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Inquiétude pour les automobilistes empruntant l’A24

Par Noé MALAPRIS | Publié le 19/11/2021 à 08:08 | Mis à jour le 19/11/2021 à 08:08
Le péage en Italie

Alors qu’il l’avait promis en juillet dernier, pendant la campagne électorale, le maire Roberto Gualtieri n’a pas encore annoncé la suppression du péage de l’autoroute 24, au grand dam des automobilistes de l’est de Rome.

 

Rome, comme la ville de Paris à laquelle elle est jumelée, dispose d’un périphérique. Ou plus précisément, d’un tronçon autoroutier permettant aux automobilistes de contourner la ville, et donc de ne pas devoir la traverser en son sein, ce qui est rendu difficile par la présence des ZTL et du trafic conséquent. Or, de nombreux Romains vivant dans l’est de la Capitale empruntent ce tronçon chaque jour pour se rendre à leur travail, pour des raisons évidentes de praticité : traverser directement la vile serait bien trop difficile.

Depuis 2007, toute personne voulant emprunter l’autoroute A24, sur laquelle est situé le tronçon menant à Rome, doit s’acquitter d’une taxe, dont la valeur augmente constamment depuis plusieurs années, d’un montant de 1,30 euro. En moyenne, un habitant de Rome-Est paye annuellement 800 euros pour se rendre à son travail et en revenir. Et les Romains ne sont pas les seuls : beaucoup d’Italiens qui habitent dans le Latium, parfois à des dizaines de kilomètres de la Capitale, travaillent à Rome et prennent tous les jours l’A24. Mais le sentiment d’injustice est particulièrement élevé pour les habitants de Rome-Est qui ont le sentiment d’être considérés comme des sous-citoyens, en devant payer pour circuler afin d’entrer dans leur propre ville.

 

Une promesse embarrassante

Pour Gualtieri, la situation est complexe. Car en juillet dernier, celui qui n’était alors qu’un candidat n’avait pas hésité à promettre de soulager les usagers de l’A24 en supprimant le péage. Une promesse qu’il a maintenant du mal à assumer, comme en témoigne la suppression dans le décret-loi sur les Infrastructures de l’amendement qui prévoyait la fin de ce péage contraignant pour plus de 260 000 personnes – ce  chiffre ne prenant en compte que les Romains impactés, alors que beaucoup d’habitants de villes proches de Rome le sont aussi. Il semble en effet que les finances de la ville et de l’Etat ne le permettent pas. Une déception pour les habitants de Rome-Est et des environs de la Capitale, d’autant qu’une nouvelle augmentation de 34% des prix du péage est prévue au 1er janvier 2022 si rien n’est fait pour la juguler. Du pain béni pour l’opposition, qui ne manque pas de fustiger ce dérobement de l’élu issu du Parti Démocrate, parti de centre-gauche qui gouverne aussi la région du Latium à travers la présidence de Nicola Zingaretti. Roberto Gualtieri est donc attendu au tournant sur ce sujet, par ses administrés mais aussi ceux des villes voisines dont les citoyens empruntent l’A24 pour se rendre au travail.

 

Fronde contre l’augmentation des prix

Cela fait 14 ans, depuis 2007 donc, que l’A24 est de gestion privée. Entretemps, les frais de péage ont grimpé de 187%. L’énième augmentation prévue pour le 1er janvier, qui avait été retardée plusieurs fois, est un coup dur supplémentaire pour les utilisateurs, qui ont du mal à l’accepter, surtout dans ce contexte de reprise économique peu disposé à subir de nouvelles charges alors même que la crise n’est pas encore totalement passée.

En réaction, 100 maires, notamment de Tivoli, Castel Madama, ou encore de villes des Abruzzes, ont écrit à Nicola Zingaretta et son collègue Marco Marsilio pour leur demander de négocier avec le ministre des Transports, Enrico Giovannini, l’annulation de cette augmentation. S’ils n’obtiennent pas gain de cause, une manifestation se tiendra devant le ministère. Car en plus d’attenter au pouvoir d’achat des citoyens, une telle hausse pourrait compromettre de nombreuses petites entreprises qui se verraient contraintes de déposer le bilan.

Noé MALAPRIS

Noé MALAPRIS

Étudiant à Sciences Po, j'ai la chance de passer ma 3e année à Rome, où j'effectue un stage d'un semestre au Petit journal.
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Marie Astrid Roy

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