

Franz Schulz, le maire de Kreuzberg-Friedrichshain, a confirmé il y a quelques jours qu'une partie du mur, situé sur la Mühlenstrasse, serait démolie afin de construire ou reconstruire le pont Bommybrücke, détruit pendant la seconde guerre mondiale. Cette annonce soulève de nombreuses contestations menées entre autre par le collectif Mediaspree Versenken, qui affirme que ce projet aurait, en réalité, pour objectif de favoriser la construction d'un immeuble de luxe au bord de la Spree. Une conférence de presse était organisée hier par plusieurs initiatives afin d'exposer les raisons de leur combat contre ce projet.
Depuis plusieurs jours, une pétition intitulée "East Side Gallery Retten ! Keine Luxuxwohnbebauung auf dem ehemaligen Toddestreifen" (Sauver l'East Side Gallery ! Pas d'urbanisations luxueuses sur l'ancienne zone de la mort) tourne sur les réseaux sociaux dans le but de mobiliser les Berlinois contre la démolition de plusieurs mètres du plus long bout du mur (1,3 km), conservé pour la mémoire. Trois associations, le collectif Mediaspree Versenken, le club commission (réunissant tous les clubs de Berlin), la Künstlerinitiative East Side Gallery (association des artistes qui ont peint et continuent de restaurer le mur) ainsi que de nombreux autres clubs se sont regroupés pour mener un combat de front contre le Sénat et la mairie de Kreuzberg-Friedrichshain, et tenter d'empêcher l'aboutissement de ce projet. Ils dénoncent avant tout la supercherie qui se cache derrière ce projet. Cette démolition, selon eux, profiterait, avant tout autre raison, au maître d'?uvre Living Bauhaus qui planifie de construire au bord de la Spree un immeuble de luxe haut de 63 mètres dans lequel les appartements ne seraient destinés qu'à la vente.
En plus de vouloir lutter contre la privatisation et l'embourgeoisement de cette partie de la ville, jusqu'ici haut lieu de la culture alternative berlinoise, les initiatives ont avancé, lors de la conférence de presse, d'autres arguments liés au souvenir de cette période dramatique de l'Histoire et à la protection de ce mémorial.
Tels sont les premiers mots d'un des représentant du collectif médiaspree, une des associations organisatrices de cette conférence de presse improvisée sous une tonnelle en face du bout du mur qui pourrait être bientôt détruit et à laquelle ont participé une trentaine de personnes. "Nous avons organisé cette conférence afin que le plus grand nombre de Berlinois possible soient informés et que personne ne puisse dire :" nous n'étions pas au courant" ", poursuit-il, en montrant une photo du futur bâtiment Living Levels, qui est pour lui la raison principale de cette décision de démonter une partie du mur.
Mais au-delà des constructions prévues dans le cadre du projet Mediaspree, chacun des interlocuteurs insistent sur la signification de ce mémorial, et du nombre de touristes qu'il attire chaque année. La destruction d'un bout du mur et la privatisation de terrains sur les bords de la Spree auraient, selon eux, des conséquences graves sur le tourisme. Thierry Noir, dont la signature repose sur ce bout de mur, était également présent pour défendre la protection de l'East Side Gallery qui "perdrait son rôle de mémorial si à terme il ne restait que quelques parcelles".
Anaïs Gontier (www.lepetitjournal.com/Berlin) mercredi 27 février 2013
Photos : Damien Sayer
A relire :
Savoir plus :
Forum de discussion sur le quartier de la Spree: www.stadtspree.org/
Les associations :










































