

C'est l'épreuve olympique la plus attendue : la finale du 100 mètres, dimanche 5 août. Le jamaïcain Usain Bolt, champion olympique en titre et roi incontesté de la distance, parviendra-t-il à conserver son titre ? Derrière, les prétendants sont nombreux : Justin Gatlin, Yohan Blake, Asafa Powell ou encore Tyson Gay se verraient bien détrôner le roi Bolt
(Crédit : AFP)
C'était il y a quatre ans, presque jour pour jour. Finale du 100 mètres des JO de Pékin. Dans ce stade en forme de nid d'oiseau, les sprinteurs prennent leurs marques. Derrière leurs écrans, des milliards de téléspectateurs vont avoir le souffle coupé en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Usain Bolt, la révélation des Jeux, domine largement la finale, se permettant même de couper son élan à une vingtaine de mètres de la ligne d'arrivée. Temps affiché : 9 secondes et 69 centièmes, record du monde. Une légende est née.
On le dit peu travailleur, fêtard, grand consommateur de fast-food? Bolt est pourtant insolent de facilité. Un an après son titre olympique, il remporte le championnat du monde, à Berlin, en améliorant son record à 9'58. Mais depuis, certaines choses ont changé. Bolt est toujours devant, mais n'est plus imbattable. Pour preuve, le fantastique chrono de Yohan Blake (9'75) lors des sélections jamaïcaines, début juillet. En 2012, Bolt n'a pas fait mieux que 9'76. Derrière, trois sprinteurs se tiennent en un dixième de seconde : Justin Gatlin à 9'80, Asafa Powell à 9'85 et Tyson Gay à 9'86. Yohan Blake, jeune Jamaïcain de 22 ans, s'est même offert le luxe d'être champion du monde en 2011, quand Bolt a été disqualifié pour un faux départ.
Usain Bolt, 2008
Quelle place pour Christophe Lemaître ?
Dans cette compétition entre sprinteurs jamaïcains et américains, pas beaucoup d'espace pour la concurrence. Les places pour la finale vont donc être très chères. Pour Christophe Lemaître, le frenchie, la tâche ne va pas être facile. Champion d'Europe de la discipline en 2010, et de nouveau en 2012, recordman de France, Lemaître est objectivement un niveau en dessous. Mais c'est un garçon travailleur, qui peut jouer les outsiders. Il l'avait fait aux championnats du monde en 2011, en prenant la 4è place. Avec des temps tournant aux alentours des dix secondes, le sprinteur français sait que ses chances sont minces. C'est pourquoi il hésite encore à s'engager sur la distance reine, et se concentrer sur le 200 m, sa distance de prédilection. Là aussi, il devra affronter Usain Bolt.
Retour sur les grands 100 mètres de l'histoire
Si Bolt parvient à conserver son titre olympique sur la distance reine au soir du 5 août, il rejoindra alors la légende comme Carl Lewis, seul athlète à avoir gagné par deux fois le 100 m olympique. Le premier à Los Angeles, en 1984. Pendant ces Jeux, Lewis s'est fixé un objectif : remporter quatre médailles d'or, comme Jesse Owens en 1936. Mission accomplie avec le 100m, le 200m, le 4x100m et le saut en longueur.
Carl Lewis, 1984
Lors de Jeux de Séoul, en 1988, la concurrence s'annonce plus rude, avec la présence de Ben Johnson. Le Canadien domine la finale en 9'79. "Ils pourront battre mon record mais ils ne pourront jamais me prendre ma médaille d'or", affirme le nouveau champion. C'est pourtant chose faite trois jours plus tard, quand Johnson est déclassé pour dopage. Le titre revient à Carl Lewis.
D'autres grands noms de l'athlétisme ont pourtant tenté de réussir le doublé olympique sur l'épreuve reine. Le Britannique Linford Christie, champion en 1992 à Barcelone, a été disqualifié pour deux faux départs lors de la finale des jeux d'Atlanta, en 1996. L'américain Maurice Greene, champion olympique à Sydney en 2000, se contente de la troisième place en 2004, à Athènes. Usain Bolt a donc la possibilité, le 5 août, de rejoindre Carl Lewis au sommet de l'athlétisme.
Par Marlène Vitel (www.lepetitjournal.com/londres) jeudi 5 juillet 2012






































