

Après la démission du président sud-africain Thabo Mbeki ce week-end, c'est Kgalema Motlanthe qui a été désigné hier par le parti majoritaire pour diriger le pays. Réputé pour être très modéré, le nouveau chef de l'Etat devra faire preuve de tact pour préserver la stabilité du pays
A 59 ans, Kgalema Motlanthe succèdera jeudi à Thabo Mbeki au poste de président de l'Afrique du Sud (photo AFP)
Dans deux jours, il sera officiellement nommé à la tête de l'Afrique du Sud. Kgalema Motlanthe, numéro 2 du parti au pouvoir (ANC), a été désigné hier pour succéder au président Thabo Mbeki, qui a démissionné ce dimanche. Ce dernier, soupçonné d'avoir instrumentalisé la justice pour écarter son rival Jacob Zuma, a en effet été contraint samedi par son propre parti à quitter ses fonctions.
Pour le remplacer à la tête du pays, c'est la vice-présidente Phumzile Mlambo-Ngcuka qui aurait dû selon la loi assurer l'intérim jusqu'aux prochaines élections. Mais cette dernière a préféré démissionner en soutien à Thabo Mbeki. Le parti au pouvoir, l'ANC, qui détient plus des deux tiers des sièges du Parlement, a donc dû désigner le successeur. Jacob Zuma, l'éternel rival du président démissionnaire, ne pouvait pas prétendre au poste puisqu'il ne dispose pas de siège au Parlement, ce que la Constitution du pays exige. C'est donc finalement le vice-président du parti ANC, Kgalema Motlanthe qui a été désigné pour être le nouveau visage de l'Afrique du Sud. Jeudi, les députés le nommeront officiellement à la tête de l'Etat.
La crainte de démissions massives
Et le choix de l'ANC paraît plutôt sage. Car du haut de ses 59 ans, Kgalema Motlanthe est un homme politique réputé pour sa modération et très populaire au sein de son parti. Ces derniers temps, il avait même mené une campagne pour rassurer la population sur l'avenir politique du pays, en s'adressant notamment à la minorité blanche et aux investisseurs étrangers, qui craignaient une prise de pouvoir brutale par Jacob Zuma, réputé très populiste.
Preuve de la confiance du parti envers son futur président, l'ANC confiera à Kgalema Motlanthe les fonctions de président avec les pleins pouvoirs, et non pas un simple poste de président par intérim. Le nouveau chef de l'Etat pourra donc former un gouvernement de transition, en attendant les prochaines élections prévues pour le 2e semestre 2009.
Mais des inquiétudes sur l'avenir politique du pays se font déjà sentir. Dimanche, la presse locale craignait que de nombreux ministres ne démissionnent en signe de soutien à Thabo Mbeki, provoquant une paralysie du nouveau gouvernement, voire même le déclenchement d'élections législatives anticipées. Hier, les dirigeants de l'ANC ont toutefois tenu à démentir ces rumeurs de démissions massives, qui risqueraient de mettre en péril la stabilité du pays, première puissance économique du continent africain.
Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) mardi 23 septembre 2008
En savoir plus
Le Monde - Désavoué par son parti, le président sud-africain Thabo Mbeki démissionne
Libération - Kgalema Motlanthe, président sud-africain jusqu'à l'an prochain








































