Édition internationale

SHAKA PONK- Trois questions aux ex-Berlinois

Écrit par Lepetitjournal Berlin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 3 juillet 2014

Le week-end dernier, Paris vibrait sous les sons des Solidays, un festival en soutien de la recherche contre le Sida, et accueillait à cette occasion de nombreux groupes dont les Shaka Ponk. Maywenn Vernet y était et en a profité pour poser trois questions au groupe, qui a vécu à Berlin avant de se réinstaller à Paris.  

Shaka Ponk est un groupe de 7 énergumènes : Frah (chant), Samaha (chant), CC (guitare), Steve (clavier), Mandris (basse), Ion (batterie) et Goz, un singe virtuel s'imposant comme la mascotte du groupe. Tenter de qualifier le style musical de ce groupe est un exercice plutôt difficile, entre le rock, l'électro, le punk ou encore la funk, il semble plus évident de ne retenir que le caractère très diversifié de ses influences.
Les Shaka Ponk n'en sont pas à leurs débuts, ils ont en effet sorti leur premier opus, Loco Con Da Frenchy Talkin', en 2006 suivit de Bad Porn Movie Trax en 2009, The Geeks and the Jerkin' Socks en 2011 et enfin The White Pixel Ape en mars dernier.
Il faut savoir qu'ils n'ont pas évolué qu'en France, ils se sont, en effet, installés à Berlin pendant quelques années avant de revenir à Paris. C'est pourquoi, à l'occasion du festival Solidays, qui se déroule à Paris (27-28-29 juin), LPJ de Berlin est allé à leur rencontre afin d'en savoir davantage sur cette période berlinoise?

LPJ/Berlin -Que pensez-vous apporter à la scène francophone actuelle ?
Samaha - C'est difficile de savoir? Moi je crois, humblement, avec le recul, par rapport à ce que j'entends, que les gens ont besoin de s'amuser. Et c'est vrai que sur scène y'a une sorte de folie, un truc qu'on voit moins de nos jours. Y'a pas longtemps on a fait un Zénith et y'a un mec qui est arrivé et il m'a dit : « attends c'est incroyable, il parait qu'à tous les concerts les gens sont avec leurs iPhones entrain de filmer », ils ne voient même plus le concert, ils le voient à travers un écran et il me dit « là les gens étaient tellement absorbés par les images et par le show, qu'ils filmaient beaucoup moins que dans les concerts classiques ». Je crois qu'il y a une sorte de folie, peut-être à cause de nos vies de merdes (rires), parce que c'est vrai qu'il y a la crise et pas mal de choses difficiles et je pense que quelque part on apporte une sorte de libération !

Avant de connaitre un tel succès, surtout en France, vous êtes allés à Berlin pendant plusieurs années. Quelles ont été les motivations qui vous ont conduites à vous y installer ?
Ion - C'était pour des raisons financières au début, les loyers n'étaient pas chers et puis ça faisait rêver. C'est vrai qu'on avait entendu ou lu pas mal de bios d'artistes qui étaient passés par là-bas et effectivement je pense que ça a pu laisser au groupe la liberté d'aller vers où on s'y attendait... En France c'était un petit peu compliqué d'aller au bout des choses qu'on avait en tête.

En comparaison aux possibilités d'évolutions offertes en France, Berlin aurait été une sorte de tremplin pour le groupe ?
Samaha  - Ouais, il y avait moins de blocages artistiques, parce que c'est vrai qu'en France c'est très étiqueté. On fait de l'image, alors on a un petit peu démarché des labels, « comme ça », où tu dois choisir : tu fais de l'image, tu fais du son, tu fais quoi ? Tu fais du rock ou tu fais du ska ? En gros tu fais ce que tu veux mais choisis ! Et là-bas on a vraiment eu cette liberté artistique. Pour le coup, c'est vraiment un vivier culturel où y'a une réelle liberté qui nous a permis de nous décomplexer par rapport à ça et on est allé jusqu'au bout de notre projet grâce à ça. Berlin c'est une ville qu'on adore, moi j'adore Berlin justement par rapport à ça. Et après ça nous a aussi appris la rigueur, parce que là-bas, les allemands, malgré tout, ont une sorte de rigueur de travail. Nous, on est arrivés en mode hippies (rires) donc oui ça nous a appris la rigueur de travailler plus à « l'américaine ». La discipline que l'on n'avait pas réussie à mettre en forme en France.

Steve - Mais ce n'est pas fermé, on a été invités dans une émission de musique classique sur Arte à Berlin. On leur a sauté dessus, c'était bizarre mais ça existe !

Ion - En tout cas, à Berlin on a appris qu'on pouvait s'amuser tout en étant disciplinés et c'est un peu ce qu'on doit apprendre ici je crois? Qu'on peut s'amuser tout en étant disciplinés? En se couvrant et en passant de bons moments quand même? sexuels !

Sur ces paroles, il n'est pas sans rappeler que le festival Solidays est avant tout un festival militant qui, grâce à des artistes engagés, véhicule un message de solidarité. Les recettes générées servent à financer des projets pour aider les malades du sida partout dans le monde ! Cela est rendu possible grâce aux milliers de festivaliers présents, aux donateurs et aux artistes, par la réduction de leurs cachets.
Pour continuer dans la lutte, rendez-vous l'année prochaine !

Propos recueillis par Maywenn Vernet (lepetitjournal.com/Berlin) vendredi 4 juillet 2014

Savoir plus :

Site des Solidays : http://www.solidays.org/
Site des Shaka Ponk : http://www.shakaponk.com/

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Publié le 3 juillet 2014, mis à jour le 3 juillet 2014
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