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ELECTIONS CONSULAIRES - Rencontre avec Ludovic Tessier et Christèle Auroux, tête et 2e tête de liste "citoyenne démocrate pour le Nord et l'Est de l'Allemagne!"

Écrit par Lepetitjournal Berlin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 mai 2014

Le 25 mai 2014, les Français d'Allemagne sont invités à se rendre aux urnes pour élire leurs conseillers consulaires. Quatre listes sont candidates dans la circonscription de Berlin et Hambourg. Lepetitjournal.com/Berlin est allé à la rencontre des candidats en tête de liste et de leurs colistiers pour certaines. Lors de cette troisième interview, nous avons rencontré Ludovic Tessier, tête de la liste "citoyenne démocrate pour le Nord et l'Est de l'Allemagne", ainsi qu'une des colistiers Christelle Auroux, 2e tête de liste dans leur café habituel, le café Örly à Kreuzberg

Lepetitjournal.com/Berlin ? Pourquoi avoir choisi le nom de « Liste citoyenne démocrate » ?
Ludovic Tessier - Nous souhaitons créer une rupture et de ce fait, proposer une liste citoyenne. Nous présentons une grande disparité de profils dont une partie des colistiers ne sont pas encartés. Et nous sommes également une liste démocrate car d'une part, l'autre partie des colistiers sont des personnes issues du mouvement démocrate et d'autre part, car nous souhaitons porter les valeurs de la démocratie, entendue dans un sens direct et local et dans sa culture du consensus. Nous avons également voulu appuyer le rôle de proximité d'un conseiller consulaire car nous pensons qu'il y a des manques flagrants à ce niveau, notamment dans les services proposés au Français de l'étranger de Berlin. Dans notre programme, nous portons l'idée de rassemblement, de cohésion et de participation.

Christèle Auroux - On a utilisé le mot citoyen car les autres listes, qui se présentent dans la 1ere circonscription, ont toutes un grand parti politique français qui les soutiennent, comme le Parti socialiste ou encore l'UMP. Nous, notre rôle à un niveau local, ce n'est pas de présenter ou représenter un parti et de faire de la politique française.

Vous l'avez dit, une partie des colistiers défendent les idées politiques du Modem, pourquoi ne pas avoir affiché leur soutien ?
L.T.- Nous ne l'avons pas demandé. Nous souhaitons baser notre liste sur des valeurs de démocratie locale. Et, même si c'est le fer de lance du Modem et que nous ne pouvons pas faire une rupture complète, nous avons effectivement décidé de nous présenter sans le soutien d'un grand parti. Nous pensons également qu'une liste affichant un engagement partisan, à une échelle locale et concernant des fonctions purement consultatives, a de fortes chances d'être corrompue et que ses ressources peuvent être récupérées d'une façon ou d'une autre. Elles ne peuvent donc se revendiquer d'une totale indépendance.

C.A. - Effectivement, ce choix, nous l'avons fait également pour des raisons d'indépendance. Je suis moi-même sorti du Modem pour ces raisons. Je suis restée sympathisante mais ne suis plus adhérente afin de ne pas être liée à une politique franco-française. Et les adhérents du Modem qui sont sur la liste, ne sont pas actifs à un niveau national mais plus à une échelle locale et européenne.

Ludovic Tessier, pourquoi avoir choisi d'être tête de liste et quel est votre ancrage à la vie locale française de Berlin ?
J'ai rejoint le groupe berlinois du mouvement démocrate à l'occasion de la venue de Denis Badré (Sénateur Modem des Hauts-de-Seine venu pour les présidentiels). Puis j'ai pris le relaie, avec Christelle et Matthieu, de Jean-Marie Langlet à Berlin et me suis rendu compte de l'importance du rôle de conseiller consulaire. Ayant une longue expérience dans le monde associatif, je pense que c'est un rôle qui me convient car c'est justement à la frontière entre l'associatif, la politique et le consulaire. Lorsque nous avons débattu sur qui serait tête de liste, la décision s'est portée sur moi car je vis à plein temps sur Berlin ce qui n'est pas le cas de Christelle et Vincent (2e et 3e têtes de liste). Et comme nous prenons tous sur notre temps libre, donc en dehors des heures de travail et de la vie de famille, il fallait une personne disponible sur place. En ce qui concerne l'ancrage, j'ai réalisé un parcours universitaire à Berlin ce qui m'a aidé à entrer dans la vie professionnelle allemande et à tisser des contacts tant dans le milieu des étudiants que des jeunes actifs de Berlin. Après je ne pense pas que le réseautage soit primordial. Il en faut mais pas trop. A l'heure actuelle, la culture du conseil consulaire se base quasi exclusivement sur le réseautage ce qui engendre une communauté de Français à Berlin qui s'élisent les uns les autres, se conseillent les uns les autres. Le risque est alors de ne plus raisonner au-delà de son environnement socio-professionnel et économique.

Quels sont, dans ce cas, vos moyens d'action pour faire valoir votre programme ?
L. T. - Dans les programmes des autres listes, il y a de grandes promesses qui demandent beaucoup de moyens et de ressources allant bien au delà du rôle du conseiller consulaire. Il ne faut pas promettre des choses qui relèvent des compétences du conseiller AFE ou du député ou sénateur des Français de l'étranger. Pour faire du consultatif et de l'informatif, l'indemnité donnée (280 euros/mois) est largement suffisante pour maintenir un blog, organiser des réunions publiques ou toutes autres actions locales. Mieux vaut se concentrer sur l'essentiel et rester dans les frontières du mandat, qui peut sembler restreint mais avec lequel, en réalité, on peut entreprendre beaucoup comme, par exemple ; siéger au conseil des bourses, aux conseils d'établissement, proposer et faire remonter les informations...

C. A. - Même si je ne suis pas tête de liste, je suis en relation avec Jean-Marie Langlet depuis 2007. Les quatre personnes les plus actives sur la liste citoyennes démocrates, deux à Berlin et deux à Hambourg, ont un vécu qui nous permet de participer aux commissions des bourses et aux conseil d'établissement. Nous connaissons donc assez de personnes compétentes pour faire remonter les problèmes et notre réseau dépasse les frontières du franco-français.

Votre programme se décline en quatre axes, citoyenneté, proximité, enseignement et transparence, pourquoi ceux-ci ?
L.T.- Nous avons consulté les colistiers afin de faire remonter les problèmes et, nous nous sommes assurés que le rôle de conseiller consulaire pouvait pallier à ces dysfonctionnements. On a établi notre programme, notamment pour la partie enseignement, en fonction du problème entre l'offre et la demande. A Berlin, il y a une poignée d'écoles européennes, un lycée et collège français dont l'inscription est chère (550 euros/mois) et face à cela , il y a 40.000 Français. Tous les enfants, qui n'ont pas eu de place, sont scolarisés dans le système allemand. Pour certaines familles, préférant intégrer leurs enfants à la vie et au système allemand, cela ne pose pas de problèmes mais pour d'autres, l'éducation bilingue est importante en terme de capital culturel et, elles se retrouvent, pour une partie, confronter aux listes d'attentes et au système de tirage au sort. Nous sommes évidemment pour l'intégration des jeunes dans le système allemand mais nous souhaitons également encourager le développement du programme Flam, (un dispositif de soutien à la langue et culture francophone subventionné par l'état), les programmes bilingues alternatifs, comme proposés dans les écoles européennes allemandes ainsi que la plus grande diversité des élèves ayant la chance d'intégrer le collège et lycée français. Pour ce dernier point, il faudra lever l'opacité de gestion de ces établissements français.

Vous parlez de « Garantir la transparence entre les Français et les conseillers consulaires», pouvez-vous développer ?
L.T. - Lorsque nous avons participé à des conseils d'établissement ou a des commissions des bourses, nous avons fait le constat qu' il n'y avait pas de transparence du tout. Aucun effort n'est fait pour informer les citoyens sur la culture du conseil consulaire et, il n'y a pas assez de pressions pour que les dossiers soient traités de manière plus transparente. Certaines décisions sont prises sans que personne ne sache d'où elles sortent comme c'est souvent le cas à l'école Voltaire. Nous notons également un manque de transparence dans les services offerts aux Français et sur le travail des anciens conseillers AFE. Comment les indemnités sont-elles dépensées ? Comment l'emploi du temps est-il géré ? Nous souhaitons pousser à plus de transparence en publiant les comptes-rendus des activités, en créant un site qui sera aussi un forum citoyen. Tout ce qui peut être rendu public, sera rendu public comme la façon dont sont dépensées les indemnités, dont les ressources sont utilisées. Les technologies de communication seront mis à disposition pour plus cela.

C.A. - On ne souhaite évidemment pas dévoiler le contenu des dossiers de bourse mais on peut, par exemple, dire combien de personnes ont eu leur bourse en fonction des demandes.

Vous parlez d'utiliser les nouvelles technologies comme moyen de communication mais vous-même, Ludovic Tessier, vous n'êtes pas présent sur Facebook et twitter ?
L.T. - C'est vrai. On a décidé de consacrer nos ressources en temps au site plutôt que de gérer des comptes twitter ou facebook car tout le monde n'en possède pas un et ce sont des choses gourmandes en temps. On ne peut pas tout faire. Le site et le forum citoyen seront en place, que l'on soit élus ou pas, quant à twitter et Facebook, on gèrera en temps voulu.

Mais vous revendiquez vouloir toucher les Français qui sont en dehors des réseaux franco-français, ne pas utiliser le réseau social facebook n'est-il pas en contradiction avec cette idée ?
L.T. - Je ne suis pas sûr qu'ils soient sur Facebook, ils sont sur l'internet mais pas obligatoirement sur les réseaux sociaux.

C.A. - Facebook, c'est une culture messenger. Lorsque l'on veut retrouver une information sur ce réseau social, c'est compliqué. L'avantage du site, c'est de pouvoir mieux sélectionner les informations et permettre un accès direct.

Comment comptez-vous atteindre ces personnes hors réseaux franco-français ?
L.T. - Par l'organisation de nombreuses réunions publiques, en assurant une permanence ainsi qu' une présence autour des événements de la francophonie, au sein des associations locales francophones, dans les Europaschule et en allant physiquement à la rencontre des personnes, notamment au travers des réunions publiques. Je pense, en me basant sur mon expérience, que le bouche à oreille fonctionne aussi très bien. Si les personnes se sentent aidées et qu'elles nous voient participer aux événements locaux tels que les soirées pétanques ou les Stammtisch, il n'y a pas besoin de faire du démarchage outre-mesure. Certaines actions, comme participer à des activités locales ou faire du terrain, peuvent paraître ingrates lorsque l'on a d'autres ambitions politiques. Cela n'a pas été beaucoup fait ces dernières années ce qui expliquerait que peu de Français s'intéressent à la culture consulaire. Il faut plus que de simples visites. Je prends l'exemple des heures de consultations proposées par Monsieur Loiseau à Berlin, c'est mercredi entre 14 et 15h, un créneau horaire qui convient à peu de monde.

Et quelle est votre proposition à ce sujet?
L.T. - Il faut s'adapter aux horaires de travail de personnes. Nous souhaitons mettre à disposition le forum et proposer des consultations non basées sur un horaire générique mais au cas par cas. Il s'agit d'être plus flexible. Pour cela, nous donnerons la possibilité aux personnes de nous contacter directement. Ce mode de fonctionnement sera élargi à la circonscription, dans les cinq villes où nous sommes présents. On sera aussi prêt à se déplacer si les personnes n'habitent pas ces grandes villes, c'est à cela que sert l'indemnité. Mais en revanche, je ne partirai pas en tournée consulaire, comme c'est actuellement le cas, car nous avons une présence consulaire dans les principales villes de la circonscription et nous préférons adopter un mode de fonctionnement collégial. Si je suis élu, ce sera une victoire de la liste et non d'une personne.

C. A.- Ce qui est sûr, c'est que nous n'aurons pas de bureau avec des horaires fixes. Ce sera réellement en fonction des besoins et la rencontre peut se faire dans un café comme celui-ci. Nous sommes onze personnes et nous travaillons toujours dans le consensus. Même si cela amène à de longues discussions, nous arrivons toujours à trouver un accord. Notre répartition en temps consacré à la fonction se fera en fonction des emplois du temps et situations familiales de chacun. On peut reprocher à Jean-marie Langlet de ne pas avoir été assez présent sur Berlin mais il nous a appris à travailler en équipe et nous, nous étions présents dans la capitale allemande.

Concernant la position de certains de vos colistiers, favorables à la fermeture de la Maison de France, quelle est votre position Monsieur Tessier ?
La fermeture éventuelle de l'institut français sur le site actuel a provoqué un profond débat l'année dernière. Au-delà des coûts engendrés pour maintenir le bâtiment en état, la question a soulevé des réactions culturelles et émotionnelles, ceci dans le contexte est-ouest si particulier de Berlin. Si le débat devait s'ouvrir de nouveau, nous prendrions l'avis de nos concitoyens quant à l'utilité réelle de cette institution pour les français de Berlin et le niveau de désagrément escompté d'un déménagement de l'Institut Français dans les locaux de Ambassade.

Propos recueillis par Anaïs Gontier (lepetitjournal.com/Berlin) mardi 13 mai 2014

Savoir plus :

http://www.citoyens-democrates.eu/

A relire :

Les élections consulaires, mode d'emploi

Elections consulaires : Rencontre avec les colistiers de la liste "Francais d'Allemagne la dynamique citoyenne"

http://www.lepetitjournal.com/berlin/communaute/184432-elections-consulaires-rencontre-avec-ronan-le-gleut-tete-de-liste-union-de-la-droite-et-du-centre-ump-udi-au-service-de-l-amitie-franco-allemande

 

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Publié le 12 mai 2014, mis à jour le 13 mai 2014
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