

Loin de l'ambiance sulfureuse et électro qui a fait sa réputation, le Berghain réserve certaines soirées à une clientèle sélect, adepte des grands noms du jazz et de la musique classique. Les soirées Yellow Lounge font le pari que le classique peut s'inviter dans les clubs. Ambiance
File de jour devant le Berghain (photo. Charlotte Dualé)
Vous connaissez le Berghain. Souvenez-vous : il est trois ou quatre heures du matin, vous faites la queue au milieu d'une foule plutôt bigarrée convaincue comme vous d'assister cette nuit à l'une des grands messes de la nuit berlinoise, dans ce temple hyper-branché de la musique électronique. Mais le Berghain, autre Janus, n'a pas livré tous ses secrets.
Mardi 13 mai, 21h. Il fait encore jour autour du monstre endormi. On fait la queue, la même. La même ? Non. On ne reconnait pas les gens autour. Ceux-là sont soignés, étonnament posés. Une femme enceinte, en robe noire. D'autres robes noires, derrière, à la façon des sorties habillées, ces robes noires qui balaient les escaliers de l'opéra, les cocktails d'ambassade ou les vernissages huppés. Les autres Berlinois. Devant l'entrée, un étrange logo fait de 18 cubes jaunes adresse un message à cette population d'ailleurs. C'est l'emblème du Yellow Lounge, et son pari : prouver que la musique classique peut s'inviter partout.

Quand les DJ mixent du classique
Une cause servie avec passion par une nouvelle génération de musiciens, tous membres de l'audacieuse enseigne : le Mahler Chamber Orchestra, la pianiste Hélène Grimaud, la sopran Danielle de Niese, le trio inattendu que forment Sting, Edin Karamazv et leur luth, pour ne citer qu'eux. Ce soir, c'est le Fauré Quartett qui régale;piano, violon, alto et violoncelle. Un nom en forme d'hommage au compositeur disparu 150 ans tout juste au moment de la création du groupe.
On entre, sans se bousuler. 5 euros l'entrée. On reconnaît à peine le temple électro. Ses couloirs sont dégagés, ses escaliers métalliques vibrent doucement au passage feutré des nouveaux hôtes, et ses hauteurs invraisemblables semblent soudain parfaitement nues. On s'installe à l'étage, autour d'une scène où siège un majestueux piano à queue, entouré de lutrins où s'étaleront bientôt des pages griffées de clés, croches et autres soupirs. Pour faire patienter, deux DJs de circonstance, "Clé"et "Terrible", mixent du classique. Des textes sur le temps défilent sur la baie vitrée qui sépare la scène de l'arrière-bar. Le ton est donné. L'ambiance est sobre, intime.
Peu d'effets lumineux, le strict nécessaire. Puis vient l'heure : le Fauré Quartett fait son apparition. Dvorak, Mahler, Brahms? Le public, médusé, retient son souffle à chaque note. Aux quatre murs, des écrans géants retransmettent l'évènement, auquel Arte est venu apporter son concours. Ecrans tour à tour noirs et blancs, colorés, sepia, cédant parfois à la distorsion d'images, d'une impeccable justesse. Puis les dernières portées, le salut des artistes, acclamés, la salle qui se vide où résonnent encore quelques cordes. Bientôt l'électro reprendra ses droits, et son public. Venu chercher, lui aussi, l'évasion. Et ses mille visages.
Vincent de Crayencour. (www.lepetitjournal.com/berlin.html) vendredi 23 mai 2008
| Yellow Lounge. Sur une idée de Deutsche Grammophon / Universal Music, le premier Yellow Lounge a été lancé en février 2001 à Hambourg, au bar "Die Welt ist schön". Transposé à Berlin en 2004, le concept s'est d'abord invité au Cookies à Mitte, avant de migrer vers d'autres clubs de la capitale. Maria, le 103, le Week-end ont eu entre autres leur soirée Yellow Lounge. De grands DJ allemands viennent y mixer du classique, des interprètes célèbres y donnent des concerts. Depuis avril 2003, David Canisius, du Deutsche Kammer Orchester (orchestre de chambre allemand) est DJ résident de Yellow Lounge à Berlin. Les dates des soirées sont irrégulières, le public est informé via la newsletter du site. Une façon de renforcer le côté sélect d'un concept qui réinvente la façon d'écouter du classique. Pour en savoir plus et connaître la date de la prochaine soirée : http://www.yellowlounge.de/ |
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A GAGNER CE DIMANCHE!
5x2 places de cinéma pour l'avant-première du film Retour en Normandie, de Nicolas Philibert, en présence du réalisateur! Version originale sous-titrée.
Dimanche 25 mai 2008. 13:15 au cinéma Paris Kurfürstendamm.
Pour jouer, envoyer un email avec deux noms et deux adresses email à berlin@lepetitjournal.com
En savoir plus sur le film: http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=108899.html
LIEN PROMOTIONNEL
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Ouvert à partir de 12h le samedi-dimanche.
Reichenberger Str. 30. 10 999 Berlin. Réservations: 030 600 31 192






















































