationale, tandis que les enquêtes pénales relèvent exclusivement des procureurs, dans un cadre strictement séparé.
Enfin, Nicușor Dan a refusé de commenter les scénarios politiques en cours, rappelant sa position de garant de l’équilibre institutionnel. Il a néanmoins évoqué les difficultés de prise de décision au niveau européen et réaffirmé sa volonté de poursuivre les réformes du système judiciaire.
En conclusion, le président a assumé ses choix, tout en reconnaissant qu’ils seront jugés sur leurs résultats à moyen terme. L’objectif affiché reste de renforcer la crédibilité de la justice et de restaurer la confiance des citoyens.







