Il y a 55 ans, les Berlinois de l'est marchaient dans les rues de la ville, protestant d'abord contre une mesure sociale impopulaire puis pour des libertés politiques. Les chars soviétiques mettaient fin à cet excès de zèle. Visite guidée à Berlin-est, sur les lieux encore hantés par la "révolution avortée"du 17 juin 1953
La Stalinallee : là où jaillit l'étincelle
Juin. Le soleil brille. Vous vous promenez le long de la Karl-Marx Allee. Il y a 55 ans, de part et d'autre de l'avenue encore en ruines, les Berlinois de l'Est oeuvraient pour l'architecture stalinienne. On l'appellera Stalinallee. C'est ici que tout a commencé. Une grève, des réunions de syndicats, une lettre de protestation déposée au bureau du Minister-Präsident. Devant le jardin aux roses, une pierre commémorative rappelle l'emplacement du Block 40 : "Ici commencèrent à protester les ouvriers du bâtiment". La place devant l'hôpital de Friedrichshain porte depuis 2003 le nom d'un de leurs leaders : Max Fettling.
Stèle en souvenir des manifestants sur la Karl-Marx Allee (Photo LPJ Cécile Leclerc)
L'ancienne Haus der Ministerien : l'insurrection éclate !
Vous atteignez maintenant l'Alexander Platz. Le 16 juin 1953, le cortège d'ouvriers y passa, direction : la Maison des Ministères, aujourd'hui Ministère des Finances, à l'angle de la Leipziger Straβe et de la Wilhelmstraβe. Face à l'obstination du gouvernement à maintenir l'augmentation des normes de production, la révolte se radicalisa : les revendications économiques devinrent politiques, la population dans son ensemble rejoignait le mouvement.
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Le mémorial jonché de roses devant le Ministère des Finances (Photo LPJ Cécile Leclerc)
Berlin-Est pris d'assaut par les manifestants
Retour sur la Karl-Marx Allee, plus précisément la Strausberger Platz : le 17 juin 1953, à 7h du matin, quelques 150.000 personnes s'y rassemblèrent, venues des quartiers alentours mais aussi des villes industrielles voisines, telle Hennigsdorf. Le cortège se dirigea en centre ville et assiègea les rues de Berlin Est.
Porte de Brandenburg, à la frontière avec Berlin Ouest : les manifestants descendirent le drapeau rouge soviétique et le déchirèrent. Le symbole est grand, le monument porte en lui les germes de la réunification souhaitée. Ceci explique le baptême de l'axe de Tiergarten en "rue du 17 juin"par les autorités de RDA, bien que les manifestants n'aient pas foulé son sol.
Potsdamer Platz : les premiers affrontements violents opposèrent la foule armée de pierres aux 600 chars soviétiques entrés dans la ville sur le coup de midi. Certains réussirent à passer la frontière à quelques mètres de là, d'autres furent arrêtés par les Volkspolizisten, tandis que d'autres encore tombèrent sous le coup des balles. A 19h, la révolte fut écrasée, l'état d'exception proclamé pour une durée indéterminée, Berlin retrouva son calme.
Cécile LECLERC. (www.lepetitjournal.com/berlin.html) mardi 17 juin 2008{mxc}
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