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Le gouvernement parallèle conditionne des négociations avec la junte

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 03/05/2021 à 22:00 | Mis à jour le 03/05/2021 à 22:00
Photo : Le president indonésien Jokowi lors du sommet spécial de l'Asean sur la Birmanie le 24 avril 2021
Asean Myanmar sommet recommandations Nug rejet

En milieu de semaine dernière, le gouvernement d’unité nationale (National Unity Government - Nug), gouvernement birman parallèle non-reconnu au niveau international mais accepté par le groupe de députés élus en novembre dernier qui a créé un parlement également parallèle (CRPH), a rejeté l’idée de pourparlers avec les militaires qui se sont emparés du pouvoir le 1er février dernier tant que ces derniers n’auront pas libéré l’ensemble des dirigeants civils actuellement en détention, dont bien sur l’ex-président U Win Myint et l’ex-conseillère d’état Daw Aung San Suu Kyi. Ces pourparlers constituaient la pierre angulaire de l’accord proposé par l’Association des nations du Sud-Est (Asean).

Le nug, annoncé le 16 avril 2021, a fait savoir à l’Asean qu’il n’entamerait aucun dialogue avec les généraux tant que les dirigeants précédents ne seraient pas tous libres de leurs mouvements et tant que les autres membres de l’Asean ne le reconnaîtraient pas comme le gouvernement légitime de la Birmanie. « Nous considérons que des pourparlers fructueux sont uniquement possibles si nos dirigeants sont libres ». En conséquence les autres points du plan seront certainement eux aussi rejetés par l’un ou l’autre des protagonistes. Le général Min Aung Hlaing a d’ailleurs déjà lui aussi bloqué l’un de ces points - la venue en Birmanie d’un envoyé spécial et d’une délégation représentant l’Asean – en le conditionnant au retour « de la stabilité interne du pays ».

Myint Oo, un député de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) élu en novembre dernier, a lui usé d’un langage bien moins diplomatique en affirmant que « la crise en Birmanie ne sera pas résolue par des recommandations de l’Asean et que d’ailleurs le plan en cinq points était une insulte aux protestataires pacifiques ». Ne cachant pas sa colère, il s’est offusqué que « l’Asean réclame la fin des violences de la part des deux camps, comme si les protestataires pacifiques étaient violents ! ».

Le fait est cependant, comme tous les témoins locaux ont pu le constater, que si les premières et sans doute les plus fortes manifestations ont commencé tout à fait pacifiquement, ce calme et cette dignité ont volé en éclat après quelques jours et des militants armés ont commencé à apparaître aux cotés des pacifistes. Même si ces éléments étaient mal armés et mal coordonnés et même si de manière évidente et inacceptable les forces de l’ordre en face ont fait usage régulièrement d’armes létales disproportionnées, il n’en reste pas moins qu’il y a eu violence des deux côtés et que les bombes artisanales qui explosent désormais dans Yangon ou Mandalay sont potentiellement mortelles bien que n’ayant pour l’instant fait aucun mort. Sachant cela, l’Asean ne pouvait pas espérer ouvrir une quelconque action avec Min Aung Hlaing sans reconnaître la réalité du terrain, même si les premières violences à faire cesser sont celles des militaires.

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