

Chapeau bas pour cette mise en scène de Pascale Berger, enseignante à la retraite d'arts dramatiques au lycée français, metteur en scène et pédagogue de La Ménagerie e.v. ! Le spectacle a été joué dans le joli théâtre turc de Kreuzberg, le Theater Tiyatrom, du 16 au 19 mai et sera rejoué certainement en octobre à l'occasion du 325ème anniversaire de la fondation du lycée français de Berlin. À ne pas manquer pour ceux qui veulent faire travailler leurs zygomatiques !
Qui sont les Derfflingueurs ?
Le nom de la compagnie est un clin d'oeil affectif lancé au lycée français, qui se trouve dans la Derfflingerstr.. L'aventure a commmencé en 2009 lorsqu'une dizaine d'enseignants du lycée expriment leur envie de jouer du théâtre et de fonder leur troupe. Au moment de son départ à la retraite, après avoir dirigé pendant plus de vingt ans les cours d'arts dramatiques au lycée français, Pascale Berger accepte la demande des enseignants et devient la metteur en scène des Derfflingueurs. Dans un premier temps, la compagnie s'intéresse au théâtre contemporain. En 2010, elle présente une création inspirée d'un riche, trois pauvres de Louis Calaferte et en 2011, Hilda, une pièce de Marie N'Diaye. Par la suite, la metteur en scène ressent le besoin de chercher son inspiration tous azimuts. La liberté d'adaptation est essentielle pour elle. La pièce choisie doit rendre possible la création de nouveaux rôles pour éviter le danger du rôle principal. Tout au long de l'année, les comédiens découvrent et approfondissent de nouvelles techniques théâtrales comme le chant ou la chorégraphie de groupe par exemple. Les répétitions pour ces enseignants français commencent toujours au retour des grandes vacances (à la mi-septembre pour les chanceux du lycée français) et se déroulent à une fréquence de 2h par semaine et de quelques week-ends supplémentaires. "Difficile de mener à bien un projet de théâtre avec l'emploi du temps serré des enseignants !", confie Pascale Berger. Défi réussi cette année avec la pièce Un chapeau de paille d'Italie, qui met à l'honneur le grivois et le comique de situation.
Une adaptation originale de la comédie-vaudeville acclamée par le public
L'ambiance était conviviale dans la salle en forme de chapiteau du Theater Tiyatrom. Professeurs et anciens professeurs, élèves et anciens élèves, tous étaient venus voir jouer les profs du lycée français. Des rideaux noirs et blancs ornés d'un c?ur de fleurs à l'image d'un cadre pour photos de mariés plantent le décor.

« Tout d'abord Madame en préambule
Pardonnez moi si je vous em...bête.
Il vous semblera fort ridicule
Que d'un accessoire je m'en...quête. », Fadinard , extrait de l'acte III, scène 6.
La pièce narre les aventures rocambolesques du rentier Fadinard, le jour de son mariage avec Hélène, pépiniériste à Charentonnneau. Le matin de ses noces, son cheval mange un chapeau de paille de Florence, celui de Mme Anaïs de Beauperthuis, qui est alors en compagnie de son amant militaire dans le bois de Vincennes. Pour éviter que le scandale de l'adultère éclate, Fadinard se lance dans la recherche effrénée d'un chapeau de paille identique.
Pendant les premières minutes, le spectateur se demande comment les comédiens vont réussir à se réapproprier les caractères comiques et grivois des personnages et rafraîchir l'intrigue pleine de rebondissements du vaudeville. Mais dès le premier acte, le public se laisse surprendre par les personnages habillés de manière délurée et champêtre. La tante Vézinet, sourde comme un pot, porte un gilet de fourrure, un chapeau de gazon et des patins à roulettes. Quant à la mariée, elle, est littéralement à croquer dans sa robe rose bonbon. L'apparition de l'amant militaire, qui joue l'étalon énervé, place définitivement la pièce sous le signe du grotesque et conquiert le public hilare. Au fil de la représentation, certains comédiens jonglent d'un personnage à l'autre avec talent. C'est le cas de May Chaoui, qui endosse le rôle de la femme infidèle de Beauperthuis, du comptable de la modiste et de la baronne : une véritable prouesse théâtrale ! Le personnage du comptable de la modiste, Tardiveau, a fait redoubler les rires du public. La belle-famille le prend pour le maire et ne le quitte plus entonnant en ch?ur : « Suivons monsieur le Maire ! ». Les chansons restent dans la tête des spectateurs.

Les Derfflingueurs ont réinventé ce vaudeville et sa langue du XIXème siècle en se permettant toutes sortes d'excentricités et en chantant les péripéties de ces noces itinérantes. Ce ch?ur extravagant et coquin était accompagné au piano de Guillaume Haldenwang, pianiste et compositeur, qui étudie au conservatoire de Paris. Les Derfflingueurs auront le plaisir de rejouer au lycée français en octobre.
Nolwenn Talec (lepetitjournal.com/Berlin) mardi 17 juin 2014
Photos : Ela Igde
Savoir plus :
http://www.lamenagerie.org/fr/partenariats/derfflingueurs
Les ateliers de Pascale Berger à la Ménagerie : http://www.lamenagerie.org/fr/ateliers-hebdomadaires






































