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Le retour des paquebots de croisière à Venise : une situation qui fait débat

Par Nina Malleret | Publié le 29/06/2021 à 07:00 | Mis à jour le 29/06/2021 à 07:00
Vue sur Venise et la place Saint Marc

Depuis qu’une nette amélioration de la situation sanitaire en Italie a été relevées, les bateaux de croisière se sont vu attribuer une nouvelle autorisation de rentrer dans la lagune de Venise. Un retour soudain après 17 mois d’arrêt qui divise les habitants, entre associations opposées et militants pour la relance de l’économie touristique.

 

C’est le 12 novembre 2019 que l’interdiction avait d’abord été prononcée, due à cette période à la montée des eaux qui empêchait le déplacement des bateaux touristiques au cœur de la lagune du nord de l’Italie. Le début de la pandémie du coronavirus, quelques mois plus tard, n’a fait qu’accentuer l’effet de la mesure et prolonger l’arrêt des paquebots de croisière. Et c’est en ce début de mois de juin, sous le soleil éclatant des premiers jours d’été à la saveur italienne, qu’un premier bateau a fait son grand retour, chargé de touristes ravis et après pas moins de 17 mois d’absence observés par les riverains. Une décision qui n’est pas sans polémique, tant elle n’est pas synonyme de bonne nouvelle pour tout le monde.

 

Des manifestations pour protester

Alors que la silhouette imposante du MSC Orchestra se dessinait aux abords de la place Saint-Marc, ce sont de nombreux manifestants qui montraient alors aux caméras et journalistes des banderoles sur lesquelles on lisait « Non aux navires de croisière ». Des cris d’opposition qui témoignaient alors d’une réelle colère de la part des Vénitiens, qui ont pu considérer et apprécier en période de pandémie leur terre de résidence sans un touriste en vue. Et la révolte est d’autant plus grande qu’une loi contre l’entrée des bateaux de croisière dans la lagune a bel et bien été votée en mai dernier ; seulement, et c’est le gros problème, le terminal qui pourra les accueillir à l’extérieur de l’enceinte ne verra sa construction aboutie que dans plusieurs années.

 

Le message est clair : les paquebots de croisière ne sont pas les bienvenus dans l’œil des résidents de la ville aux nombreux canaux. Et alors que ces derniers témoignaient d’une clarté inédite et d’un retour à la biodiversité durant les mois de confinement, c’est un bonheur que les riverains jugent terminé à cause du retour des bateaux de tourisme. Les croisiéristes et certains Vénitiens en faveur de l’économie ont fait entendre leur joie d’être de retour à Venise, justifiant cet enthousiasme par le fait que cela représente une contribution essentielle au redémarrage touristique de la ville après 17 mois d’arrêt : or, ce n’est certainement pas l’avis de la majorité des habitants, qui eux désirent basculer vers un tourisme maritime plus écologique, comme en témoigne Jane Da Mosto, de l’association « We are here Venise » pour LCI : « Une solution pour Venise serait d'avoir un tourisme maritime différent. Nous avons besoin de bateaux plus écologiques et qui ne ramènent pas des milliers de personnes dans nos ruelles étroites juste pour une fois. Nous avons besoin de visiteurs intéressés par la culture de Venise ». Entre destruction de l’authenticité culturelle de la ville, conséquences désastreuses sur l’environnement et dégâts sur le patrimoine Vénitien, les arguments des riverains sont suivis d’un mécontentement évident, alors qu’ils estiment que ces « monstres des mers » engendrent un tourisme dit éclair, au cœur duquel la mise à mal de la Cité des Dosges est bien plus proéminente que le support économique apporté par les visiteurs.

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Nina Malleret

Nina Malleret

Étudiante en Master 1 Culture à Angers, Nina effectue un stage de 4 mois au sein du Petit Journal de Rome. Curieuse, investie et forte d’ambition, elle est une passionnée d’arts visuels ainsi que de littérature, et aspire au journalisme culturel Européen.
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Marie Astrid Roy

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