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La prolifération des perruches vertes à Madrid devient un fléau

Par Armelle Pape Van Dyck | Publié le 09/10/2019 à 12:00 | Mis à jour le 09/10/2019 à 15:31
Photo : Diego Marín on Unsplash
perruche madrid

Qui ne s’est pas émerveillé ou pour le moins étonné en voyant voler dans les parcs madrilènes de belles petites perruches vertes ? Ces oiseaux exotiques sont hélas une espèce invasive qui se multiplie à toute vitesse et représente un danger pour l’écosystème et même pour l’homme.

 
Comme beaucoup des espèces exotiques qui envahissent peu à peu nos régions –par exemple les xenopus, écrevisses de Louisiane ou tortues de Floride dans les cours d’eau- le perroquet argentin ou "perruche moine", est un oiseau originaire d’Amérique Latine qu’on trouvait en animalerie et qui a dû s’échapper ou, pire, a été abandonné par des propriétaires peu scrupuleux. 

Même si leur commercialisation est interdite depuis des années, leur capacité d’adaptation aux différents types d’habitats et l’absence de prédateur dans nos villes ont fait que les premiers exemplaires se soient multipliés, d’abord à la Casa de Campo, puis dans tous les parcs et que de véritables colonies de ces oiseaux exotiques se soient installées dans tout Madrid. En 2005, on comptait 1.700 exemplaires à Madrid. Elles seraient maintenant plus de 12.000 (20.000 en Espagne) d’après la Société Espagnole d’Ornithologie SEO/Birdlife Ornithology. Les experts estiment que leur nombre pourrait doubler en un an. 

Ces oiseaux, qui vivent jusqu’à vingt ans, ont une telle capacité d’adaptation qu’ils peuvent bien sûr vivre dans un pays chaud comme l'Espagne, mais aussi à Bruxelles, Londres ou encore dans le nord des Etats-Unis. Le problème se pose actuellement dans le reste de l’Europe avec la perruche à collier, originaire d’Afrique et d’Asie, plus agressive avec les autres oiseaux, et qui s’est particulièrement bien acclimatée en région parisienne, par exemple. 

 

Leurs nids pèsent en moyenne 50 kilos mais peuvent atteindre jusqu'à 200 kilos

Les perroquets argentins ont hélas un effet très négatif sur la biodiversité en provoquant la diminution d’autres espèces. Par exemple, le moineau, qui disparaissait déjà peu à peu de nos villes, doit disputer la nourriture avec cet oiseau plus grand, plus fort et plus malin que lui. Ces perroquets provoquent également de gros dommages sur les cultures et la végétation, en cassant ou arrachant des milliers de petites branches des arbres pour faire leurs nids. Il faut savoir qu’avec le temps et l'augmentation de volume, ces nids pèsent en moyenne 50 kilos mais peuvent atteindre jusqu'à 200 kilos. Non seulement les perruches vivent toutes ensemble, mais elles adaptent leur nid aux intempéries, construisant des parois plus épaisses si le climat est froid. Tout ceci représente un risque en cas de chutes y compris pour les installations électriques où elles nichent aussi.

Selon divers articles scientifiques, ces oiseaux pourraient en plus transmettre des maladies à l'homme, telles que l’ornithose, la grippe aviaire, la salmonellose, ou la maladie de NewCastle. Cependant, des études concrètes seraient nécessaires pour déterminer le risque réel de ces infections, étant donné que ces oiseaux sont particulièrement craintifs, ce qui réduit les risques de transmission. 

 

Plus de 200 plaintes ont été enregistrées en 2018

Cependant, un chose est certaine. Ces perruches génèrent beaucoup de désagréments pour les voisins avec leurs cris perçants. Plus de 200 plaintes ont été enregistrées en 2018 et, jusqu'en août de cette année, le chiffre de l'an précédent avait été atteint.

Face à l’expansion incontrôlée de cette espèce exotique cataloguée d’envahissante, la mairie de Madrid a donc décidé de mettre en marche un plan de contrôle et de réduction de ces oiseaux, en collaboration avec SEO / Birdlife Ornithology, inquiets de la menace qu'ils représentent pour l'écosystème et la santé de la population. 

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Armelle pvd

Armelle Pape Van Dyck

Après 15 ans à la direction de la communication de la 1ère banque espagnole, elle a décidé de concilier vie pro & perso, comme journaliste freelance en français ou espagnol. Elle est vice-présidente de l’Association des Correspondants de Presse Étrangère.
3 Commentaire (s)Réagir
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Clotilde jeu 10/10/2019 - 09:51

Article très intéressant. C'est malheureusement vrai. Ces perruches sont superbes mais on ne peut pas les laisser proliférer ainsi. Nous esperons vraiment que la Mairie va mettre en marche une stratégie .

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Pierre007 dim 13/10/2019 - 01:22

Je ne comprends pas le problème,qui de mon point de vu est une polémique ridicule nous avons vécu très longtemps en Australie où les perroquets les perruches par centaines font parti du paysage

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Annelle mer 23/10/2019 - 21:45

Le problème c'est comme avec toutes les espèces invasives, les autres espères "autochtones" ne peuvent pas survivre, et il n'y a plus de bio-diversité. Même chose avec le moustique-tigre ou le frelon asiatique. C'est le résultat de notre mode de vie mondialisé oû nos échanges commerciaux et nos modes de transport frénétiques favorisent l'importation de ces éspèces dans nos milieux européens.

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