Cinq Thaïlandais inculpés de tentative de violence envers la reine

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 01/04/2021 à 01:36 | Mis à jour le 17/04/2021 à 09:08
Photo : REUTERS / Jorge Silva / File Photo - La reine Suthida de Thaïlande est photographiée alors que le cortège se dirige vers le Grand Palais à Bangkok, Thaïlande, le 14 octobre 2020
Affaire de l'obstruction au cortege de la Reine Suthida de Thailande

Cinq militants anti-gouvernementaux thaïlandais ont été inculpés mercredi pour tentative de violence envers la reine lorsqu'un cortège royal s’est curieusement retrouvé au milieu d'une manifestation l'an dernier.

L’avocat des prévenus, Poonsuk Poonsukcharoen, a déclaré que les procureurs les avaient inculpés en vertu d'un article de la loi qui prévoit au moins 16 ans de prison pour violence ou tentative de violence contre la reine, l’héritier ou le régent.

"Je n'avais pas de telles intentions, pas plus que je n'ai essayé de le faire. J'ai réaffirmé ces faits au cours des derniers mois", a déclaré l'un des accusés, Bunkueanun "Francis" Paothong, âgé de 21 ans.

Des infractions plus graves à la même loi peuvent entraîner la réclusion à perpétuité voire la peine de mort si l’acte incriminé est considéré comme ayant pu mettre la vie de la reine en danger.

Les faits remontent au 14 octobre dernier, alors que les manifestations anti-gouvernementales battaient leur plein, lorsque le convoi de la reine Suthida a pris un itinéraire inhabituel pour passer sur un axe sur lequel se trouvait un groupe de manifestants qui protestait devant la Maison du Gouvernement.

Sur une vidéo de l'incident on peut voir la police éloignant les manifestants de la voiture de la reine.

La cour a accordé aux cinq la liberté sous caution sans conditions, a indiqué l’avocat, et la prochaine audience est prévue le 26 avril.

"Je suis très reconnaissant que la cour nous ait accordé la libération caution, mais notre combat ne s'est pas arrêté. Nous devrons nous défendre contre ces accusations", a déclaré Bunkueanun Paothong.

Le mouvement anti-gouvernemental qui a émergé l'année dernière a brisé un vieux tabou sur la critique ouverte de la royauté en demandant à partir du mois d’août des réformes de la puissante monarchie lors de manifestations rassemblant plusieurs milliers de personnes et sur les réseaux sociaux. Au début, certains de leurs détracteurs estimaient que franchir cette ligne contribuerait à éteindre le mouvement, pensant que peu de Thaïlandais oseraient suivre, mais au contraire la contestation n’a fait qu’enfler davantage dans les semaines qui ont suivi. 

Alors que les manifestation montaient en intensité, le roi, qui vivait jusque-là en Allemagne, est rentré en Thaïlande en octobre, et à entamé une série de visites dans tout le royaume, enchainant bains de foule et séances d’autographes.

Le Palais Royal n'a jamais fait de commentaire directement sur les manifestations depuis qu'elles ont commencé l'année dernière.

Actuellement, 19 jeunes militants thaïlandais sont en prison en attente de leur procès pour une série d’accusations diverses dont sédition - 12 d'entre eux sont également accusés de lèse-majesté, un crime passible de 15 ans de prison. 

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