Mardi 21 septembre 2021
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La Thaïlande subit sa plus grande récession économique depuis 1998

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 18/08/2020 à 02:07 | Mis à jour le 18/08/2020 à 05:27
Photo : Reuters
Frequentation-tourisme-Thailande

L'économie thaïlandaise a enregistré au deuxième trimestre sa plus forte contraction annuelle depuis la crise financière asiatique en raison des mesures drastiques prises contre le nouveau coronavirus.

L'économie thaïlandaise, fortement dépendante du tourisme et des exportations, a reculé au deuxième trimestre de 12,2% en glissement annuel après une baisse de 2% au précédent. Sur une base désaisonnalisée, cela correspond à une chute de 9,7% sur le trimestre.

Selon les données de l'agence de planification thaïlandaise, c’est l’arrêt total du tourisme international qui porte le plus coup le plus dur à la deuxième économie d'Asie du Sud-Est, même si la consommation, les investissements privés et les exportations ont également souffert de la situation mondiale liée au Covid-19 couplée aux mesures locales strictes.

Dans un pays où très peu est fait pour combattre des fléaux responsables de la mort de plus de 60 personnes par jour comme l’insécurité routière ou encore la pollution atmosphérique, les autorités ont fait preuve d’un zèle tout particulier depuis mars pour contrer une maladie qui a tué en sept mois 58 personnes si l’on en croit les statistiques locales.

Le nouveau vice-premier ministre, Supattanapong Punmeechaow, a déclaré lundi lors d'une conférence de presse que le gouvernement annoncerait de nouvelles mesures de relance ce mois-ci, "pour soutenir l'économie et toutes les catégories de la population touchées", ajoutant que ces questions seront discutées lors d'une réunion le 19 août.

Les données, qui montrent également une contraction record d'un trimestre à l'autre, représentent un double casse-tête pour le gouvernement qui est confronté à un mouvement de grogne anti-gouvernementale sans précédent depuis le coup d'État de 2014.

"Les résultats économiques publiés aujourd'hui traduisent l'effondrement de la demande globale, à la fois externe et interne", a expliqué Kobsidthi Silpachai, analyste en chef des marchés financiers pour Kasikornbank.

"La reprise sera longue car le choc porté sur la demande et l'offre est le plus grave de mémoire d'homme", a-t-il ajouté.

Le Conseil national de développement économique et social (NESDC) a revu à la baisse ses prévisions concernant le produit intérieur brut (PIB) pour l'année. Le NESDC estime désormais que le PIB 2020 accusera une baisse de 7,3% à 7,8%, contre un recul de 5% à 6% prévu précédemment. En 1998, l'économie thaïlandaise avait subi une contraction de 7,6%.

Bien que la Thaïlande ait levé une grande partie des mesures restrictives sanitaires et que le royaume n’ait enregistré aucune transmission locale du coronavirus depuis plus de 80 jours, la fermeture stricte du pays aux étrangers couplée à une demande mondiale ralentie continue de malmener l’économie au risque de créer des dégâts structurels dans certains secteurs comme le tourisme.

Lundi, le NESDC a déclaré que la fréquentation étrangère en Thaïlande pour 2020 ne devrait pas dépasser les 6,7 millions de touristes alors qu’ils étaient 39,8 millions l'année dernière, ajoutant que le nombre de touristes étrangers au deuxième trimestre était nul.

Le NESDC s'attend par ailleurs à une baisse de 10% des exportations pour 2020, contre un recul de 8% prévu précédemment.

"Une reprise économique claire aura lieu une fois qu'il y aura un vaccin, ce que nous prévoyons au milieu de l'année prochaine", a déclaré le directeur du NESDC Thosaporn Sirisumphand lors d'une conférence de presse séparée.

La Thaïlande, plébiscitée comme un exemple par l’OMS pour son bilan du Covid-19, fait partie des pays qui utilisent dans leur protocole de soin la fameuse chloroquine qui fait débat dans certains pays comme la France et continue d’être présentée par un certain nombre de spécialistes comme une arme efficace face au Covid-19. Mais les résultats des traitements administrés aux quelque 3.200 patients traités dans le royaume durant la crise n’ont toujours pas été divulgués.

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