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Currenxie, une Fintech qui jongle avec les devises

Par Ariane Chauve | Publié le 05/03/2018 à 18:05 | Mis à jour le 05/03/2018 à 18:51
Photo : L'équipe commerciale présente au China (Shenzhen) International and E-commerce Expo en octobre 2017.
Currenxie couverture

En Asie, les moyens de paiement évoluent à grande vitesse. Le consommateur est certes au cœur de cette révolution, mais les entreprises ne sont pas en reste. Banques et startups investissent sur ce segment: illustration avec Currenxie, une Fintech dans les paiements en devise des entreprises. 

Qu’est-ce qu’une Fintech? C’est une start-up qui mêle finance et technologie. Elle vise le déploiement de services alternatifs face aux propositions traditionnelles des banques, en s’appuyant sur des innovations opérationnelles ou technologiques. Les activités concernent les paiements (comme le paiement par téléphone mobile), les transactions, la gestion du risque, la sécurité, et les assurances...

Basée à Hong Kong, Currenxie est un exemple de startup qui prospère dans ce domaine et qui cible les PME. Nous avons rencontré Jonathan Cusimano qui travaille depuis 2 ans au sein de Currenxie.

Il nous explique que la société a été créée en 2014 par Riccardo Capelvenere. Un Italo-Danois qui a grandi à Hong Kong et s’est lancé dans cette aventure après une expérience dans la finance de marché et notamment le trading électronique.

Currenxie propose des solutions pour transférer de l’argent dans un autre pays et dans une autre devise. Elle s’adresse aux petites et moyennes entreprises et aux E-sellers. Les E-sellers sont les acteurs du E-commerce présents sur des marketplaces comme Amazon, eBay ou Etsy... Ils commercialisent leurs produits à l’international, leurs clients sont de diverses nationalités et utilisent des devises variées. Les E-sellers ont donc besoin de rapatrier leurs fonds dans la monnaie de leur pays. 

Hong Kong une terre d’accueil pour les Fintech?

D’après une étude de Deloitte en 2017, Hong Kong se place au cinquième rang des Fintech dans le monde, derrière Londres, Singapour, New York et la Silicon Valley. 

Pourtant certaines situations sont contradictoires. Par exemple, "c’est très compliqué pour une entreprise d’ouvrir un compte bancaire à Hong Kong!" constate Jonathan, mais à l’opposé "c’est une place financière importante, avec des avantages fiscaux non négligeables".  

Le gouvernement de Hong Kong veut d’ailleurs largement promouvoir ce secteur. Plusieurs actions ont été mises en œuvre récemment. Une branche Fintech a été créée au sein de l’organisme en charge de la promotion économique de la ville, InvestHK, elle est dirigée par Charles d’Haussy. Des projets communs sont lancés avec des métropoles commerciales proches, comme la création d’un nouveau parc de sociétés technologiques avec Shenzhen, le Lok Ma Chau Loop. Des fonds d’investissement et d’autres incubateurs ont été largement soutenus par le gouvernement.

En Octobre 2017, les banques centrales de Singapour (MAS) et de Hong Kong (HKMA) ont signé un accord de coopération pour développer les référencements commerciaux, les projets communs, le partage d’information et l’échange de bonnes pratiques pour renforcer le déploiement de la fintech. 

Le parcours de Currenxie est assez révélateur de ce dynamisme. La croissance de Currenxie s’est en effet accélérée après la victoire - avec 9 autres startups - de la première édition du concours DBS Fintech Accelerator ("The Vault"). Ce concours lui a permis de bénéficier gratuitement des locaux de la banque et de certaines infrastructures pendant un an. DBS est aussi devenu un partenaire bancaire important sur la zone Asie pour la société. 

 

Currenxie dirigeants
A gauche, Riccardo Capelvenere, le directeur. A droite, Jonathan Cusimano 

 

D’autres banques ont aussi développé ce modèle d’accélérateur. Standard Chartered l’a fait en partenariat avec SuperCharger. Citi organise son propre Fintech Challenge. Fin 2017, HSBC a lancé un programme d’accélérateur de startups sur deux ans en s’associant avec Hong Kong and Science Technology Parks et Hong Kong Business Angel Network. 

"Pour ces banques, ce type d’incubateur peut leur permettre d’identifier une entreprise dans laquelle elles pourront investir, mais aussi de maitriser une nouvelle forme de concurrence" souligne Jonathan. 

Une flexibilité face aux banques 

Depuis quelques mois, les nouveaux canaux bancaires se développent. À Hong Kong, il a récemment été question de la nouvelle licence bancaire VB (Virtual Bank). Cette licence est en train d’être finalisée par l’Autorité Monétaire hongkongaise. Elle vise à ouvrir ce marché à la concurrence, mais l’acquisition de la licence a un coût, puisque l'on parle de disposer d’un capital réglementaire de 300 millions d’HK$.

Dans la compétition avec les banques, les startups ont des atouts parfois liés à la technologie, à la taille -plus petite donc plus agile– ou aux procédures internes qui sont allégées.  

"95% de nos clients sont des petites et moyennes entreprises, les 5% restant sont des particuliers. Les PME sont notre cœur de cible, car elles n’ont pas accès aux salles de change des grandes banques, et payent beaucoup de frais de transferts internationaux en passant par les canaux bancaires traditionnels" explique Jonathan. Il poursuit: "nous avons accès aux mêmes prix que les banques sur le change, que ce soit pour une cotation immédiate ou décalée."

La compétitivité de cette startup est passée par la mise place des comptes ouverts dans différents pays et par l’automatisation complète du back-office et des règlements, ce qui a permis des économies d’échelle et donc des commissions réduites pour leurs clients.

Le groupe est présent à Hong Kong, à Shenzhen et possède des bureaux de représentation dans plusieurs pays de l’OCDE. Ses concurrents sont TransfertWise, Pioneer Solutions ou World First. Innovation oblige, Currenxie va bientôt lancer une nouvelle plateforme Global Account, avec un seul compte qui pourra alimenter plusieurs multidevises. Par ailleurs, une carte de débit liée au compte Currenxie est à l’étude, en partenariat avec d’autres banques. 

Le client est évidemment resté au cœur des préoccupations. "Nous avons aussi une application mobile pour le e-commerce; et pour nos autres services, nos clients font l’essentiel en ligne, de l’enregistrement à la transaction".

 

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