Lundi 18 juin 2018
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

ANECDOCT'HIC – Fort Santiago, un voyage dans le temps 

Par Lila BUNOAN | Publié le 12/02/2018 à 21:00 | Mis à jour le 12/02/2018 à 21:00
Fort Santiago

Construite en 1571 par le conquistador espagnol Miguel Lopez de Legazpi, cette forteresse représente une part importante des structures défensives de la cité d'Intramuros. Ce fort est aujourd’hui l’un des sites historiques les plus importants de Manille, ne serait-ce que par le nombre de prisonniers qui y ont été retenus et qui y sont morts pendant la période coloniale espagnole et la Seconde guerre mondiale. Jose Rizal lui-même, sans doute l’un des plus célèbres héros nationaux philippins, y été emprisonné avant son exécution en 1896.  

 

Les origines du fort

 

SantiagoLe fort porte le nom de Saint Jean (Santiago en espagnol), l’apôtre devenu saint patron de l'Espagne, saint guerrier qui, selon la légende, est apparu miraculeusement des centaines d'années après sa mort, en 844, pour se battre, sur son cheval blanc, au côté de Don Ramir, dans la bataille de Clavijo et conduire les troupes espagnoles à la victoire.

 

Fort Santiago a été la première forteresse de défense du gouvernement espagnol aux Philippines et est demeuré le centre du commerce d'épices jusqu’en 1815 : la route du galion de Manille (qui rejoignait l’Espagne via Acapulco) commençait en effet au Fuerte de Santiago.  

 

Le Fort Santiago a été bâti sur le site du palais du chef de tribu philippin Rajah Sulayman (détruit par le conquistador espagnol Martin de Goiti). Sa construction a commencé après que les Espagnols ont établi leur domination sur Manille et fait de la ville la capitale des Philippines, le 24 juin 1571.

 

L'évolution du fort 

 

Le premier fort n’était qu’une structure de rondins de palmiers et de terre. La plus grande partie de ce premier édifice a d’’ailleurs été détruite lors de l’invasion de la ville par des pirates chinois menés par Limahong. Après un conflit acharné, les Espagnols, sous le commandement de Juan de Salcedo, sont finalement parvenus à chasser les pirates.

 

La construction du fort en pierres volcaniques et en ciment de boue a commencé en 1590 et a pris fin en 1593, sous le règne de Gómez Pérez Dasmariñas.

 

En 1645, un tremblement de terre détruit à nouveau la plus grande partie de l'édifice, et les Espagnols le restaurent de 1658 à 1663.

 

Pendant l'occupation britannique du pays, de 1762 à 1764, Fort Santiago est utilisé comme leur quartier général. Et lorsque les Américains conquiert la ville en 1778, ils rénovent le bâtiment qui devient un centre de commandement des Philippines des États-Unis.

 

 

fort santiago
La façade du Fort Santiago en 1880

Lorsque le Japon occupe les Philippines pendant la Seconde guerre mondiale, les militaires japonais utilisent le fort comme une prison qui devient le lieu de nombreux actes de torture et  de l’exécution de centaines de civils et opposants philippins.

 

En 1945, lors  des combats entre les forces de libération américaines et les Japonais, le fort est sévèrement endommagé. Il servira d’ailleurs ensuite de dépôt pour les transports américains. En 1946, le gouvernement philippin prend enfin possession du fort et fait de ce lieu un sanctuaire : le fort, qui est resté pendant de si nombreuses années le symbole de l’oppression coloniale, devient celui de la liberté.

 

Un lieu de visite et de commémoration

 

Fort Santiago est un passage incontournable de la visite d’Intramuros. Des excursions pédagogiques y sont d’ailleurs régulièrement organisées pour les écoles philippines.

 

Lieu d’histoire et de mémoire, le musée du fort se consacre aussi bien à la période espagnole qu’au souvenir de José Rizal à travers l’exposition d’œuvres, d’objets et de reliques (un os, une balle dans une urne de verre) du héros, de sa famille ou de son entourage. Sur le sol, des empreintes de bronze représentent sa dernière marche depuis sa cellule jusqu'au lieu de son exécution.  

 

fort santiago

 

 

Une visite importante pour les Philippins, et pour mieux connaître et comprendre les Philippines.

 

Lila BUNOAN

Lila BUNOAN

Atelier presse online (1ère) - Lycée français de Manille
0 CommentairesRéagir

Actualités

EDITO

MANILLE – Les adieux du petitjournal.com…

Après trois années d’une belle aventure, l’édition manillaise du petitjournal.com du Lycée français de Manille cessera son activité à la fin du mois de juillet. Souvenirs et perspectives.

Que faire à Manille ?

Singapour Appercu
ENVIRONNEMENT

ENVIRONNEMENT – Boracay, ile paradisiaque, fermée au tourisme

Aux Philippines, la magnifique ile de  Boracay de seulement 11 km2, située à 300 km au sud de Manilles, fait rêver avec ses plages de sables fins, ses palmiers et son eau translucide … Un peu trop mêm