

C'est en présence de toute l'équipe du film franco-allemand Diplomatie, réalisé par l'allemand Volker Schlöndorff., dont les deux acteurs principaux André Dussollier et Niels Arestrup, que ce dernier a été présenté hier soir en avant première mondiale au Zoo Palast, dans le cadre du festival de cinéma berlinois.
Où serions-nous aujourd'hui, nous Français mais aussi Européens, si le Général Von Choltitz, Gouverneur du Grand Paris .n'avait finalement pas renoncé à détruire Paris ? Certainement pas à Berlin... Parlerions nous de relations franco-allemandes, d'Union Européenne, certainement pas...
Diplomatie nous rappelle comment certaines décisions auraient pu changer le cours de l'Histoire et de notre vie. Respectant cette règle théâtrale des trois unités; l'intrigue du film se déroule au cours d'une seule et même journée, presque entièrement dans une seule et même pièce où tous les protagonistes se rencontrent et, tourne autour d'une seule action : convaincre le Général allemand Von Choltitz de ne pas exécuter l'ordre d'Hitler : détruire Paris en cas de retraite des Allemands. Cette mission, c'est le consul suédois Raoul Nordling qui en a la charge. Il a quelques heures pour cela et fait donc appel, des heures durant, à ses talents d'orateur et de rhétoricien. Les mots, expressions et images choisis pour arriver à ses fin sont justes, précis, et surtout convaincants. André Dussollier interprété à merveille ce rôle de diplomate érudit, inspirant assez de confiance au Général Von Choltitz, remarquablement joué aussi par Niels Arestrup, pour le contraindre à annuler la mise à feu de Paris, qui aurait tué l'ensemble de ses habitants et détruit à jamais des siècles d'Histoire et de construction de monuments classés faisant aujourd'hui la renommée de la capitale française.
La fin est révélée mais on la connaît déjà puisque la Tour Eiffel brille encore de mille feux lors des fêtes de fin et autres cérémonies, que le Louvre abrite toujours autant d'oeuvres d'art et que l'on utilise les ponts pour passer d'une rive à l'autre. Diplomatie n'appartient pas à ce genre de films qui nous font désespérément attendre le dénouement de l'histoire mais plus à ceux qui nous questionnent sur l'importance de ces moments historiques clés et nous remémorent que parfois tout peut tenir à un fil. Une histoire vraie donc, à l'instar de Monuments Men, à la différence près que la modestie du réalisateur et des acteurs nous offre une scénarisation et un jeu d'acteur de grande qualité. La comparaison pourrait paraître exagérée mais ne s'agit-il pas, pour ces deux long-métrages, de transmettre au public des faits et actes oubliés de l'Histoire ayant eu une importance capitale sur les années qui les ont suivies ?
Pour se faire sa propre opinion, il faut évidemment aller voir ces deux films mais ne surtout pas passer à côté de Diplomatie.
A.G. (www.lepetitjournal.com/Berlin) jeudi 13 février 2014
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