Les Thaïlandais appelés à passer le Nouvel an chez eux

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 30/12/2020 à 02:01 | Mis à jour le 30/12/2020 à 07:49
Photo : Reuters/ archives
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Le Premier ministre thaïlandais Prayut Chan-o-Cha a exhorté mardi la population à rester chez elle pendant les congés du Nouvel An, n’écartant pas la possibilité d’un confinement national si la situation ne se stabilisait pas.

Les autorités sanitaires thaïlandaises ont signalé 155 nouveaux cas de coronavirus mardi, contre 144 la veille. Le nombre de nouveaux cas d’infection continuant d'augmenter dans plusieurs provinces, y compris Bangkok, le Premier ministre a demandé aux Thaïlandais de ne voyager qu'en cas de nécessité absolue et d’éviter les endroits bondés.

"Nous allons sans doute devoir fêter le Nouvel An à la maison cette année et avec un petit nombre de personnes", a-t-il déclaré sur sa page Facebook officielle.

Il a également a appelé les gens a appliquer les conseils des autorités sanitaires et suivre les mises à jour diffusées par la cellule de gestion de la situation du Covid-19 (CCSA).

Si les voyages interprovinciaux sont toujours possibles, chaque province suit ses propres mesures de contrôle plus ou moins strictes et contraignantes selon la situation.

Le Premier ministre a également exhorté les gens à scanner le code QR de l’application Thai Chana chaque fois qu'ils entrent dans un lieu public, une mesure développée par le gouvernement pour pouvoir retracer le parcours des personnes contaminées et lister celles ayant pu être en contact avec ces dernières.

Prayuth Chan-O-Cha a aussi indiqué que la possibilité d’un confinement national n’était pas écartée et dépendrait de l'évolution de la situation, se disant toutefois optimiste sur la capacité du pays à contenir la propagation avant d’avoir à en arriver là.

"Si la situation est sous contrôle, nous resterons sur les mesures actuelles. Sinon, nous devrons toutes les revoir. Il nous faut par conséquent nous entraider davantage", avait peu avant dans la journée déclaré le porte-parole du CCSA, Taweesin Visanuyothin, exhortant lui aussi les gens à rester chez eux.

Les autorités de la ville de Bangkok ont ordonner lundi la fermeture de certains lieux de divertissements - bars à hôtesses, salons de massage, combats de coq, hippodromes, etc.- et imposer des restrictions aux débits de boisson qui doivent notamment fermer à minuit jusqu'au 4 janvier.

À Samut Sakhon, où le premier foyer épidémique a été découvert le 18 décembre dans un marché de fruits de mer, un couvre-feu a déjà été imposé. Les festivités du Nouvel An y ont été annulées, de même que dans la province de Rayong où un deuxième cluster s’est fait jour, lié à un casino clandestin.

Même si le taux d’infection quotidien en Thaïlande reste beaucoup plus faible que dans de nombreux pays, l’émergence de foyers épidémiques à ce stade est un revers pour un pays qui a sacrifié son économie pour contenir l'épidémie dont le taux de létalité dans le royaume tourne autour des 1%. 

A ce jour, la Thaïlande a enregistré un total 6.440 cas positifs au coronavirus et 61 décès depuis janvier.

Le royaume, qui avait été le premier pays après la Chine à signaler une infection à coronavirus à la mi-janvier, n'a quasiment enregistré aucun cas d'infection locale entre fin mai et fin novembre, ce qui lui a valu d’être cité par l'Organisation mondiale de la Santé parmi les bons élèves de la lutte contre le Covid-19.

Curieusement, le bilan thaïlandais n’a pas fait l’objet d’études approfondies pour en identifier de manière scientifique les facteurs les plus significatifs, ce qui aurait pu inspirer d'autres pays. Néanmoins, son succès a été attribué à son réseau de volontaires de santé qui quadrillent le pays et sensibilisent au port du masque et aux gestes barrières, aux restrictions sur les entrées ainsi qu’au dispositif de tests rapides et de traçage des personnes.

Parmi les mesures les plus chères aux autorités thaïlandaises pour contenir le virus, les restrictions sur les voyages internationaux ont largement contribué à la plus forte contraction de l'économie en 22 ans au deuxième trimestre, laminant le secteur vital du tourisme et mettant des centaines de milliers de personnes au chômage.

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