

Ah le bac, c'est plus ce que c'était ! Oups, à Lyon, on distribue l'éco à la place de l'histoire-géo en ES. La filière S est victime de tricheries en série : attaque au Blackberry en maths ; rafales de SMS en anglais et en physique. Du coup, on sort les sujets de secours en ES, la moyenne du bac S est bradée à 9/20 et le ministère de l'Education nationale mène l'enquête
© Rachel Frank/Corbis
Luc Chatel a déposé plainte pour "fraude aux examens", ainsi que "recel et abus de confiance" après la divulgation sur Internet d'un exercice de l'épreuve de mathématiques du baccalauréat S. Le ministre a également demandé aux correcteurs d'être "indulgents" dans leur notation. 165.000 élèves pourront donc être bacheliers de la série S à 9 de moyenne !
Tricher, c'est simple comme un petit clic
Deux fraudeurs présumés, âgés respectivement de 20 et 25 ans, ont été entendus jeudi soir par les enquêteurs de la brigade de la répression de la délinquance à la personne dans le cadre de l'enquête préliminaire sur une fraude à l'épreuve de mathématiques du baccalauréat de série S. Ils sont soupçonnés d'avoir mis en ligne des photos prises avec leur Blackberry d'une partie des épreuves de mathématiques sur le site jeuxvideo.com. Les enquêteurs ont pu identifier les deux jeunes hommes grâce aux traces informatiques qu'ils avaient laissées derrière eux lors de leurs connexions sur le site. La fuite "avérée" porte sur l'exercice de probabilités, qui compte pour quatre points sur vingt. Le ministre a décidé de ne pas noter cet exercice.
Ou comme un SMS !
Jeudi matin, la radio RTL a publié des photos de SMS reçus par un lycéen parisien contenant l'énoncé des sujets des épreuves d'anglais et de physique. Luc Chatel a immédiatement annoncé l'ouverture d'une enquête administrative sur ses rumeurs de nouvelles fuites en filière S tout en affirmant n'avoir "aucune indication sur d'autres fraudes au baccalauréat, la seule fraude avérée c'est celle que nous avons constatée à l'un des exercices de mathématiques".
Tout le monde crie au loup
Cette série de fraudes a suscité de nombreuses réactions :
- Le ministère de l'Education nationale a tout d'abord décidé de modifier le barème de notation. Une circulaire précise qu'afin de "ne pénaliser aucun candidat, une attention particulière sera portée, lors des délibérations, à ceux dont la moyenne générale est à un point d'un des seuils décisifs tels que : admission à l'oral (entre 7 et 8), obtention au premier tour (entre 9 et 10), mentions (respectivement entre 11 et 12, entre 13 et 14, entre 15 et 16)" . Elle demande également " de répartir les points redistribués sur les réponses les mieux réussies par les candidats pour chacun des quatre exercices".
- Les parents d'élèves ont pour certains porté plainte devant les tribunaux administratifs en expliquant par la voix de leur avocat qu'ils contestent la décision du ministère "car, selon les candidats, il se peut que certains ont commencé par cet exercice et consacré beaucoup de temps à cet exercice, réputé facile. Et ils ont donc espéré une très bonne notation".
- La Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), une des principales organisations de lycéens a demandé que "toute la lumière soit faite" sur ces fraudes.
- Le secrétaire général du syndicat des personnels de direction de l'éducation nationale, Philippe Tournier, a, quant à lui, estimé que "Ce qui est en cause aujourd'hui, ce sont les modalités de passation des épreuves et l'organisation même de notre examen, qui n'est manifestement plus du tout adéquate". Le débat sur la réforme du baccalauréat est reparti !
Claire Largillière (www.lepetitjournal.com) vendredi 24 juin 2011




































