Après 70 ans sous l’eau, le village de Curon refait surface

Par Nina Malleret | Publié le 27/05/2021 à 07:00 | Mis à jour le 28/05/2021 à 12:45
L'église du village Curon sort de l'eau

C’est une nouvelle impressionnante pour les habitants locaux ainsi que pour les visiteurs qui avaient l’habitude de s’y rendre : le village de Curon, au nord de l’Italie, a refait surface, alors que seul son clocher demeurait jusqu’ici hors de l’eau. Inondé en 1950 dans le but de créer une centrale hydroélectrique, Curon avait disparu depuis plus de 70 ans.

 

Si vous êtes un féru de Netflix, alors le nom ne vous est peut-être pas tout à fait inconnu : le village de Curon, situé dans les Alpes italiennes et récemment devenu théâtre de la série horrifique du même nom, a refait surface en avril dernier, alors qu’il était submergé par les eaux d’un lac artificiel depuis plus de 70 ans pour laisser place à une centrale hydroélectrique.

 

série Netflix Curon

 

Le projet de la centrale hydroélectrique

Décidé en 1920, ce projet de centrale hydroélectrique voit débuter ses travaux en 1940, malgré une opposition catégorique de la population alentour. Manifestations, appels à l’aide, audience auprès du Pape afin de sauver le village de Curon : rien n’y fait, et ses 900 habitants se voient donc contraints de déménager. Après une interruption des travaux lors de la Seconde Guerre mondiale, le projet reprend en 1947 pour être finalement achevé 3 ans plus tard, en 1950. Lors de sa mise en place, le projet d’après-guerre a également engendré la construction d’un barrage, ainsi que la fusion de trois lacs dans l’optique d’inonder une surface de plus de 500 hectares au total. Le résultat est un « nouveau » lac artificiel, le Lago di Resia, qui a par ailleurs englouti plus de 160 habitations ainsi que les emblèmes d’un village entier, comme l’église ou le cimetière. Le clocher, vestige solitaire resté in situ et dépassant de l’eau, était jusqu’à peu le seul souvenir visible de l’emplacement du village englouti.

 

le village Curon

 

La vidange du lac Resia et l’émergence de Curon

Le Lago di Resia, situé dans le Tyrol du Sud (la région alpine qui longe l’Autriche et la Suisse), est le plus grand lac artificiel de la province de Bolzano. Plus de 70 ans après sa mise en place, il a récemment été partiellement vidé pour la réalisation de travaux d’entretien, suite à la découverte d’une fuite dans les réservoirs de la centrale. C’est ainsi que, au gré de l’assèchement du lac, les vestiges presque « fantomatiques » du village de Curon ont été dévoilés au grand jour. Les habitants ont par ailleurs documenté cet étrange évènement, entre la découverte des caves, des murs, des marches et des anciennes constructions, demeurées englouties depuis des décennies. C’est ainsi que les ruines et vestiges de cette bourgade italienne ont rejoint le clocher emblématique, désormais à la vue des passants qui peuvent y déambuler librement. Malheureusement, ce phénomène n’est que temporaire : une fois les travaux d’entretien terminés, le réservoir sera de nouveau rempli, et le village à nouveau plongé dans les profondeurs du lac Resia.

 

L’emblème du clocher de Curon et ses légendes

Particulièrement célèbre pour son clocher du XIVe siècle, le village de Curon a inspiré durant ces dernières années le livre de Marco Balzano, Io resto qui, ainsi que la série à succès de Netflix, qui porte pour titre le nom du bourg et dans laquelle figure le légendaire clocher. Entre fiction et réalité sur un ton horrifique, la série Curon a fortement participé à la visibilité touristique du village. Chaque année, le lac attise d’ailleurs la curiosité de touristes et randonneurs, qui s’adonnent à la traversée des eaux gelées en hiver, afin d’atteindre la tour du clocher de l’église San Anna. Une grande légende s’accroche également encore au village de Curon, selon laquelle l’on pourrait entendre les cloches de l’église (retirées en 1950) sonner depuis le fond du lac.

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Nina Malleret

Nina Malleret

Étudiante en Master 1 Culture à Angers, Nina effectue un stage de 4 mois au sein du Petit Journal de Rome. Curieuse, investie et forte d’ambition, elle est une passionnée d’arts visuels ainsi que de littérature, et aspire au journalisme culturel Européen.
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Marie Astrid Roy

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