

Bordée de magasins de luxe et de constructions d'une certaine classe architecturale, la place Manchéya reste une des plus élégantes du centre-ville d'Alexandrie. C'est ici que se trouvent les souks traditionnels de la ville.
Un témoin de l'histoire moderne
La place Manchéya, ou place des consuls, ou encore place Al-Tahrir, fut conçue en 1830 pour devenir le centre de la nouvelle Alexandrie de Mohamad Ali. A Manchéyq vous retrouvez un charme mêlé d'ancien et de moderne. Elle était aussi le centre du commerce européen. Aux extrémités de Manchéya d'antan, se trouvaient deux bassins à jet d'eau, et au centre s'élève la statue équestre de Mohamad Ali, ?uvre des sculpteurs français Jacquemont et Cordier.
A l'une des extrémités de Midan Al-Manchéya se dressa pendant près d'un siècle la Bourse d'Alexandrie, véritable centre nerveux de la ville. Incendié en 1977, elle fut par la suite entièrement démolie. C'est là qu'en 1956, le président Gamal Abd Al-Nasser devait annoncer à la foule alexandrine la nationalisation du canal de Suez. Photo Amira Samir - Place Tahrir
Manchéya s'ouvre sur la mer par un vaste terre-plein planté
Au débouché de la place se dresse un monument en forme d'exèdre, dédié au soldat inconnu, mais qui fût à l'origine un hommage de la communauté italienne au khédive Ismail, édifié en 1937 sur les plans de l'architecte italien Verrucci. La haute tour avec force verre fumé que l'on aperçoit derrière le monument abrite, depuis l'automne 1990, l'université francophone Senghor.
Quelques beaux bâtiments entourent cette vaste place formant un ensemble architectural remarquablement homogène ? fait rare dans les villes égyptiennes, où se côtoient généralement des édifices de tous styles et de toutes époques. Ici, on peut remarquer les premiers petits immeubles d'inspiration européenne, avec force ornementations à l'italienne. Un ravalement récent leur a rendu leur splendeur d'antan. Photo Amira Samir - Monument du soldat inconnu
Les Souks de Mancheya
A l'extrémité nord de la place, l'architecture imposante cède le pas à un cadre plus intime à l'approche du quartier des souks. Manchéya se compose en fait de plusieurs marchés qui ont gagné leur réputation et leur richesse parce que situés à proximité du port. Ici les ruelles se resserrent. Là se trouvent toutes sortes de marchandises vendues en gros et en détail à très bon prix. Deux artères principales aboutissent au marché : rue Al-Nokrachi à gauche et rue Faransa à droite. La première court sur environ 1 km et déborde d'étals de fruits, de légumes, de poisson et de viande, de boulangeries, de cafés et de bazars vendant toutes sortes d'ustensiles ménagers. La seconde regorge de tissus, de vêtements et de tout ce qui concerne la couture. Le dense réseau d'allées couvertes qui s'étend vers l'ouest s'appelle Zanqet Al-Setat (la bousculade des femmes), qui abonde en échoppes et en étalages de tissus, de colifichets et de parfums, dont les Alexandrines sont très friandes. On y vend, entre autres, des articles de mercerie (boutons, galons, colifichets, bracelets, perles...), des bijoux fantaisie et de la lingerie. A la fin de la Zanqa se trouve souk Al-Attarine connu pour ses parfums capiteux qui font tourner la tête et ses boutiques d'antiquités. Plus loin vous trouvez les marchands de bijoux en or et en argent « Al-Sagha », les herboristes et les vendeurs d'épices.
Amira SAMIR (www.lepetitjournal.com - Alexandrie) mercredi 25 juin 2008




































