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AFFAIRE GRÉGORY - 20 ans après, où est la vérité ?

La cour d'appel de Dijon vient d'ordonner la réouverture de l'enquête sur la mort du petit Grégory Villemin. Plus de 24 ans après le meurtre de l'enfant, les époux Villemin souhaitent enfin découvrir la vérité sur l'identité de l'assassin de leur fils grâce aux progrès de la science en matière de recherche ADN

Le petit Grégory Villemin (AFP/Archives)

Le 16 octobre 1984, le petit Grégory Villemin, 4 ans, est retrouvé mort noyé, pieds et poings liés, son bonnet rabattu sur le visage, dans une rivière des Vosges, non loin de son lieu de résidence. S'en suivent plus de 20 ans d'une affaire judiciaire et médiatique que les parents de l'enfant souhaitent enfin voir se conclure bientôt grâce aux innovations scientifiques. La cour d'appel de Dijon vient, en effet, d'ordonner la réouverture de l'enquête et la recherche de traces ADN sur les scellés (notamment sur les vêtements, les cordelettes et les lettres de menace).

Un véritable feuilleton judiciaire
Le lendemain de la découverte du corps de Grégory dans la Vologne, Christine et Jean-Marie Villemin reçoivent une lettre postée au moment de la disparition de l'enfant : "Ton fils est mort. Je me suis vengé". La recherche du "corbeau"mène alors les gendarmes vers Bernard Laroche, cousin de Jean-Marie, accusé gravement par sa belle-s?ur, Murielle Bolle, avant que celle-ci ne se rétracte. Cependant, Jean-Marie Villemin, persuadé de la culpabilité de son cousin, l'abat d'un coup de fusil quelques temps après sa libération, il sera condamné à 5 ans de prison dont un avec sursis.
Christine Villemin devient également suspecte dans l'affaire suite aux témoignages de 3 de ses collègues l'ayant vu poster une lettre à l'heure et au lieu précis où le courrier du corbeau aurait été envoyé. La culpabilité de la mère divise la France de l'époque. Elle est finalement relâchée 11 jours après son incarcération et ce n'est qu'en janvier 1993, qu'elle obtient un non-lieu pour "absence de charges".

Une réouverture "sans garantie"
Cette réouverture partielle du dossier est un premier pas pour la veuve de Bernard Laroche qui souhaite "une réouverture totale" de l'enquête et notamment l'analyse des enregistrements audio des appels du corbeau qui, selon elle, pourrait innocenter son mari, qui reste encore aujourd'hui le principal suspect.
Malgré l'espoir de la famille Villemin, ce bilan scientifique, dont les résultats ne seront connus qu'en mai-juin 2009, ne permettra peut-être pas d'identifier le meurtrier, car comme l'indique le professeur Moisan, de l'IGNA (Institut Génétique Nantes Atlantique) appelé sur l'affaire : "Aucune précaution particulière n'a été prise et il est probable que les scellés aient été contaminés par des ADN exogènes". Déjà, en juin 2000, l'analyse ADN d'un demi-timbre prélevé sur l'enveloppe d'une lettre envoyée par le corbeau, en 1983, n'avait rien donné.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com)   

A voir également :
L'affaire en photos Le Figaro, «Le petit Grégory» : 24 ans de mystère
Article du Nouvel Obs, Saura-t-on qui a tué Grégory ?
Article du Monde, La justice rouvre l'enquête sur la mort du petit Grégory
Article de Libéstrasbourg, 24 ans après, l'affaire Grégory est rouverte


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