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DIS-MOI DIX… - … raisons de visiter le Fort Santiago…

Par François COUDRAY | Publié le 05/02/2018 à 21:00 | Mis à jour le 06/02/2018 à 08:32
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… entre le 2 février et le 5 mars 2018. Mille autres raisons pourraient vous y pousser en d’autres temps : votre soif d’histoire philippine, votre amour des vieilles pierres, un soudain besoin d’espace et de tranquillité…

 

Mais c’est bien de la première Biennale de Manille qu’il s’agit encore aujourd’hui et pendant un mois. Parce que la citadelle, construite par le conquistador espagnol Miguel Lopez de Legazpi sur le site de l’actuel Intramuros, accueille une dizaine d’œuvres d’artistes philippins contemporains qui illustrent la vitalité et la diversité des arts plastiques aux Philippines.

 

Dix œuvres, sur le thème de la « ville ouverte » retenu pour cette première Biennale (se reporter pour plus d’explications à notre article du 02-02-2018), développent, à travers des médiums variés (cinéma, installation, sculpture, art du son, art végétal…) une réflexion sur l’histoire de Manille. Elles inventent, chacune à leur façon, de nouveaux espaces pour l’habiter autrement, y réinventer des chemins…

 

  1. « Inherited Memories » (« Mémoires héritées ») d’Angel Velasco Shaw (2018)

 

Une installation vidéo saisissante, présentée dans l’obscurité d’une cave voutée du Fort, et tissant des images d’archive de l’U.S. Army, des scènes de rue dans l’Intramuros d’aujourd’hui et des textes lus extraits d’un livre de l’artiste (Second World War, Second Hand)… pour interroger les survivances des blessures de la Seconde guerre mondiale chez ceux qui ont survécu à la terreur et à la torture et chez les générations à qui cette histoire traumatique est transmise de manière parcellaire.

 

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  1. « WNC Projects » de Wawi Navarozza et Nicolas Combarro (2018)

 

Cette œuvre que les artistes définissent eux-mêmes comme une « installation / sculpture / bricolage faite de bois récupérés dans d’anciennes habitations démontées et de transplantations de  pousses végétales sauvages récupérées sur les murs d’Intramuros » interroge avec force et évidence notre manière d’habiter la ville. La double référence à l’architecture locale et à la nature qui continue d’occuper la ville, envers et contre tout, conduit le spectateur à la rêverie et à la réflexion face à cette étrange cabane et aux dessins qui lui sont associés.

 

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  1. « Bayanihan Hopping Spirit House » d’Alwin Reamillo (2015)

 

Une cabane encore, de bois, de bambou et de matériaux divers : une « maison de l’esprit qui espère »… pour la ville, la nation et la communauté (ce sont là les trois acceptions du terme bayan). Une maison nomade dont le transport implique systématiquement la participation d’habitants du lieu qui la reçoivent et accueille régulièrement des actions d’initiative sociale : une installation et une performance, poétique et politique, un voyage partagé.. vers cette enfance en nous que l’art parfois peut réveiller ?

 

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  1. « Angel of Death » et « Bronze Bullets » d’Agnes Arellano (1990)

 

Deux sculptures de marbre et de bronze : un « ange de la mort » et six massifs « obus de bronze » interrogent les complexes relations de la destruction et de la création. Une installation qui se passe de commentaire…

 

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  1. « Walang Boots » (« Sans chaussure ») de Pete Jimenez (2018)

 

150 paires de formes à chaussures en bois, des armes jouets, également en bois, et des douilles forment cette installation qui dessine un chemin, un courant… L’artiste revendique faire signe à la fois vers le passé, avec un hommage rendu à José Rizal (l’installation est en effet placée prêt du lieu où José Rizal a fait ses derniers pas, de la cellule de Fort Santiago où il était enfermé, vers Bagumbayan, lieu de son exécution le 30 décembre 1896) et vers l’avenir, avec un clin d’œil ironique à la modernisation de l’armée philippine.

 

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  1. « trans » de Marie Cruz (2018)

Œuvre sans doute la plus conceptuelle de l’exposition, simple portique de plastique blanc et rouge, doublant l’ancien porche de pierre du fort : comme une traversée de l’histoire…

 

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  1. « Kaming Mga Busabos : Ang Kundiman ni Mariano Dimalanta » de Boni Juan (2018)

 

Le titre philippin signifie : « Nous, les opprimés : la ballade de Mariano Dimalanta ». Boni Juan, artiste d’Intramuros, rend hommage, dans cette saisissante installation, à son grand-père, Mariano Dmalanta, incarcéré dans les cachots d’Intramuros du fait de ses activités de résistance durant l’occupation japonaise de la ville. L’œuvre fait plus précisément référence à un souvenir du vieil homme : la manière dont les cachots se remplissaient d’eau lorsqu’il pleuvait fort. Des photographies enfermées dans des bouteilles de verre pleines d’eau, disposées sur les marches desdits cachots, renvoient le visiteur à ces « vies de peu de prix », sacrifiées durant la Seconde guerre mondiale, et l’invitent à réfléchir à cette « histoire, devenue flottante », au révisionnisme et aux horreurs qui se reproduisent.

 

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  1. « Lady Liberty » de Kawayan de Guia (2015)

 

Séduisante et troublante variation sur la célébrissime Statue de la liberté, installée face au marché public de Baguio et interrogeant de la sorte la « domination américaine et la consommation de masse ». L’installation mêle des fragments d’une réplique de la statue en fibre de verre à une structure composite de bois, de tôles, de pierre… autant de matériaux de construction abandonnés dans Intramuros. Elle engage elle aussi à une double méditation, vers le passé (c’est là une référence évidente à la défaite américaine qui précède l’occupation japonaise, période bien connue de destruction et de terreur) et vers l’avenir (en autorisant le public à vandaliser son œuvre, l’artiste rappelle la vulnérabilité de notre situation présente).

 

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  1. « Masamang Loob » de Gail Vicente, Marija Vicenté et Tanya Villanueva (2018)

 

Œuvre sonore, aux portes des cachots de la forteresse : secrets, paroles et chansons, murmurés comme « une rumeur traversant le vide »… Ce que l’on voit, ce que les sons nous invitent à imaginer…

 

  1. « Turf Wars » de Lena Cobangbang » (2018) et « Weakest Link » de Mark Salvatus (2011)

 

Deux cartes pour interroger les frontières.

Une œuvre végétale recomposant un jardin, une image miniature des îles contestées de l’ouest de la Mer des Philippines, au cœur du Fort Santiago, lieu de nombreuses batailles et contestations de l’histoire de l’archipel. Cette œuvre, selon les mots de l’artiste, dépeint les Philippines comme « un territoire d’herbes sauvages, en lutte permanente pour une identité nationale ».

 

Une carte mouvante composée de chaînes d’argent posées sur le sol : un accessoire de mode pour représenter et interroger l’idée de frontières.

 

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Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site internet de la Biennale de Manille ou sur sa page Facebook.

 

 

 

CRÉDIT PHOTOGRAPHIQUE © François Coudray

 

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