(Rédaction internationale) - En décembre 2009, la France et la Grande-Bretagne avaient annoncé la taxation des bonus des traders. En effet, suite à la grave crise financière et aux scandales liés à leur rémunération, il n'était plus question pour les gouvernements vis-à-vis de l'opinion publique de poursuivre sans intervenir.
La France et la Grande-Bretagne s'attaquent aux bonus des traders
Les bonus 2010 des traders seront donc taxés à hauteur de 50% dès lors qu'ils dépasseront les 27.500 euros annuels. Concernant la France, cette taxe ne concernera que les traders des banques françaises travaillant en France. Christine Lagarde, la ministre de l'Economie a annoncé dans une interview au Figaro de mardi que l' impôt devrait rapporter 360 millions d'euros à l'Etat français dont "270 millions seront consacrés à alimenter le Fonds de garantie des dépôts pour renforcer la sécurité des déposants". "Les banques devront payer la taxe pour environ 2.500 de leurs salariés".
Pour l'instant en revanche, il n'est pas question de rendre cette taxe permanente, elle ne devrait concerner que l'année 2010, Christine Lagarde se réservant la possibilité de juger "sur pièces" si elle doit être reconductible en 2011. Londres avait annoncé de son côté un bénéfice de 600 millions d'euros pour l'Etat.

Les Etats-Unis comprennent la nécessité d'agir
Les Etats-Unis étaient très critiqués pour leur passivité vis-à-vis des banques et des bonus après la crise financière. Pourtant, mieux vaut tard que jamais. Selon la Maison blanche, Barack Obama serait en train de réfléchir à inclure une taxe sur les sociétés des services financiers dans le projet de budget présenté en février. Les bonus ne seraient pas visés mais les banques elles-mêmes afin de les responsabiliser et de rembourser les contribuables des sommes versées pour leur sauvetage. Parallèlement, la pression sur les établissements financiers s'accrut, le procureur général de New-York, Andrew Cuomo, a demandé aux huit premières banques ayant bénéficié du plan Tarp (Troubled Asset Relief Program) de rendre des comptes sur leurs bonus versés au titre de l'année 2009. "Certaines banques ont gagné beaucoup d'argent, parce que, dans certains cas, les contribuables leur ont donné beaucoup d'argent", a indiqué le procureur. Les bonus choquent en effet la majorité de la population américaine dont le taux de chômage a atteint les 10%.
La parade des banques s'organise
Pourtant, les banques commencent déjà à s'organiser pour contourner la taxation des bonus des traders et donc éviter leur fuite vers des places financières plus attractives. Elles ont augmenté la part de fixe du salaire des traders qui est elle non taxée, tout en en diminuant la part des bonus. "Les champions de la banque d'investissement ont augmenté de 50 % en moyenne les rémunérations fixes dans les activités marchés de capitaux depuis l'été dernier", souligne Éric Singer, chasseur de têtes dans la finance. Une étude internationale du cabinet Mercer auprès de 42 banques constate même que si 83% des banques baissaient la part des bonus dans les salaires, dans le même temps, 65 % d'entre elles en ont augmenté la part de fixe. "Les banques cherchent les moyens de rester compétitives pour attirer les talents, tout en étant politiquement correctes face à l'opinion publique. Elles ont les moyens d'augmenter les salaires après une très bonne année en 2009" déclare Gaël de Roquefeuil, du cabinet Korn Ferry. A Paris, cette manœuvre n'est pas encore à l'ordre du jour, mais jusqu'à quand ? De même, les banques anglaises ne songent pas à faire payer la taxe aux traders et disent vouloir l'assumer elles-mêmes en diminuant le dividende versé aux actionnaires.
Magali MASSA (www.lepetitjournal.com) mercredi 13 janvier 2010
En savoir plus :
Article du Monde- Bonus : les banques de la City préfèrent être taxées
Article d l'Express- Barack Obama s'en prend aux bonus à Wall Street




































