Édition internationale

BERLIN - Les Ampelmännchen orphelins

Écrit par Lepetitjournal Berlin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012
Karl Peglau, le créateur d'Ampelmann, sympathique feu de signalisation berlinois, est décédé fin novembre à l'âge de 82 ans. Il laisse toutefois derrière lui une entreprise de produits dérivés florissante, qui vise un développement mondial  ? 

Photo. c. Ampelmann

Karl Peglau, ce nom ne vous dit peut-être rien, mais son invention, sans aucun doute. Ses deux petits bonshommes rouge et vert, aux formes sympathiques, clignotent à de très nombreux carrefours de Berlin : les feux de signalisation Ampelmann. Devenus en l'espace de 10 ans l'un des symboles de Berlin, aux côtés de la porte de Brandebourg ou la Fernsehturm.

Né en 1927 à Bad Muskau, à l'extrémité-est de l'Allemagne, leur inventeur, psychologue des transports dans l'ancienne RDA, est décédé le 29 novembre dernier, à Berlin. Restent toutefois sa création et surtout une entreprise de produits dérivés, Ampelmann GmbH, en pleine expansion, dirigée par le designer industriel Markus Heckhausen, un temps collaborateur de Karl Peglau.
Créés en 1961, les Ampelmännchen ont failli ne pas résister à la chute du mur et à l'arrivée de leurs homologues de l'Ouest, destinés à les remplacer. Ils doivent leur salut à un élan, dans les années 1990, d'ex-Allemands de l'Est, bien décidés à empêcher la destruction de l'une des dernières marques de leur ancien quotidien. Dans la foulée, Markus Heckhausen crée en 1996 le premier objet dérivé, deux lampes en verre rouge et verte, fabriquées à partir de feux usagés, dont le succès commercial entérinera la survie des deux petits bonshommes. 

Bientôt une nouvelle sonnette de vélo 
Dès lors, le catalogue n'a cessé de s'enrichir et la marque compte aujourd'hui 430 produits à l'effigie des Ampelmann, du porte-clés au T-shirt en passant par le paillasson, l'ouvre-bouteille, l'aimant ou encore le mug. Et d'autres sont encore à venir? Une équipe de dix designers y travaille, dans les locaux de la société installée dans l'une des cours des Hackeschen Höfe, à deux pas de la première boutique ouverte au début des années 2000. "Entre octobre et décembre dernier, nous avons commercialisé un nouveau porte-monnaie et des grains de café. En février est prévue la sortie d'une nouvelle sonnette de vélo, fabriquée avec la société française Pylones. Avant cela, nous avions également développé une gamme de vêtements pour bébés", résume Alexander Trurnit, directeur des ventes de la société, dont le chiffre d'affaires atteint désormais 6 millions d'euros.  

La griffe Ampelmann 
Mais au-delà de ces nouveaux objets, c'est bien l'image de marque Ampelmann qui se veut en pleine évolution. "Nous souhaitons bien sûr qu'Ampelmann continue à être associé à Berlin, mais bien plus que comme simple souvenir de la ville. Nous voulons qu'il devienne une vraie marque, une griffe de produits haut de gamme, comme peut l'être, par exemple, le crocodile de Lacoste", ambitionne Markus Heckhausen. Pour cela, l'entreprise entend miser sur la qualité et la provenance de ses objets ? 80 % à 85 % des pièces sont fabriquées en Allemagne, le reste en Turquie et en Asie ? , développer des textiles écologiques ainsi que le commerce équitable, notamment pour ses produits alimentaires et son restaurant. Enfin, l'entreprise souhaite maintenant dépasser les frontières de Berlin et de l'Allemagne pour acquérir une renommée mondiale. Ainsi, aux quatre boutiques de la capitale, placées dans des endroits touristiques, s'ajoutent de nombreux points de vente en Allemagne, mais aussi à Paris, Pékin, Mexico, et bientôt Tokyo. Un autre magasin devrait également voir le jour, en 2011, dans le futur grand aéroport international Willy Brandt. 
Gwénaëlle Deboutte (www.lepetitjournal.com/berlin.html) mercredi 10 février 2010
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Publié le 9 février 2010, mis à jour le 13 novembre 2012
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