

Si vous avez déjà passé la porte du bistrot Le Bateau Ivre, alors vous avez certainement déjà vu l'univers de Catherine Grigull qui y a réalisé toute la décoration intérieure. Forte de cette première expérience réussie, elle décidé en 1996 de se lancer et de créer sa petite manufacture Loupiotte. Depuis cette date elle imagine et fabrique des lampes au design très épuré.
Lepetitjournal.com/Berlin - Comment a débuté l'aventure de Loupiotte ?
Catherine Grigull -:Je suis arrivée à Berlin en 1982 avec un projet de bistrot qui existe toujours : le bateau ivre dans le quartier de Kreuzberg. Faute de budgets, j'ai chiné dans les marchés aux puces pour trouver les tables et chaises du bistrot et j'ai réalisé moi-même toute la décoration intérieure dont les lampes. Mes premières lampes y sont toujours accrochées. Depuis de nombreux autres bistrots se sont inspirés de notre style. En 1996, j'ai décidé de transformer ma passion pour la décoration d'intérieur en métier et j'ai créé l'atelier Loupiotte.
Et d'où vous est venu le nom de « Loupiotte » ?
J'ai depuis toujours eu des amis français et c'est avec un Français que j'ai ouvert le Le Bateau Ivre, qui en est encore le gérant. J'ai autour de moi beaucoup d'artistes français, certains sont même des clients et pour la plus part des amis. J'ai donc une connexion particulière avec votre pays. Quant au nom Loupiotte, c'est un ami français Jean-M qui me l'a trouvé.
Parlez-moi de votre projet. Comment fabriquez-vous ces lampes ?
Vous êtes ici dans mon atelier et mon Show-room. Les visiteurs peuvent me voir à l'?uvre. Tout est visible, il n'y a aucun secret de fabrication ! Je conceptualise, développe et fabrique mes lampes en petites séries de 50 unités maximum. Les prototypes sont exposés ici et je fais également du sur-mesure pour des projets particuliers. Lampes murales, sur pieds, de chevet et une petite dizaine de collections telles que Ballhaus, Deco, Frawashi, la palette est large mais la marque de fabrication toujours présente !
Et quel type de matériaux utilisez-vous ?
Mes lampes ont beaucoup évolué en près de 20 ans! Les deux principaux composants sont du papier et de l'acier. Pour la réalisation, j'utilise du papier japonais washi, qui est fabriqué de façon encore quasi artisanale au Japon. C'est un papier aux longues fibres issues du mûrier à papier, qui sont entrelacées. Il est apprécié pour sa légèreté, sa flexibilité et sa solidité. Sa couleur qui est très blanche mais pas froide. Il est idéal pour permettre la diffusion de la lumière tamisée ou au contraire d'offrir une grande luminosité. Quant à l'armature de mes lampes, c'est un artisan métallurgiste qui réalise cadres et tiges. Et pour les pieds j'utilise de vraies pierres. Ce sont ces matériaux à la fois bruts et élégants qui font tout la particularité de mes lampes. Des lignes pures et harmonieuses pour donner une impression d'élégance.
Que faisiez-vous avant de réaliser des luminaires ?
Avant d'être artisan, j'étais artiste ! Je dansais, faisais de l'acrobatie et du théâtre. J'ai suivi un temps la compagnie catalane La Fura dels Baus dans ses créations de spectacle de rues et de théâtre. Je n'ai d'ailleurs pas complétement arrêté, puisque je continue à chanter dans un groupe qui s'appelle « Die kleine Kapelle ».
Comment définiriez-vous la clientèle à Berlin ?
Ici dans ce Kiez de Kreuzberg, la clientèle est très variée. Il y a des gens qui économisent vraiment pour s'offrir une lampe d'autres qui commandent en 30 secondes par internet. J'ai beaucoup de médecins, d'architectes et de restaurateurs parmi mes clients qui aiment le style très pur de mes lampes pour a décoration souvent minimaliste de leurs cabinets, bureaux ou clubs.
Comment voyez-vous l'avenir ?
Berlin est l'une des villes les plus attirantes au monde ! Beaucoup d'allemands et d'étrangers qui aspirent à une bonne qualité de vie veulent venir s'installer ici. Mais cela bouleverse aussi la ville qui devient plus bourgeoise, plus riche mais moins bohème. Pour mon activité s'est bien, mais je ne souhaiterais pas que Berlin perde son âme artistique non plus !
Propos recueillis par Florence Diette (lepetitjournal.com/Berlin) mardi 18 novembre 2014
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