

Vivant entre Berlin et le Luxembourg depuis 2012, la critique de cinéma et consultante en rédaction de scénario, Amélie Vrla, anime également un blog hébergé sur le site de RFI, Mondoblog. « Dans quel état j'erre », c'est avant tout une histoire d'émotions, liées plus ou moins à Berlin et dans lesquelles on s'y retrouve ou pas. Rencontrée au Bateau Ivre, un des premiers cafés berlinois découvert par la blogueuse et où elle aime venir y trouver de l'inspiration, Amélie a accepté de nous en dire plus sur son blog et parcours.
De nombreux blogueurs français installés à Berlin nous font régulièrement part de leur propre expérience berlinoise, que ce soit la quête des lieux underground et abandonnés, le partage de bons plans, et endroits à connaître absolument ou l'étalage d'une vie berlinoise tumultueuse, partagée entre le syndrome de Peter Pan et l'envie d'évoluer en dehors du monde des clubs.
Ce n'est pas ce genre de récits que vous trouverez sur le blog d'Amélie. Ses principales passions sont la lecture et l'écriture. Pour coller à ce qu'elle aime faire, la parisienne d'origine, a fait le choix pour son blog de nous amener dans les abysses de ses émotions, intimement liées à Berlin tout de même.
Et pour trouver de l'inspiration et actualiser son blog eux à trois fois par semaine, la blogueuse s'inspire aussi de sa vie de tous les jours mais de façon très indirecte. "Tout ce que j'écris reste très personnel mais je ne souhaite pas étaler ma vie, les textes parlent donc plus d'une émotion dans laquelle certaine personne peuvent s'identifier ou pas, commente-t-elle avant d'ajouter le sourire aux lèvres, "des amis me disent souvent : "J"ai rien compris à ton dernier post mais tu n'as pas l'air d'aller bien » !".
C'est en effet pas toujours facile de comprendre les références auxquelles fait allusion Amélie, tant elles peuvent parfois être personnelles mais la force de ce blog se situe avant tout dans le style d'écriture, poétique et très imagé, laissant libre court aux lecteurs d'imaginer ce qu'ils souhaitent. "Cela dépend des sujets mais c'est surtout de l' espoir qui est transmis dans mes textes, poursuit le jeune femme de 31 ans, lorsque quelque chose me marque, j'y réfléchis et vois si cela vaut la peine d'être partagé". Ainsi son dernier post concernant un « déménagement fantôme » s'inspire de son propre déménagement sans pour autant y faire référence explicitement, cela aurait pu être celui de toute personne devant se séparer de son appartement le temps de travaux. Même si parfois assez distant, le rapport à Berlin y est également toujours présent. « Das ist kunst oder kann das weg ?» (C'est de l'art ou cela peut être jeté ? ») est très certainement une question assez propre à Berlin où l'art est un peu tout et n'importe quoi.
L'indépendance et le « multijobs » comme choix de vie
La vie à Berlin permet (encore) à grand nombre de personnes de choisir son mode et rythme de vie. C'est une des raisons qui a poussé Amélie à partager sa vie entre le Luxembourg et la capitale allemande. Cela et...l'amour. "Lorsque je travaillais à Luxembourg, je voyageais tous les week-ends dans un pays différent, confie-t-elle, je me suis également rendue à Berlin car je travaillais avec l'acteur et Comédien, Lars Eidinger et je suis complètement tombée amoureuse de Berlin mais aussi d'un Allemand". Commencent alors les aller-retours entre le Luxembourg et Berlin. "Je me suis rendue compte que je ne souhaitais plus vivre à Paris, je m'étais mise à mon propre compte au Luxembourg, Berlin était vraiment l'endroit où j'avais envie d'être également car, si on parle allemand et que l'on a les bons contacts, elle offre un cadre de vie assez exceptionnelle pour les artistes", explique la critique cinéma.

Photo prise de la manifestation "Littérature sur le Ring", organisée par l'association Un Zèbre sur la langue
Née à Paris, c'est au Luxembourg qu'Amélie passe toute son enfance. Le retour dans la capitale française aura lieu au moment des études supérieures. Hypokhâgneuse de formation, c'est ensuite à la Sorbonne que la jeune étudiante poursuit ses études de Lettres. "J'ai toujours aimé lire et écrire, confie-t-elle, une passion transmise par ma mère, très vite mon rêve a été de devenir critique de cinéma". Pour tenter se rapprocher de cet objectif, la parisienne aux influences tchèques par son père, réalise un master en média avant de s 'envoler pour New-York où elle y effectue un an de formation à la New-York Filmacademy. "Le programme de cette école est un concentré de la New-York University (prestigieuse et onéreuse école de cinéma, ndlr) mais en beaucoup moins chère, dit-elle en riant, cette année a été très enrichissante et j'ai beaucoup appris car les Américains ont une approche de la réalisation de scénarii très structurée".

Rentrée en 2009 à Paris, touchée alors de plein fouet par la crise, elle décide finalement de retourner sur ses terres de jeunesse où elle trouve facilement un travail au sein d'Iris Production. Petite société de production de films dans laquelle l'apprentie touche un peu à tout et surtout se créée son réseau. "Après trois ans, j'avais la sensation d'avoir fait le tour de la boîte et souhaitais me consacrer à ce que je préférais faire, l'écriture et le développement de scénarii, raconte l'écrivaine, j'ai alors commencé à travailler comme indépendante avec différents réalisateurs et producteurs, qui me confient des projets".
A coté de ce travail situé au début de la chaîne cinématographique, la Berlinoise d'adoption se retrouve régulièrement de l'autre côté de la barrière en endossant son costume de critique cinéma pour l'hebdomadaire « Jeudi » avec lequel elle collabore régulièrement depuis janvier 2013. La boucle se boucle alors et le rêve d'enfance se concrétise doucement. "Cette double casquette est très intéressante car d'un côte, j'ai encore un pouvoir d'action sur le développement futur d'un film et de l'autre, je juge un produit fini, s'amuse Amélie, par contre, par respect pour le travail de réalisation, je ne descends jamais un film comme certains critiques cinéma et, évidemment, je ne suis jamais juge des films sur lesquels j'ai travaillé".
Pour compléter ce tableau professionnel déjà bien dense, la Française donne également des cours de français sur skype à des suisses.
"J'aime réellement tout ce que je fais mais parfois, je me rends compte que je n'ai vu personne de la journée autrement qu'au travers de mon écran et c'est un peu pesant" . Amélie serait-elle atteinte de la maladie des Freelancers ? Certainement...
Et pour s'aérer l'esprit et rencontrer physiquement des personnes, c'est au bateau ivre, du côté du canal de Kreuzberg ou dans la salle obscure indépendante « Moviemento » que la jeune femme va traîner ces guêtres.
"J'ai également le projet de mettre en scène, avec une amie américaine, des pièces de théâtres et de courts textes que j'ai écrits". Une activité de plus à son arc qui, pour le coup, l'obligera à être au contact du public.
Anaïs Gontier (www.lepetitjournal.com/Berlin) jeudi 19 mars 2015
Savoir plus :
Blog : http://etageres.mondoblog.org/
Amélie Vrla a également co-écrit et publié un livre :
ROMAIN GARY, ÉMILE AJAR, Regards croisés
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=42208
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