Les logements squattés en Espagne ont augmenté de 40% en 5 ans premium

Par Armelle Pape Van Dyck | Publié le 13/07/2022 à 15:00 | Mis à jour le 03/08/2022 à 12:47
Photo : CC
un graffiti en faveur des squatteurs à Barcelone

Le phénomène du squat est de plus en plus fréquent en Espagne. C'est tellement compliqué de récupérer son bien que les propriétaires sont désormais prêts à un rabais de 30% pour s'en défaire.

 

Une étude récente du ministère de l'Intérieur espagnol signale qu'il y a eu 13.389 plaintes au cours des neuf premiers mois de 2021, soit 20% de plus que l'année précédente. Par rapport aux chiffres connus il y a cinq ans, le phénomène du squat a augmenté de 40%.

 

contigo france alarmes

La Catalogne concentre près de la moitié des plaintes

40% des plaintes viennent de Catalogne

On estime actuellement à plus de 120.000 le nombre de logements squattés en Espagne, principalement en Catalogne, avec plus de 40% des plaintes, un chiffre presque quatre fois supérieur à celui de Madrid et trois fois supérieur à celui de l'Andalousie, et au-dessus de la Communauté valencienne, de Castille-La Manche et de Murcie, qui ne sont pas non plus épargnées par ce phénomène, selon les sources du ministère de l'Intérieur.

Par rapport aux chiffres connus il y a cinq ans, le phénomène du squat a augmenté de 40%

Souvent des propriétés venant d'héritages

Le groupe immobilier Alfa Inmobiliaria a de son côté réalisé une étude sur les "okupas" (les squatteurs) et l'une des caractéristiques des propriétés squattées est que beaucoup d'entre elles proviennent d'héritages. "Comme ces propriétés sont vides depuis longtemps, elles sont laissées sans protection et sont des proies faciles", explique le responsable de l'étude.

Dommages multiples pour le propriétaire

Le préjudice subi par le propriétaire est multiple. "Si l'on fait abstraction des problèmes émotionnels qu'engendre cette situation, un bien squatté met, en moyenne, entre trois et six mois à être récupéré par son propriétaire, dans le meilleur des cas. À cela s'ajoutent les frais d'avocats, les réparations importantes que le propriétaire doit effectuer après l'expulsion et, dans le meilleur des cas, le versement de sommes importantes aux responsables du squat pour leur éviter cette épreuve et récupérer leur logement en moins de temps", ajoute-t-il.

Des entreprises spécialisées, intéressées par l'acquisition de biens squattés, apparaissent actuellement

Des propriétaires prêts à 30% de rabais

C'est pourquoi Alfa Inmobiliaria chiffre à 30% le rabais que les propriétaires sont prêts à consentir lors de la vente d'un bien squatté pour se débarrasser du problème. Malgré cela, il n'est pas facile de vendre une propriété squattée. Certaines des raisons sont évidentes: le propriétaire n'a pas de photos des éventuels dommages que subira son bien une fois qu'il sera possible de le récupérer, il ne sait pas non plus combien de temps durera la procédure d'expulsion, qui prend généralement des mois malgré ce qu'on appelle l'"expulsion express", ni les coûts qu'entraîneront tant la procédure judiciaire que la rénovation.

Un bien squatté met, en moyenne, entre trois et six mois à être récupéré par son propriétaire, dans le meilleur des cas...

Mais, en outre, le nouveau propriétaire devra faire face à diverses dépenses dès l'acquisition, bien qu'il n'ait pas le droit d'en profiter. C'est le cas de l'ITP (impôt sur les transferts de propriété), puisque cet impôt est calculé en fonction de la valeur de marché du bien, selon l'Administration, et non en fonction du prix d'achat, clairement inférieur au prix du marché.

Dix mois en moyenne pour vendre un logement squatté

Toutes ces raisons font que le délai moyen de vente d'une propriété présentant ces caractéristiques est d'environ 10 mois, ce qui est bien supérieur au délai moyen de vente d'une propriété dans n'importe quelle ville d'Espagne, bien qu'Alfa Inmobiliaria commence déjà à voir des entreprises spécialisées intéressées par l'acquisition de ce type de propriété

Armelle pvd

Armelle Pape Van Dyck

Après 15 ans à la direction de la communication de la 1ère banque espagnole, elle a décidé de concilier vie pro & perso, comme journaliste freelance en français ou espagnol. Elle est vice-présidente de l’Association des Correspondants de Presse Étrangère.
0 Commentaire (s) Réagir
À lire sur votre édition locale